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Dans quel état de délabrement sont vraiment les cathédrales et églises françaises
©LUDOVIC MARIN / AFP

Abandon

Dans quel état de délabrement sont vraiment les cathédrales et églises françaises

Un incendie a ravagé l’église Sainte-Thérèse, à Rennes, dans la nuit du 31 juillet au 1er août. Après ce drame, une rumeur a circulé selon laquelle 45 000 églises sont menacées de destruction car vétustes.

Olivier  De Rohan Chabot

Olivier De Rohan Chabot

Olivier de Rohan-Chabot est président de l'association de La Sauvegarde de l'art français (depuis 2005), premier mécène des églises de France, vice-président fondateur de la Société des Amis de l'Hôtel de la Marine, et ancien président de la Société des amis de Versailles (1987-2009).

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Atlantico : Concrètement, quel est état des églises françaises aujourd’hui ?

Olivier de Rohan-Chabot : Vous avez en France deux types de patrimoines : le patrimoine qui est sous la protection de l’Etat et celui qui ne l’est pas. Le patrimoine sous la protection de l’Etat français, est celui qui est inscrit monument historique ou inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ceci représente environ 14.000 édifices, sur les plus de 40.000 dont nous disposons en France. L’Etat doit veiller à ce que ce patrimoine reste en « bonne santé » et paye, ainsi, une partie des réfections.

Le reste des édifices sont répartis entre l’Etat, les communes et également quelques propriétaires privés. Par exemple, les cathédrales en France appartiennent à l’Etat qui a par conséquent le devoir de les protéger. Cela peut donc étonner, quand ce dernier fait la quette aux Etats-Unis pour sauver Notre-Dame… Et bien que les cathédrales comme les autres édifices demandent des restaurations régulières et beaucoup d’entretien, nous avons de gros efforts à faire en la matière.

En ce qui concerne les communes, certaines, peu importe leur taille, disposent de plusieurs édifices religieux, elles ne peuvent donc pas les prendre seule en charge. Qui peut aider ? Si l’édifice est classé, l’Etat aidera ; sinon, les départements entrent en jeu, parfois les régions et quelquefois le ministère de l’Intérieur. Le reste est à la charge de la commune, et c’est là également qu’elles ont besoin d’aide. Cette aide leur est pourvu soit par la Fondation du patrimoine, soit par la Fondation pour la sauvegarde de l’art français. Il en existe aussi d’autres, moins importantes.

Aujourd’hui, l’état des églises, en France, varie en fonction des régions. Par exemple, en Bretagne, les églises sont mieux loties qu’ailleurs : la population y est très attachée, l’Etat et le département s’en occupent beaucoup, la région également et même les habitants parce qu’elles font vraiment partie entière du charme de la Bretagne et correspondent à son identité stylistique. Mais ce n’est pas le cas à travers tout le pays : certains départements sont plus réticents et ont plus de mal à assumer la restauration de ces édifices. Donc, si le chiffre de 45 000 est clairement exagéré, tous ne sont pas en bon état.

Dans la préservation de ce patrimoine, n’y a-t-il pas une sorte de deux poids et deux mesures ?

L’Etat lorsque la restauration lui revient, intervient. Mais, il est certain que le système de classement de l’Etat est un système d’urgence et qu’il peut y avoir beaucoup de bâtiments qui ne sont pas répertoriés par l’Etat et qui méritent pourtant d’être sauvés.

Parfois, on constate effectivement une sorte de deux poids deux mesures. On ne s’occupe pas assez du mobilier. Par exemple, on vante souvent la beauté et l’importance des églises parisiennes pour le patrimoine français, pourtant dans l’enceinte de ces églises de très nombreuses fresques sont en train de disparaître pour cause de défaut d’entretien. Ceci est très caractéristique de la France, puisque le premier musée de Paris - les églises et les peintures, fresques, sculptures, dont elles regorgent - est en train de disparaître.

La Mairie de Paris, celle d’aujourd’hui mais aussi ses prédécesseurs, ont considérablement négligé les monuments religieux.

Pour le reste du pays, et toujours en ce qui concerne le mobilier : tout n’est pas encore répertorié, on découvre de nouveaux tableaux, statues... régulièrement. Par exemple, on vient de découvrir trois statues fabuleuses à Saint-Nom-la-Bretêche qui sont dignes du Louvre.

On fait donc des découvertes tous les jours, mais si on veut conserver ce mobilier, le mettre en valeur, il faut que les gens le connaissent et en connaissent la valeur. Ce qui pose des risques, de vol notamment, mais vaut mieux que de le voir disparaître.

Ainsi, notre patrimoine est très riche, les français y sont extrêmement attachés mais il faut faire un effort constant pour venir à son secours. Il faudrait prendre une mesure concernant l’entretien des édifices. En effet, si on trouve de l’argent pour les restaurer on en trouve plus difficilement pour les entretenir. Or, s’ils étaient régulièrement entretenus il y aurait moins de problèmes de restauration.

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