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Dites, Agnès Verdier-Molinié, c’est quoi le Macronomètre de l’IFRAP ?
©Fondation IFRAP

Observatoire

Dites, Agnès Verdier-Molinié, c’est quoi le Macronomètre de l’IFRAP ?

La fondation IFRAP a mis en place le "macronomètre", l'observatoire des réformes du gouvernement.

Agnès Verdier-Molinié et l'équipe de l'iFRAP

Agnès Verdier-Molinié et l'équipe de l'iFRAP

Agnès Verdier-Molinié est directrice de la Fondation IFRAP(Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques).

Son dernier ouvrage est : 60 milliards d'économies !, paru aux éditions Albin Michel en mars 2013
 

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Atlantico : Quel est l'objectif poursuivi par cette initiative ? S'agit il d'analyser les réformes selon les promesses de campagne, ou s'agit-il plutôt de juger de l'action du gouvernement selon l'efficacité de la politique menée ? ​

Agnès Verdier-Molinié : Le Macronomètre est un outil qui permet d’analyser, mesure par mesure, l’efficacité des réformes du gouvernement. Autant que de besoin chaque mesure est évaluée de manière économétrique par le modèle NEMESIS afin de voir son impact à horizon 2022 sur les finances publiques, l’emploi, la balance commerciale, les investissements… C’est une analyse très complète qui permet de se projeter à la fin du quinquennat. Par exemple, nous pouvons dire que la mesure de baisse d’IS combinée à la transformation du CICE en allégement de charges permettra la création de 335 000 emploi d’ici 2022 ou que les mesures de baisse de 10 milliards de la taxe d’habitation et d’augmentation de la CSG vont agir négativement en creusant la balance commerciale de 3,8 milliards d’ici la fin de la législature. On constate aussi que les 80 milliards d’économies annoncées par le gouvernement sont largement surestimées de moitié car le tendanciel de hausse des dépenses publiques est surévalué. Quant à la réforme du code du travail, notre évaluation montre que seulement entre 17 000 et 52 000 emplois seraient créés. Le déverrouillage du marché du travail n’a pas(encore) eu lieu, les réformes doivent aller plus loin.

Sur Le Macronomètre, chaque mesure analysée est notée sur 10. Pour l’instant, nous arrivons à une note moyenne de 5,7/10 mais cette note moyenne va fluctuer au fil des semaines puisque nous mettrons en ligne lesnotes de la semaine chaque mercredi matin, avant le conseil des ministres. Par ailleurs, les notes des mesures pourront aussi évoluer au gré des modifications dans les réformes que pourra apporter la majorité ou suite à un arbitrage de l’exécutif.  

Prévoyez-vous également une évaluation globale du travail du gouvernement permettant de juger de la cohérence de l'articulation de l'ensemble de la politique mise en place ? 

Une évaluation globale sera publiée chaque année à date anniversaire de l’arrivée au pouvoir du Gouvernement. Cela permettra de boucler à date l’effet sur l’économie de l’ensemble des mesures prises ou décidées par la majorité mais toujours avec une projection à horizon 2022 et à cinq ans.

Quelles sont les règles que se fixe le "macronomètre" permettant d'atteindre un résultat "objectif" de l'évaluation ? La prise en compte des circonstances politiques, européennes par exemple, ou d'un retrait du gouvernement en raison de risques de débordements sociaux doivent-ils être pris en compte dans un tel travail ?

L’analyse des mesures par le Macronomètre se fonde sur du factuel. Les notes tiennent compte de critères objectifs : quantitatifs, qualitatifs et juridiques permettant de recouper les analyses au-delà des seuls paramètres modélisables économétriquement. Les mesures qui relèvent de domaines politiques, culturels, diplomatiques ou sociétaux seront laissées volontairement de côté.Ce sont les mesures adoptées dans la loi de finances par exemple, ou par ordonnance ou par décret que nous évaluons. En clair : tout ce qui rentre dans le domaine législatif et réglementaire et disposant d’un impact qui peut être mesuré. Cette méthodologie nous permet de cibler les réformes réellement arbitrées dans leur version définitive.  Bien entendu, nous ne sommes pas à l’abri d’un « retoquage » par le Conseil Constitutionnel de certaines mesures :TH, IFI… Dans ce cas, nous ferons évoluer les mesures et leur notation en temps réel bien évidemment. Par ailleurs, dans cette analyse ex ante, nous considérons que les calendriers des réformes et leurs contenus, tels que présentés lors des discussions budgétaires actuelles, sont respectés jusqu’en 2022. Si cela ne devait pas être le cas, nous serons amenés à réévaluer les mesures à l’aune des nouvelles informations ou des évolutions décidées par l’exécutif.

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