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Une statue de Karl Marx.
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Etat islamique, communisme : quand l’Histoire bégaie

L'URSS s'est effondrée en 1991, bien après que Staline ait décidé de consolider l'idéologie communiste au sein de la nation, plutôt que de prôner l'expansion comme le faisait Trotsky. Un choix auquel se retrouve aujourd'hui confronté l'Etat Islamique, oscillant entre djihad mondial et conquête de son propre Etat.

Antoine Bueno

Antoine Bueno

Antoine Bueno est écrivain et chargé de mission au Sénat. Il se produit aussi dans son seul en scène, "Antoine Bueno, l'Espoir".

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Depuis le 13 novembre dernier, la France et le monde semblent découvrir qu’une organisation criminelle peut à la fois être un Etat et une internationale du terrorisme. 

Daesh ne fait pourtant que rejouer la partition du communisme à un siècle de distance.

Non pas qu’il ait quoi que ce soit en commun avec le bolchévisme d’un point de vue idéologique. L’un était athée, l’autre religieux. L’un faisait table-rase du moyen-âge, l’autre ne rêve que d’y retourner…

Mais la dynamique des organisations politiques extrémistes est parfois comparable.

En l’occurrence, après 1917, les bolcheviks ont eu à faire un choix : construire un Etat isolé ou en faire la base arrière de la Révolution mondiale. 

Or, pour nombre d’analystes, les attentats de Paris sont révélateurs du fait que Daesh se trouve aujourd’hui confronté à la même problématique.

Dans les deux cas, le problème se pose alors que l’Etat révolutionnaire est en cours de formation.

Entre 1917 et 1923, l’armée rouge a mené une guerre de conquête ou de reconquête pour parvenir à maîtriser le territoire russe dans ses frontières issues de la paix de Brest-Litovsk. De même, les frontières du califat sont-elles aujourd’hui mouvantes.

Mais, il s’agit bien d’Etats en formation dans les deux cas. Du moins selon la définition traditionnelle de l’Etat : organisation politique disposant d’un territoire, d’une population et battant monnaie. Daesh bat monnaie depuis un an.

La situation est enfin comparable sur le plan militaire. En 1917, les bolchéviques luttaient contre une "armée blanche" extrêmement hétéroclite, soutenue par une coalition internationale. Tout comme les hommes de Daesh aujourd’hui.

La question de bâtir le communisme en Russie ou d’en faire le premier domino de la Révolution mondiale constitua la principale opposition doctrinale entre Staline et Trotsky.

Les attentats du 13 novembre révéleraient une même fracture au sein de Daesh entre "modérés" (anciens dignitaires du régime de Saddam Hussein), partisans de la seule guerre de conquête territoriale, et les plus fanatisés (issus des rangs d’Al Qaïda), prônant le Djihad mondial.

On sait comment l’affaire se solda en Russie, par la victoire de Staline, la construction du "Socialisme dans un seul pays" et l’exil de Trotsky.

Reste que, en revendiquant les attentats du 13 novembre, Daesh pourrait ne pas suivre cette voie.

Ce qui en ferait, sur le plan doctrinal, un Etat bien plus agressif et donc dangereux pour l’ordre international que ne le fut l’URSS. Dans l’hypothèse bien sûr où l’Occident n’était pas capable de le tuer dans l’œuf. Ce en quoi on peut être confiants, dans la mesure où, aujourd’hui, l’Occident ne ressort pas d’une guerre mondiale…

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