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La succession d’erreurs de communication accumulées depuis un an a pourtant largement atteint la confiance des Français sur le dossier de la crise sanitaire.
La succession d’erreurs de communication accumulées depuis un an a pourtant largement atteint la confiance des Français sur le dossier de la crise sanitaire.
©Martin Bureau / AFP / POOL

Conférence de presse

Covid-19 : quand une mauvaise com’ tue (et pas ceux qui la pratiquent)

L’adhésion des citoyens aux mesures sanitaires est un critère déterminant de leur efficacité (et du nombre de morts qui pourrait être évités). La succession d’erreurs de communication accumulées depuis un an a pourtant largement atteint la confiance des Français...

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Benoît de Valicourt

Benoît de Valicourt s’inscrit dans la tradition du verbe et de l'image. Il travaille sur le sens des mots et y associe l'image réelle ou virtuelle qui les illustre. Il accompagne les acteurs du monde économique et politique en travaillant leur stratégie et leur story-telling et en les invitant à engager leur probité et leurs valeurs sur tous les territoires. 
 
Observateur de la vie politique, non aligné et esprit libre, parfois provocateur mais profondément respectueux, il décrypte la singularité de la classe politique pour atlantico.fr et est éditorialiste à lyonmag.fr
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Atlantico : La conférence de presse du Premier ministre et du ministre de la Santé s’est terminée avec la mise en place de nouvelles mesures différenciées. Après avoir expliqué qu’un confinement n’était pas la solution à maintes reprises, le gouvernement en vient-il toujours à se contredire ? Est-ce encore un exemple de cela ? 

Benoît de Valicourt : Il doit être très compliqué de prendre des décisions dans un contexte sanitaire évoluant rapidement et de façon multiforme et dans un contexte politique pré-électoral (échéances des régionales et des départementales en juin 2021 et des présidentielles en avril 2022).
Cependant, les Français aimeraient être rassurés et ils sont résignés. Il est d’ailleurs surprenant de noter que d’habitude si prompt à descendre dans la rue pour crier son mécontentement, sa colère, pour dénoncer l’injustice, les menaces sur la démocratie et la privation supputée de liberté, le Français est silencieux face au pouvoir, à peine s’exprime-t-il sur la crise sanitaire à travers les sondages et les enquêtes d’opinion.
Le gouvernement est sans doute rassuré de ne pas voir des hordes de gens masqués manifester et tente de concilier l’inconciliable quitte à se contredire et devenir totalement inaudible. Entre Jean Castex qui annonce un confinement sans être confiné pour 1/3 de la population et Olivier Véran qui débite son cours de médecine, je me demande qui a compris quoi que ce soit.
Le Premier ministre a eu beau nous expliquer que la France est exemplaire dans sa politique de vaccination, que nous sommes le pays qui vaccine le plus en Europe, que les choix qui ont été faits étaient judicieux, je n’entends personne louer l’action du gouvernement. Les Français regardent ailleurs, là où la vie est quasi normale.

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La mauvaise communication du gouvernement atteint la confiance des Français et donc l'efficacité des mesures sanitaires. Depuis un an, quelles sont les principales erreurs de communication que l’on retiendra de la gestion de la crise ? Cela a-t-il joué sur l’adhésion des Français aux différentes mesures ? 

Comment être convaincu quand au plus haut sommet de l’Etat c’est la cacophonie ? L’an dernier, les ministres et secrétaires d’Etat se sentaient autorisés à nous expliquer ce qu’il fallait faire ou pas. Entre Madame Ndiaye, si bête qu’elle ne savait pas mettre un masque et Emmanuel Macron qui annonçait solennellement que la France était en guerre alors que nous n’avions pas de munition, les Français ont été pris pour des cons, la confiance était rompue.
Et non content d’avoir montré au grand jour la pénurie de masque, aujourd’hui le masque est rendu obligatoire sous peine d’amende pour permettre … d’écouler les stocks !
Quand l’application #TousAntiCovid est lancée, pratiquement aucun ministre de l’utilise comme s’il s’agissait d’un gadget pour les mêmes cons à qui on expliquait que le masque ne servait à rien.
Puis c’est au tour du Président de la République de douter de l’efficacité du vaccin Astrazeneca et en même temps la France qui a inventé le vaccin en 1885 n’a pas su fabriquer un vaccin contre la Covid-19.
Comment dans ce contexte les Français peuvent-ils avoir (encore) confiance en leurs gouvernants ?
C’est impossible ! Et quand en plus, à longueur de journée sur les plateaux télé, des médecins et scientifiques expliquent l’inverse de ce que fait le gouvernement, la résignation l’emporte en attendant les élections et la sanction des urnes.

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La crise sanitaire devient une crise politique et il faut sauver ce qui peut encore l’être. L’annonce d’hier soir n’a qu’un seul but : la menace. Les Français ne veulent pas se faire vacciner, emboitant le pas aux soignants, ils devront choisir entre confinement et vaccination. Jean Castex montrera l’exemple cet après-midi devant les caméras de télévision tentant de voler la vedette à Olivier Véran, l’épaule découverte et le muscle saillant.

Plutôt que d’inciter les Français positifs à respecter les mesures d’isolement, le gouvernement a souvent préféré demander à tous sans distinction de rester chez eux alors que c’est en intérieur qu’on se contamine le plus. Est-il incapable de laisser les Français prendre leurs responsabilités face à la pandémie ?

Le Président de la République avait clairement expliqué que la France a fait le choix de la vie. Cela sous-entendait que nous devions tous accepter des contraintes pour les plus vulnérables. C’est une question très philosophique. Cela me fait penser à Alberto Giacometti qui préfère sauver un chat plutôt qu’un Rembrandt dans un incendie.
La France comme d’autres pays ont décidé de sauver les chats ! C’est je pense un choix électoraliste. La jeunesse est sacrifiée sur tous les plans : études, santé mentale, isolement, dévalorisation des diplômes, absence de petits boulots et demain c’est la jeunesse qui devra rembourser la dette alors que ceux que la France veut absolument sauver sont celles et ceux qui ont connu les meilleures années, les Trente Glorieuses, la libéralisation de la société, le plein emploi et l’amélioration des conditions de vie.

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Nous aurions pu faire d’autres choix comme celui de demander aux plus vulnérables d’être responsables et de sacrifier un peu de leur liberté pour sauver notre jeunesse delà angoissée du monde que nos aînés leur ont laissé.
Nous ne reviendrons pas en arrière mais nous pouvons au cours des 4 prochaines semaines vacciner sans relâche celles et ceux que nous voulons sauver ou leur intimer l’ordre de ne pas sortir.
C’est finalement le choix déguisé que font Castex et Macron parce qu’ils n’ont pas eu le courage de demander aux Français d’être solidaires non pas en étant tous égalitaires face au Covid mais en étant fraternels dans le respects des libertés de chacun.
Nos gouvernants n’ont pas confiance en leurs électeurs mais leur demandent d’avoir confiance en eux !

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