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L’euro dans la nasse anglo-saxonne
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EDITORIAL

L’euro dans la nasse anglo-saxonne

Le départ de Dominique Strauss-Kahn du Fonds Monétaire International ajoute un élément d’instabilité supplémentaire à la guerre sourde qui se déroule entre l’Europe et les États-Unis sur le front des monnaies.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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A tort ou à raison, DSK passait pour un pacificateur cherchant à réduire les tensions, à l’heure où les pays émergents entendent jouer un rôle à la mesure de leur essor sur la scène internationale. Pour l’instant, l’action conjuguée des Anglo-Saxons place l’Europe dans une situation  critique.

La Fed continue de déverser des tombereaux de dollars, pour soutenir une activité faiblissante outre-atlantique et favoriser la réélection de Barrack Obama. Malgré des taux d’intérêt réels négatifs, la croissance est restée proche de zéro au premier trimestre, tandis que l’inflation continue de monter en force. Washington n’en a cure, puisque le loyer de l’argent maintenu artificiellement bas, allège le remboursement de sa dette. La Grande-Bretagne suit le modèle américain. La Banque d’Angleterre maintient son taux d’intervention à 0,5%, alors que la hausse des prix déferle au rythme de 4,5% l’an.

Face à cette politique laxiste, la banque européenne est placée devant la quadrature du cercle. Elle devrait logiquement continuer à relever ses taux pour faire barrage à une inflation qui approche dangereusement de 3%. Elle y a pourtant renoncé récemment, pour éviter un emballement sur l’euro, qui a déjà gagné 40% sur le billet vert depuis sa création, en mettant en péril la balance commerciale et la poursuite de la croissance. Un signe qui ne trompe pas : le léger coup de pouce donné en début d’année au loyer de l’argent s’est traduit en France par une chute de 20% des transactions immobilières au premier trimestre et un recul de 10% des immatriculations automobiles.

Et pourtant, la BCE ne peut laisser se développer une inflation  entretenue par le boom des pays émergents, devenus d’énormes consommateurs de matières premières et d’énergie, dont ils font flamber les cours. Alors qu’ils  commencent à exporter vers nous leur surchauffe à travers leurs exportations comme le montre la hausse de 14% en un an des produits chinois vendus en Europe. Au moment  où ces derniers manifestent leur souci de jouer un rôle officiel plus grand sur la scène mondiale, en souhaitant que l’un des leurs succède à DSK, il serait bon de remettre la question des monnaies sur le tapis. La plupart des détenteurs de réserves de change, comme la Chine, veulent réduire leurs avoirs dans un dollar toujours promis à la baisse et se tournent vers l’euro qui représente déjà 27% des réserves mondiales.

Mais la monnaie européenne n’a aucun avantage à figurer dans les comptes des banques centrales, si sa surévaluation par rapport au dollar se traduit par une perte de compétitivité, génératrice de chômage et de désindustrialisation. L’Europe ne se trouve pas en situation de force car la clé se trouve toujours aux Etats-Unis qui  jouent de la faiblesse du dollar pour continuer d’imposer leur loi, mais pour combien de temps ?

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