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Et maintenant, c’est l’heure de vérité pour les réformes
©© Michel Gile/Sipa

Edito

Et maintenant, c’est l’heure de vérité pour les réformes

Après ses victoires électorales, Emmanuel Macron va faire face désormais à une période cruciale : celle des réformes promises sans cesse dans le passé.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Alors que les Français s’apprêtent à prendre leurs vacances d’été,  le gouvernement se met « en marche » pour aborder la période la plus délicate, celle des réformes promises sans cesse dans le passé, mais toujours  ajournées. Emmanuel Macron a accompli jusqu’à maintenant un parcours impressionnant qui laisse même ses adversaires médusés. Parti de rien il y a un peu plus d’un an, il se retrouve au sommet de l’Etat, avec une équipe gouvernementale toute neuve, dont tous les caciques anciens ont été écartés, et qui repose sur des éléments dynamiques de techniciens aguerris. Il bénéficie au surplus de deux atouts essentiels : d’abord une crédibilité exceptionnelle auprès des partenaires internationaux parce qu’il a éliminé le danger populiste en terrassant le Front National, tout en affichant son credo en faveur d’une Europe qui était en train de se disloquer. En deuxième lieu, la conjoncture se révèle favorable. Le bâtiment affiche des résultats record depuis quelques mois, tandis que la consommation des ménages reprend et que l’Insee revoit à la hausse les perspectives de croissance avec un coup de pouce de 1,6% du produit intérieur brut cette année. Le climat n’a jamais été aussi bon chez les chefs d’entreprise depuis 2011, ce qui devrait assurer une reprise de l’investissement, liée à une confiance qui revient. Bref,  un climat euphorique est en trin de s’installer dans un pays qui avait plutôt un penchant pour la déprime.

Emmanuel Macron aura bien besoin de ce retour favorable des planètes, car son ambition pour installer en France  un nouveau modèle de croissance va rencontrer dès les prochaines semaines un certain nombre d’obstacles.  Il va se heurter d’abord aux syndicats, qui n’ont pas connu le « dégagisme « des hommes politiques et s’arcboutent sur les règles obsolètes du code du travail pour s’opposer à toute  évolution drastique. La deuxième difficulté va provenir des révélations que la Cour des Comptes s’apprête à faire sur la réalité de l’endettement du pays, qui a été dissimulé par François Hollande pour donner une image  moins sombre de son quinquennat. Déjà la commission chargée d’examiner l’évolution  des retraites qui se montrait optimiste l’an dernier dans ses prévisions avant les élections a tourné casaque,  en prévoyant un avenir sombre pour au moins vingt ans, une volte face radicale qui montre à quel point les chiffres ont  pu être manipulés. Par ailleurs, les mesures nouvelles prises dans les  derniers mois du quinquennat  précédent constituent autant de bombes à retardement pour les finances  publiques en raison des engagements de dépenses qui ont été pris. Dès lors la promesse  de ramener le  déficit à 3% du produit intérieur brut parait irréaliste,  surtout si on le compare  aux 2,8% auquel  voulait le limiter l’ancien ministre des finances  Michel Sapin. Emmanuel Macron n’a pas l’intention d’aller plaider une fois de plus la mansuétude de nos partenaires  pour nous autoriser un déficit supplémentaire : s’il veut prendre la tête d’une nouvelle Europe, le chef de l’Etat  est  contraint de montrer qu’il n’est pas  l’homme  du renoncement à la  Hollande, ce qui va compliquer certaines  promesses comme les 60 milliards d’économies  pendant  son mandat, ou encore la  suppression de la taxe d’habitation pour 80% des Français, voire  la  transformation de l’ISF, en conservant seulement le volet immobilier de l’impôt. Certes, l’amélioration de l’activité économique va aider le chef de l’Etat dans  sa tâche, mais  cela  prendra du temps et rien ne serait plus néfaste pour son image que de recourir aux vieux procédés des coups de rabots pour améliorer  les comptes publics. On saura très vite, avant la  fin  de  l’été, si l’incroyable baraka dont il bénéficie depuis son arrivée au pouvoir est toujours au rendez-vous et  lui permet de franchir les obstacles devant lesquels tous ses prédécesseurs ont échoué.

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