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L’impression monétaire conduit à la destruction monétaire...
L’impression monétaire conduit à la destruction monétaire...
©Reuters

Crise monétaire en sommeil

Après la crise financière et de la dette, bientôt l'hyperinflation !

Si nos dirigeants continuent à faire tourner la planche à billets, d'une crise de la dette privée puis publique nous pourrions passer demain à une crise monétaire. L’impression monétaire conduit nécessairement à la destruction monétaire...

Simone Wapler

Simone Wapler

Simone Wapler est rédactrice en Chef des Publications Agora (analyses et conseils financiers).

Elle est l'auteur de "Comment l'Etat va faire main basse sur votre argent: ... et ce que vous devez faire pour vous en sortir !", paru chez Ixelles Editions en mars 2013.

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Nous sommes passés d’une crise de la dette privée, à une crise de la dette publique et nous allons tout droit vers une crise monétaire. Comme le dit très bien le chercheur en finance du CNAM Philippe Herlin dans son dernier ouvrage[1] « Après la crise de la dette privée, nous sommes en plein dans la crise de la dette publique. L’étape suivante, si les États ne peuvent plus faire face aux échéances de leurs dettes, c’est la ‘planche à billets’, autrement dit la destruction de la monnaie par l’hyperinflation ». Nous y sommes presque.

Depuis le début de la crise, le bilan de la Fed (réserve fédérale américaine) ne cesse de gonfler et atteint 17 % du PIB américain, celui de la Banque centrale européenne équivaut à 30 % du PIB de l’Eurozone.

Par bilan, vous devez comprendre « création monétaire ». Les banques centrales prêtent aux banques commerciales des liquidités surgies du néant [2] qui ne correspondent à aucune création de richesse (ou levées d’impôts). En échange, elles acceptent des créances plus que douteuses qui sont déposées en garanties. Tout ce micmac parce que les banques sont supposées « financer l’économie ».

Cependant, en parallèle, comme l’explique très bien mon collègue allemand Eberhard Unger qui a épluché le dernier rapport de la banque des règlements internationaux, la masse des produits dérivés augmentent. Ils pèsent désormais 708 000 milliards de dollars, soit + 107 000 milliards de dollars en six mois. Pour recadrer les choses, le PIB mondial est de 62 000 milliards de dollars. La planète finance manipule des chiffres astronomiques.

C’est amusant comme l’argent imprimé se reproduit vite ! Deux constats. D’abord, cet argent ne finance pas l’économie. Ensuite, si l’inflation n’est pas monstrueuse, c’est tout simplement parce que l’argent reste encore largement cantonné dans cette mystérieuse sphère de l’économie virtuelle de l’industrie financière (puisque l’autre c’est l’économie réelle). Cependant, nous voyons un peu de cet argent commencer à ressortir.

Deux titres de journaux du 21 mars 2012, premier jour de printemps :

  • La planète se mobilise contre le pétrole cher, Les Echos
  • Énergie : les Français peinent toujours plus à payer, Le Figaro

La planète aurait plutôt intérêt à faire attention à ce que font ses banquiers centraux. Voici un graphe du cours du pétrole sur lequel nous avons repéré les opérations d’émission monétaire.

Source : Publications Agora


Éloquent, n’est ce pas ? Voilà où va l’argent, dans la matière première la plus financiarisée, le pétrole …

L’embêtant, c’est que le pétrole est aussi la mère de toutes les autres matières premières : la mine et l’agriculture consomment de l’énergie. La hausse du pétrole va conduire au renchérissement du cuivre, du coton, du blé, du soja, de l’aluminium, …

Il semble que nos autorités soient convaincues qu’on peut résoudre les problèmes en imprimant de l’argent. Il nous semble que ce n’est pas une bonne idée… Toutes les bêtises ont déjà été faites, et il est très regrettable que les économistes aient en général peu de culture historique. L’impression monétaire conduit à la destruction monétaire et c’est pour cela que le Zimbabwe n’est pas le pays le plus riche du monde.

« Dans le cas d’une détérioration des anticipations d’inflation, l’autorité monétaire agirait immédiatement de manière préventive » L’Agefi du jeudi 22 mars citant Mario Draghi.

Et si c’était Jean-Claude Juncker qui avait raison ?  « Quand ça devient grave, vous devez mentir », déclarait le chef de l’Eurogroupe le 5 mai 2011.

Je laisse la conclusion à un mort, c’est plus sage et moins compromettant.

"La première panacée d’une nation mal gouvernée est l’inflation monétaire ; la seconde, c’est la guerre. Toutes deux apportent une prospérité temporaire ; toutes deux apportent une ruine permanente. Mais toutes deux sont le refuge des opportunistes politiques et économiques."

Ernest Hemingmay



Notes

[1] L’or un placement d’avenir

[2] Quantitative easing, twist, LTRO et autres contorsions d’assouplissement monétaire

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