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Emmanuel Macron visite entreprises port du masque responsabilité économie arbre qui cache la fôret
Emmanuel Macron visite entreprises port du masque responsabilité économie arbre qui cache la fôret
©ludovic MARIN / POOL / AFP

Reprise de l'économie

Covid et entreprises : l’arbre qui cache la forêt

Alors que nombreuses questions se posent sur l'organisation de la rentrée sur le plan sanitaire, le port du masque va devenir obligatoire dans les entreprises à partir du 1er septembre. A travers cette décision, le gouvernement fait peser la menace de la contamination sur les entreprises. Il est dangereux pour la reprise de l’économie et pour la rentrée des salariés de mettre en avant le "danger" que représente l'entreprise.

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon

Sophie de Menthon est présidente du Mouvement ETHIC (Entreprises de taille Humaine Indépendantes et de Croissance) et chef d’entreprise (SDME)

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Le gouvernement communique, "consulte ", conseille, décrète... sur la rentrée des salariés (pour la rentrée des enfants il parait que les profs ne sont pas prêts?!). Etrange de faire peser la menace de la contamination au COVID 19 sur les entreprises.

Fait-on semblant de croire que le problème est là ? On évoque des "clusters",  mais de quoi parle-t-on ? (90 entreprises concernées sur 4,5 millions d'entreprises en France). Et qu'est ce qu'une entreprise ? La boite de nuit? L’agence de pub, le restaurant à la mode ? Air France ? La boulangerie, la PME industrielle ? Aucun points communs entre elles... L'insécurité de toute sorte qui règne sur le pays est beaucoup plus inquiétante et menace l'économie autant que le virus. Les entrepreneurs responsables et ils le sont, s’inquiètent pour leurs salariés de l'absence de sécurité  sur la voie publique et dans les transports, des matchs de foot aux supporters incontrôlés, des manifs à répétions sans sanctions avec voitures brulées et vitrines cassées, de transports en commun sans discipline et en nombre insuffisant, etc... Ce qui a des conséquences directes sur la vie de l’entreprise et évidemment sur la propagation du virus. Les masques en entreprises : oui bien sûr, à condition de faire en sorte que les gens ne soient pas contaminés (voire agressés) avant d'arriver sur leur lieu de travail : c’est du trajet dont ils ont peur. Des préoccupations qui ne manqueront pas de faire l'objet des échanges avec les politique à la REF (renaissance des entreprises de France) les 26 et 27 aout à l’ Hippodrome de Paris Longchamp.

On aimerait aussi savoir quelles sont les mesures pragmatiques et immédiates décidées par le gouvernement concernant les transports en commun et les administrations, pour assurer la continuité d’un service public de plus en plus défaillant?

On ne rappelle pas assez que les chefs d'entreprises ont été les premiers à se battre pour pouvoir équiper leurs salariés de masques; vous vous souvenez ? Ils n’avaient pas le droit d'en acheter ; quand ils en avaient, on les réquisitionnait ! Ils ont été les premiers à installer les bureaux de parois transparentes, à imposer les masques en réunion, à instaurer la distanciation, la prise de température malgré les réserves syndicales, à arrêter les repas en commun sauf mesures adéquates, à favoriser le télétravail quand c’était possible, etc...  Rappelons aussi le courage et la vaillance des «  petits » : artisans, TPE, PME, travailleurs indépendants, grâce auxquels le pays a continué de fonctionner (les milliards déversés les concernent-ils ? et quand ? comment ?)

Par ailleurs, entretenir une psychose comme c'est le cas actuellement, peut certes inciter certains à prendre des précautions, ceux qui sont de toutes façons raisonnables ; en revanche, il est dangereux pour la reprise de l’économie et pour la rentrée des salariés de mettre en avant le "danger" que représente l'entreprise, d'autant que c'est une affirmation gratuite et imprécise : l'arbre qui cache la forêt d'un pays qui dysfonctionne.

La vraie question que se posent les entrepreneurs est de savoir si leurs salariés vont accepter de revenir au bureau et dans quel état d'esprit ? Vont-ils demander de poursuivre un télétravail qui est pénalisant pour le dynamisme et le management et déstabilise les commerces et la vie quotidienne.

N’est-ce pas au gouvernement de rassurer en faisant appliquer les consignes données dans les environnements placés sous leur responsabilité et leur autorité ? Et surtout, répétons-le, en faisant au contraire CONFIANCE aux entreprises qui sont clairement le seul lieu ou règne discipline et sécurité.

Sophie de Menthon 

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