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Philippe Juvin, Michel Barnier, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Bruno Retailleau pose après une réunion du parti Les Républicains à Paris, le 20 juillet 2021, en préparation de l'élection présidentielle de 2022.
Philippe Juvin, Michel Barnier, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse et Bruno Retailleau pose après une réunion du parti Les Républicains à Paris, le 20 juillet 2021, en préparation de l'élection présidentielle de 2022.
©LUDOVIC MARIN / AFP

Les Républicains

Et si une primaire sauvage à droite était la moins mauvaise des solutions ? 

Aucun candidat naturel ne s’étant imposé, les LR comme les électeurs de droite sont face au même dilemme, comment choisir ? Et si l’exemple des marchés prédictifs pouvait les inspirer…

Jérôme Besnard

Jérôme Besnard

Jérôme Besnard est journaliste, essayiste (La droite imaginaire, 2018) et chargé d’enseignements en droit constitutionnel à l’Université de Paris.

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Atlantico : Les candidatures pour la primaire de la droite se multiplient, avec celle de Ciotti (et Barnier) ce jeudi, Valérie Pécresse et Philippe Juvin sont déjà en course tandis que Xavier Bertrand fait campagne seul et que Laurent Wauquiez a renoncé.  Après deux quinquennats hors du pouvoir, la droite était-elle condamnée à ne pas avoir de candidat naturel ?

Jérôme Besnard : La droite parlementaire n’a pas fait son deuil des défaites de 2012 et 2017.  C’est inédit. Dans le même temps le « bonapartisme » de la droite qui sous-tendrait qu’il existe un chef naturel est un leurre : souvenons-nous de l’affrontement Giscard-Chirac puis Barre-Chirac et Balladur-Chirac ! Depuis la mort de Georges Pompidou la droite libérale et la droite bonapartiste s’affrontent régulièrement.

Dans ces conditions, une grande primaire ouverte, avec tous les candidats et Xavier Bertrand, ne risquerait-t-elle pas de devenir une machine à calculs politiques et coups bas et participer à la division de la droite que craint par exemple Laurent Wauquiez dans son message de renoncement ?

Laurent Wauquiez se positionne pour 2027, il a raison. Il prend date  Pour lui, concourir dans les circonstances actuelles aurait été catastrophique. Le meilleur atout de la droite parlementaire, c’est son groupe à l’Assemblée nationale. Ce groupe peut sortir légèrement renforcé des élections législatives,  quelle que soit la conjoncture. D’où les candidatures annoncées à une primaire de la droite de Valérie Pécresse, Michel Barnier, Éric Ciotti et Philippe Juvin. Il reste au vainqueur de cette consultation dont les modalités restent à définir à s’entendre avec un candidat extérieur, Xavier Bertrand qui est tout sauf naturel. N’oublions pas non plus dans cette course à l’échalote la forte probabilité d’une candidature d’Éric Zemmour.

Comme l’écrit Le Monde, « Dans ce contexte, tout le monde s’attend à un automne et à un hiver marqué par une primaire « sauvage » entre le gagnant de la compétition interne au parti et l’ancien ministre du travail. » Est-ce effectivement le scénario le plus probable ?

Dans tous ces scénarios, on oublie un grand facteur : la parole de Nicolas Sarkozy. Depuis 2007, depuis la fin de l’ère Chirac, la droite française est sous l’emprise de Nicolas Sarkozy. Seule peut-être la prise temporaire de contrôle temporaire du parti par Laurent Wauquiez lui avait échappé. L’élection de Christian Jacob pour lui succéder a été une victoire de l’entourage de Nicolas Sarkozy qui espérait à l’époque pouvoir une énième foi revenir sur les devant de la scène. L’agenda judiciaire ne lui a pas permis. On notera avec vers quel candidat éventuel se portera  le choix de Nicolas Sarkozy. Si la droite part divisée, elle renonce de facto au second tour dans l’état actuel des choses.

Cette primaire « sauvage » pourrait-elle agir comme une sorte de marché prédictif et se révéler être la moins pire des stratégies en suscitant l’intérêt de ceux qui adhèrent aux valeurs de droite, conscients de l’enjeu de l’élection ?

Le mot « valeurs » porte en lui-même une forte tonalité relativiste. Lorsque la droite a été forte, elle a défendu des convictions et non pas des valeurs. Ce fut le cas à la veille de la Seconde Guerre mondiale avec le colonel de La Roque ou après ce conflit avec le général de Gaulle. Depuis, la droite parlementaire tente sans succès d’obtenir la quadrature du cercle : elle se rêve populaire là où elle n’est plus que bourgeoise, légitimiste quand elle flatte un orléanisme sans roi, plébiscitaire là où elle incline à mobiliser les centristes.

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