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L'ancien chef de l'État semble prendre la parole de plus en plus fréquemment.
L'ancien chef de l'État semble prendre la parole de plus en plus fréquemment.
©Reuters

Coucou

Et Sarkozy parla… Stratégie parfaitement calculée ou envie de revenir mal maîtrisée ?

L'ancien président s'est prêté au jeu des confidences jeudi, dans le TGV qui le conduisait à La Rochelle. Une carte postale de plus envoyée par l'ancien chef de l'Etat.

Geoffroy Didier

Geoffroy Didier

Geoffroy Didier est député au Parlement européen et directeur de la communication de la campagne de Valérie Pécresse.


 

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Atlantico : Nicolas Sarkozy s'est entretenu avec plusieurs journalistes jeudi 30 janvier, dans le train qui le menait à La Rochelle. L'ancien chef de l'État semble prendre la parole de plus en plus fréquemment. La perspective de son retour s'accélère-t-elle ?

Geoffroy Didier : Vous observerez que Nicolas Sarkozy tient la promesse qu'il a faite le  6 mai 2012 consistant à dire qu'il entend redevenir un Français parmi les Français. Depuis, il n'a fait aucun meeting, n'a donné aucune interview et n'est candidat à aucune fonction. Redevenir un Français parmi les Français, c'est prendre du recul, de la hauteur et en même temps ne pas s'interdire d'aller à la rencontre de ses concitoyens. C'est ce qu'il a fait jeudi, à Châtelaillon (Charente-Maritime), à l'invitation de l'ancien député Jean-Louis Léonard.

Il n'est donc pas complètement un Français parmi les Français ?

Vu les enquêtes d'opinion, chaque sortie est scrutée. Dès qu'il quitte la rue de Mirosmenil, cela provoque une émeute, notamment médiatique. Mais il n'est pas condamné à résidence. Libre à lui de répondre à des invitations et d'aller à la rencontre des Français.

"Quand on est président, on a des devoirs". "Ce sont les Français qui décideront". " La confiance nécessite du temps. Je ne renie pas 35 ans de vie politique. Je parlerai, oui mais le jour où il faudra parler. L'actualité ne m'intéresse plus, je prends le temps de la réflexion". Les mots prononcés par Sarkozy et rapportés par les médias étaient lourds de sens. Que témoignent-ils de son état d'esprit ?

Il est plus que jamais, et c'est sans doute ce qui fait sa force, au-dessus de la mêlée. Il ne refera plus jamais de politique au sens partisan, quotidien et politicien du terme. Ceci étant dit, il est un citoyen et il observe, comme ses concitoyens, que la présidence de François Hollande est un naufrage. Il partage nécessairement les inquiétudes, les exaspérations, les déceptions face à l'affaiblissement de la France depuis 20 mois de présidence de François Hollande. En disant cela, même si ce sont des propos rapportés, il montre à quel point il est en phase avec l'immense majorité de nos concitoyens.

En reprenant l'expression de François Mitterrand, il est plus que jamais une "force tranquille". Il est une force de par son expérience d'État, inégalée à droite, une force de par l'attente qu'il suscite auprès des Français, et en même temps tranquille parce qu'il est retiré de la vie politique. On sent bien qu'il est loin des petites querelles de boutique. Je crois qu'il y a dans son esprit beaucoup de sérénité.

Il a été chef de l'État et est donc, certainement, un excellent stratège. Son comportement relève donc plus de la stratégie ou d'une impossibilité pour lui de se retenir ?

Il reçoit beaucoup d'invitations et répond à très peu d'entre-elles. Il était très heureux aujourd'hui (jeudi 30 janvier, ndlr) parce qu'il était au contact des Français. Mais le fait qu'il parle n'est pas le fruit d'une stratégie. C'est l'expression simple et spontanée du plaisir de pouvoir sortir et de pouvoir être au contact.

Mais ça ne signifie pas qu'il n'arrive pas à se retenir parce que cela voudrait dire que sa stratégie consisterait à ne rien dire et que sa langue a fourché. Ce n'est pas le cas. Il est très conscient, qu'à ce stade, il ne doit pas être question de l'élection présidentielle de 2017.

Combien de temps va-t-il pouvoir tenir à ce rythme-là ?

Il faut donner du temps au temps. Nous, les sarkozystes, avons très bien compris que sa force c'est son silence. Comme par hasard, ceux qui ne veulent pas de son retour, veulent accélérer le processus de la primaire pour le faire revenir dans l'arène politique. Quand je parle de silence, je veux dire qu'il ne fasse pas de politique. Tous ceux auxquels vous pourriez le comparer en vue de 2017, François Filon, Alain Juppé, etc. sont dans l'arène politique. Ils donnent des interviews, ils font des meetings. La force de Nicolas Sarkozy c'est de ne pas être versé dans l'arène politique.

Le respect pour les Français exige de hiérarchiser les priorités : aujourd'hui, la présidentielle de 2017 n'est absolument pas dans l'esprit des Français. Elle ne doit pas être dans le discours des sarkozystes. Je sais bien que chacun exprime son impatience à le voir revenir en se fixant un calendrier mais la France de 2014 n'est absolument pas celle de 2017.

Le vrai fait politique aujourd'hui est que Nicolas Sarkozy est attendu par les Français. Il n'est pas seulement vu comme un homme d'État, qu'il a été, mais comme un homme d'avenir.

Propos recueillis par Sylvain Chazot

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