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Les séismes d’une magnitude de 2 ou moins, qui peuvent difficilement être ressentis, sont souvent produits par la fracturation hydraulique.
Les séismes d’une magnitude de 2 ou moins, qui peuvent difficilement être ressentis, sont souvent produits par la fracturation hydraulique.
©Reuters

Danger

Et si l'exploitation du gaz de schiste amplifiait les répercussions des plus puissants et lointains séismes de la planète

Selon une récente étude, les fracturations hydrauliques pourraient provoquer des tremblements de terre suite à de séismes plus importants survenus à grande distance.

Selon une récente étude, la fracturation hydraulique fragilise le sol et les conséquences peuvent être très dangereuses. Un tremblement de terre peut par exemple provoquer pendant plusieurs mois consécutifs, un très grand nombre de secousses de faible ampleur dans les zones où la fracturation hydraulique est utilisée. Des secousses répétées donc, qui peuvent aller jusqu'à provoquer l'effondrement de certains bâtiments. Cette découverte, publiée le 11 juillet dans la revue Science, a été effectuée par des chercheurs des laboratoires sismiques de Columbia.

La fracturation hydraulique est un procédé utilisé pour extraire le gaz de schiste. Un procédé qui consiste à injecter à très haute pression dans le sous-sol de grandes quantités d'eau, mélangée avec du sable et des détergents, de telle sorte à briser la roche, pour ainsi pouvoir libérer le gaz qu'elle contient. Une exploitation qui a connu un véritable boom économique dans de nombreux états des États-Unis, mais qui a de lourdes conséquences sur l'environnement, notamment sur la pollution de l'air et des nappes phréatiques. Il se trouve que, par la suite, une fois que le gaz ou le pétrole sont récoltés, les eaux usées sont réinjectées ou restent dans le sous-sol.

D'après les chercheurs, ces eaux pourraient alors avoir un lien avec une augmentation de l'activité sismique. Les séismes provoqués par les opérations de fracturation sont susceptibles d'atteindre une magnitude proche de 5,0. A ce niveau de l'échelle de Richter mesurant l'intensité des secousses, des bâtiments de mauvaises qualités ou anciens peuvent être endommagés, voire s'écrouler. Ils ont identifié trois tremblements de terre - dans l'Oklahoma, au Colorado et au Texas - déclenchés près de puits d'injection d'eau par les répercussions de séismes plus importants survenus à grande distance :

-Le tremblement de terre de Maule, au Chili en février 2010, d'une magnitude de 8,8, a déclenché 16 heures plus tard une secousse de 4,4 à Prague, dans l'Oklahoma, site d'exploitation du champ gazier de Wilzetta. Cela a été suivi par des mois de petits tremblements dans l'Oklahoma. Ce séisme a détruit 14 maisons et blessé deux personnes. Le tremblement de terre à Prague est «non seulement l'un des plus grands séismes associés à l'élimination des eaux usées, mais aussi l'un des plus importants liés à un événement déclencheur à distance", a déclaré Nicholas van der Elst, principal auteur de cette étude.

- Le tremblement de terre au Chili a également causé un essaim de petites secousses sismiques à Trinidad, dans le Colorado, près des puits où les eaux usées permettent d'extraire le méthane.

-Enfin, le tremblement de terre 9.1 qui a eu lieu au Japon en Mars 2011, provoquant un tsunami dévastateur, a également déclenché un essaim de petits tremblements de terre à Snyder, au Texas - Site pétrolier.

Nicholas van der Elst, de l'Université de Columbia, constate une nette hausse de l'activité sismique bien que "chaque cas individuel puisse être une coïncidence". Quand on commence à observer de façon systématique, "on peut dire avec plus de certitude qu'il y a réellement une relation de cause à effet", a t-il ajouté. Selon ce scientifique et ses collègues, on constate une nette augmentation de l'activité sismique au centre des États-Unis avec 300 séismes de magnitude 3 ou plus entre 2010 et 2012 contre seulement 21 par an en moyenne entre 1967 et 2000. Or, cette augmentation coïnciderait avec le développement de l'exploitation du gaz de schiste et la très critiquée fracturation hydraulique.

Une découverte qui ravive le débat sur les dangers de la fracturation hydraulique, déjà utilisée de manière intensive aux Etats-Unis mais interdite en France. Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a d'ailleurs réaffirmé cette interdiction, après les propos de son ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, suggérant la création d'une compagnie publique de prospection des gaz de schiste.

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