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Deux (mini) crises de rage au bureau par jour en moyenne : inventaire des situations à risque
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On a frôlé la nervous breakdown

Deux (mini) crises de rage au bureau par jour en moyenne : inventaire des situations à risque

Des problèmes d'imprimante à l'ordinateur en panne, en passant par un patron insupportable, les raisons qui nous poussent à piquer des colères sur notre lieu de travail sont nombreuses.

"Quand vous êtes en colère, comptez jusqu'à quatre. Quand vous êtes très en colère, jurez". Ce bon conseil est un extrait du Calendrier de Pudd'nhead Wilson de Mark Twain. Retenez-le bien et appliquez-le quand vous serez au travail. En effet, les raisons de "péter un câble" au boulot sont extrêmement nombreuses. Contexte professionnel difficile, relations avec la hiérarchie compliquées voire impossibles, ordinateur ou imprimante en panne, clients grossiers, sensation de ne pas être compris ou apprécié à sa juste valeur… C'est certain, la vie de bureau est régulièrement facteur d'une bonne crise de colère.

Ainsi, selon une enquête, commandée par la marque Old Jamaica Ginger Beer et relayée par The Telegraph, 51% des Britanniques avouent s'énerver régulièrement au bureau. Et en moyenne, il ressort qu'un Britannique pousse deux crises de colère par jour sur son lieu de travail. En France, 56% des personnes travaillant en entreprise avouent "craquer au bureau". Toujours selon cette même étude, publiée par le Time, 42% des Britanniques avouant "péter un câble" au boulot assure qu'ils sont plus colériques le lundi. Pourquoi le lundi ? Il s'avère que c'est le jour de la semaine où ils se sentent le plus fatigués et le moins enclin à travailler. Dès lors, le moindre problème, le moindre bruit suspect devient irritant. Si celui-ci se répète, il en devient de plus en plus énervant et peut pousser à la grosse crise de colère. Gavin Herbert, le patron de Old Jamaica à l'origine de cette enquête, confirme : "Le lundi, beaucoup de gens sont fatigués et de mauvaise humeur après un long week-end, ce qui ajoute à la probabilité de les voir disjoncter à la moindre contrariété telle que l'imprimante qui ne fonctionne plus".

Selon Véronique Boutin, responsable RH chez SPB Psychologie organisationnelle, "le stress serait l’une des causes principales des crises de rage". Et d'ajouter sur le site SPB, que les crises de colère au bureau devraient être de plus en plus courantes. En effet, selon elle, "le contexte économique incertain que nous connaissons actuellement risque d’accentuer le phénomène. En plus du stress financier personnel que vivent les employés et qui les suit, telle une ombre, jusque dans leur travail, ceux-ci doivent composer avec le stress supplémentaire de voir la pérennité de leur emploi ou de leur entreprise compromise". Pas réjouissant. Surtout si on examine de plus près les raisons, plus futiles, qui peuvent pousser les gens à avoir des crises de colère au bureau.

Le sondage du Telegraph montre que 25% des personnes disent être exaspérées lorsqu'elles arrivent dans leur bureau et qu'elles se rendent compte qu'il a été utilisé par une autre personne. Et que cette même personne l'a laissé en désordre. Un quart des personnes interrogées se disent énervées par le fait que leur patron ne les remercie jamais. D'autres assurent que ce qui les agacent le plus au travail ce sont les ragots, ou encore de voir leurs collègues utiliser de manière intempestive les réseaux sociaux. En clair, il existe une multitude de petites choses qui poussent au courroux. Voici le top 20 recensé par The Telgraph :

1. L'ordinateur en panne

2. Un collègue qui récupère les lauriers de votre travail

3. Un client grossier

4. Les gens qui parlent quand vous essayez de vous concentrer

5. L'imprimante qui ne fonctionne pas

6. Lorsque vous prêtez votre bureau et que vous le récupérez en désordre

7. Le patron ne vous remercie pas après un travail de longue haleine

8. Le téléphone sonne constamment

9. Les gens qui ont mal lu ou ne lisent pas correctement les emails

10. Apprendre qu'un collègue vous a critiqué dans votre dos

11. Les collègues qui font de la lèche au patron

12. Une autre personne que vous a obtenu une augmentation

13. Les gens qui bavardent

14. On vous a refusé une augmentation de salaire alors que vous n'en avez pas eu depuis des années

15. Les gens qui passent du temps sur Facebook et Twitter au lieu de travailler

16. Plus généralement, les personnes qui passent leur temps à surfer sur le net alors qu'ils doivent travailler

17. Quelqu'un s'est assis à votre bureau sans vous demander

18. Les collègues qui prennent des pauses cigarettes à rallonge

19. Le désordre

20. Ne pas avoir le temps pour une pause déjeuner

Toutefois voici un petit conseil qui devrait vous empêcher de passer à l'acte. Ainsi, avant de piquer une colère sur votre lieu de travail, souvenez-vous de cette citation du philosophe grec Epictète. "Lorsque quelqu'un te met en colère, sache que c'est ton jugement qui te met en colère". A méditer. 

En attendant, regardez le top 5 des plus grosses colères poussées au bureau :

Pour connaître les raisons qui poussent les gens à parfois piquer de grosses colères au bureau, Atlantico a interrogé Séverine Brune une psychologue spécialiste de la gestion du stress au travail.

Séverine Brune est psychologue spécialiste de la prise en charge de l'insomnie. Elle forme également depuis 12 ans les salariés et les acteurs de l'entreprise dans la gestion du stress et des troubles du sommeil.
Read more at http://www.atlantico.fr/users/severine-brune#ZMFW5m9tPwY1q7YX.99

Atlantico : Pourquoi les gens se mettent-ils aussi souvent en colère au bureau ? Pour quelles raisons ?

Séverine Brune : Les raisons sont multiples mais surtout sont propres à chacun et dépendent des contextes de travail. Nous ne réagissons pas tous par la colère face à la même situation. La colère est une réaction et une émotion normale face à un événement que l’on considère comme étant indésirable, frustrant ou contraire à notre système de valeur. De plus, si la situation qui nous met en colère est perçue comme étant intentionnelle cela va en décupler l’intensité.  Pour certains, les causes seront liées aux exigences de travail ou à l’insécurité de l’emploi et pour d’autres liées aux relations interpersonnelles… Ces déclencheurs émotionnels sont en fait la plupart du temps des situations de stress auxquelles nous répondons (entre autre) par la colère, ce qui permet de garder un certain équilibre interne face à la frustration. Il est donc assez logique d’observer ce phénomène en milieu professionnel.

Est-ce bon d'avoir une bonne crise de rage sur son lieu de travail ?

La colère n’est pas néfaste en soi si elle est maitrisée et bien gérée. Quelqu’un qui intériorise trop sa colère risque un jour ou l’autre « d’exploser », d’avoir une colère démesurée avec des conséquences (notamment relationnelles) importantes. Il faut donc préserver un niveau de colère « moyen », ni trop ni pas assez !

L’important est de savoir l’exprimer en y mettant les formes… et sinon, rien de nous empêche d’avoir une bonne crise de rage seul dans votre voiture ou en pleine nature. Ça décharge !

De temps en temps une bonne colère n'est-elle pas meilleure que le dialogue ?

C’est souvent la seule solution que l’on pense avoir pour faire avancer les choses mais savoir dialoguer sans agressivité tout en ayant un discours impactant cela s’apprend et se travaille, c’est une compétence à acquérir.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes colériques ?

Je leur conseille d’abord d’identifier les réactions physiques associées à leur colère (sensation de chaleur au visage, rythme cardiaque qui s’accélère, tensions…) pour mieux les contrôler quand la colère monte, sur le moment. Vous pouvez par exemple inspirer par le nez en gonflant le ventre (compter mentalement jusqu’à 5 et expirer par le nez en rentrant le ventre (en comptant jusqu’à 7). Une fois les sensations internes neutralisées, vous pouvez exprimer ce qui vous dérange en ciblant la situation qui vous met en colère et non la personne (avec une intonation la plus neutre possible). Si l’émotion est trop forte, il vaut parfois mieux laisser passer un temps de réflexion avant de s’exprimer, voire interrompre l’entrevue en disant que vous préférez en reparler plus tard. Cela permet de se calmer, de réévaluer la situation avec plus d’objectivité, d’avoir éventuellement d’autres points de vue…

De manière générale,  il ne faut pas laisser s’accumuler les petites frustrations quotidiennes qui sont souvent les gouttes d’eau qui font déborder le vase ! Et bien sûr… toutes les techniques de gestion du stress sont bonnes à prendre.

Propos recueillis par Maxime Ricard

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