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Les medias nous transforment 
en mutants
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Communication

Les medias nous transforment en mutants

L'ultra médiatisation et la vitesse de la communication sont deux marques importantes de l'information. François Géré, historien et auteur du "Dictionnaire de la désinformation", nous livre son analyse.

François Géré

François Géré

François Géré est historien.

Spécialiste en géostratégie, il est président fondateur de l’Institut français d’analyse stratégique (IFAS) et chargé de mission auprès de l’Institut des Hautes études de défense nationale (IHEDN) et directeur de recherches à l’Université de Paris 3. Il a publié en 2011, le Dictionnaire de la désinformation.

 

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  1. On dira : mais quoi de neuf sous le soleil ? La lutte entre le savoir et l’ignorance, entre la vérité et le mensonge est éternelle. Les préjugés, les superstitions, les rumeurs subsisteront à travers les siècles à venir puisque précisément vous considérez qu’ils sont liés à la nature même du gouvernement de l’Etat. Cette objection eut été encore valable il y a environ quarante ans. Aujourd’hui, le problème change fondamentalement de nature parce que le monde, qu’il soit ou non devenu un village planétaire, est entré dans une ère nouvelle : l’âge de l’information dont, faute de recul nous commençons seulement à mesurer la dimension. Pour se repérer, on distinguera les procédés et les vecteurs utilisables par l’information et la désinformation.

    Les procédés de la désinformation ne varient guère. Répétition, amplification, assertion, changement quasi instantané, effet d’écrasement de toute voix divergente ou simplement interrogatives, rumeurs sans origine, « simples » suggestions, calomnies, fabrication clandestine et faux irrepérables. Toutefois, en fonction du vecteur utilisé, tel ou tel procédé donne un « rapport de couple » supérieur à un autre. Le téléphone, le télégraphe, le fax visent un destinataire. La ronéo et la photocopieuse entendent toucher, par diffusion, un grand nombre de récepteurs. La caractéristique remarquable des nouveaux vecteurs tient à leur capacité de diffusion indépendamment de tout circuit organisé.

l'importance de la vitesse

Internet est emblématique parce qu’il effectue le passage du spectateur passif (le « récepteur » de la radio ou de la télévision) au producteur-transmetteur actif de l’information. De plus, la vitesse de la transmission s’impose dans un temps désormais contracté. L’information-communication, c’est du temps donc de l’argent qui circule à toute allure, comme en bourse. La vérité, quand elle arrive, trop tard, n’a plus grand-chose à faire que présenter des correctifs, des regrets et des repentances devant les tombes.

Il faut aussi considérer les inflexions qui sont liées aux propriétés particulières des vecteurs utilisés et sans cesse créés dans l’ère de l’information. Nos comportements, nos relations interindividuelles, notre socialité, s’en trouvent modifiés (Facebook). Allons plus loin : le corps humain risque d’en être affecté et avec lui les rythmes biologiques et endocriniens liés au rapport au temps. Les nouveaux vecteurs apparaissent comme autant de prothèses de notre appareil sensoriel : les écouteurs bien sûr, l’usage des appareils multi-médias mais aussi les environnements sensoriels créés pour le public. Le medium pénètre l’homme.

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