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EDITO

Facebook, nouveau Big Brother pour internautes volontaires et paresseux ?

Plus on donne d'infos personnelles automatiquement, plus Zuckerberg gagne de l'argent, c'est l'univers magique du Web 2.0.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Le nouveau Facebook est magique :  "La grande nouveauté consiste à pouvoir partager automatiquement des contenus (articles, musique, vidéos...) sur Facebook, sans avoir à poster sur son mur ni même à cliquer sur un bouton "J'aime" ou "Partager" comme le souligne l'Expansion. Le nouveau Facebook est-il le nouveau et ultime Big Brother où chacun montre tout ce qu'il fait, et permet à n'importe qui de trouver ce qu'il a fait ?

J'utilise Internet depuis 1994,  et Twitter tous les jours depuis 2007, mais je ne suis pas fan de Facebook on l'aura compris, on m'accusera peut-être quand même d'être un vilain rétrograde qui n'a rien compris. Hier on disait à un suspect lors de son interpellation dans un feuilleton, "tout ce que vous allez déclarer pourra être retenu contre vous", aujourd'hui on peut dire "tout ce que vous avez écrit sur Facebook pourra être consulté par n'importe qui, et retenu contre vous".

"Si l'utilisateur exprime son accord -une fois pour toute- pour partager avec Facebook son activité en ligne sur ses sites, cela apparaîtra dans le Ticker de ses amis" en clair ajoute le site de l'Expansion : "Le but : les inviter à découvrir et consommer des contenus en fonction des recommandations de leur "amis". Regarder ce qu'ils regardent, écouter ce qu'ils écoutent, lire ce qu'ils lisent".

Critiquer Facebook est une vilaine déviance d'intello, répond le nouveau magazine M, le supplément  hebdomadaire du Monde, rempli de publicités pour des marques de luxe, très tendance : "Nombriliste, superficiel, intrusif : le jugement des élites françaises sur Facebook est sans appel. Pourtant, ses millions d'utilisateurs racontent une tout autre histoire, faite de rencontres, de découvertes et d'opportunités."

Car vous ne le saviez pas mais Facebook est de gauche : "Recommander un hôtel à Barcelone, se faire prêter un vélo un jour de grève du métro, proposer un stage, trouver un emploi : cette sociabilité nourrie d'entraide n'est finalement pas si éloignée de la politique du care chère à Martine Aubry." Amusant de voir que certains critiquent les caméras de surveillance censées améliorer la sécurité dans les espaces publics, pendant qu'ils allument, sur Internet, un projecteur virtuel permanent sur leur vie privée, accessible à n'importe quel instant.

« La réciprocité est au centre du dispositif, dit-il. La matière première du Web 2.0, c'est l'échange. D'ailleurs, plus l'on contribue, et plus l'on reçoit. » ajoute M, citant un dénommé Antonio Caselli, qui semble confondre Facebook avec l'univers des bisounours, et semble oublier le profiling, le marketing, la publicité ciblée qui sont la base de Facebook.

Et la conclusion de l'article de M, qui évoque quand même "le trésor de données personnelles" accumulé par Facebook sur 800 millions d'individus, est implacable : "Mais si les internautes ont accepté, par millions, de livrer ces données au réseau tentaculaire de Mark Zuckerberg, c'est bien que les bénéfices procurés par le site sont difficiles à remplacer. "

Si un gouvernement faisait ce que Facebook fait, l'accepterait-on ? Aurait-on droit à des pétitions, comme c'est le cas contre le "fichage généralisé", contre les fichiers de police, contre le croisement de fichiers officiels ?

Déja aujourd'hui, certains services, certains sites web ne sont accessibles que si on leur donne accès à son compte Facebook. De facto, Facebook est en train de devenir, par ailleurs, le service d'identification incontesté, le service des passeports permettant de circuler dans l'espace du Web, sans être obligé de sortir log in et mot de passe en arrivant sur chaque site.

Quand Facebook aura  enregistré les données personnelles fournies volontairement par des milliards d'humains, nous n'aurons plus besoin de passeport, notre compte Facebook sera simplement vérifié avec un terminal au passage du contrôle de sécurité. Nous aurons enfin rejoint le village global de Mc Luhan, ou plongé dans un cauchemar intégral ?

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