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©Matt Winkelmeyer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Bonnes feuilles

Comment protéger et stimuler son foie au quotidien

Le Professeur Henri Joyeux et Jean Joyeux publient « Votre foie a besoin d’amour » aux éditions du Rocher. Le foie n'a pas livré tous ses secrets. Le foie dispose d’un tiers de cellules de plus que votre cerveau. Avoir un foie qui fonctionne bien est indispensable pour votre santé. Aimer son foie, c'est comprendre son rôle et son fonctionnement. Extrait 2/2.

Pr Henri Joyeux

Pr Henri Joyeux

Henri Joyeux est chirurgien cancérologue et chirurgien des hôpitaux, professeur honoraire de chirurgie digestive et de cancérologie à la faculté de médecine de Montpellier. Il a publié de nombreux ouvrages consacrés à l'écologie humaine, notamment sur l'alimentation. Parmi ses dernières publications, "Vaccins, comment s'y retrouver ?","Tout savoir pour éviter Alzheimer ou Parkinson" (en collaboration avec Dominique Vialard) et le best-seller "Changez d'alimentation".

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Les recettes “détox” et autres méthodes “naturelles” ont le vent en poupe depuis plus d’une dizaine d’années. Si le concept mérite d’être pris en considération, il faut le développer comme nous le ferons dans le chapitre dédié de ce livre. La première étape est de diminuer le travail du foie comme nous venons de le détailler. La seconde est de lui apporter ce dont il a besoin pour fonctionner au mieux chaque jour.

En effet, pour assumer ses fonctions de transformation biologique nécessaires à la neutralisation et à l’élimination des toxiques, le foie a besoin de micronutriments en quantité : minéraux, vitamines du groupe B, et vitamines liposolubles (A, D, E, K) polyphénols, oligoéléments.

Une alimentation trop industrialisée a le défaut de ne pas en apporter assez. Éviter les produits transformés et choisir des matières premières fraîches, de saison, complètes et biologiques, c’est déjà la première étape, et ses conséquences vont déjà loin.

 

Plus de végétaux frais, de saison et légumineuses vivantes

 Voici quelques règles à mettre en place de façon progressive.

Tout d’abord prenez l’habitude de manger au moins trois portions de fruits frais, et au moins autant de légumes tous les jours, plus une à deux crudités de saison.

Concernant les féculents, choisissez des produits complets, plus riches en fibres, vitamines et minéraux, avec une préférence pour les légumineuses (lentilles, pois-chiches, haricots…). Celles-ci peuvent être consommées sous forme germée, pour garantir les meilleurs apports possibles en micronutriments ou si elles doivent être cuites, à une cuisson courte à la vapeur douce afin que la légumineuse soit toujours al dente, croquante et craquante sous la dent.

En effet, la germination (obtenue grâce à un trempage de 48 à 72h des légumineuses) permet de démarrer le cycle de vie d’une plante, et la production de nombreuses molécules de grand intérêt. On diminue aussi fortement la quantité de prolamines et autres “anti-nutriments” comme les phytates, qui réduisent l’absorption des minéraux et oligoéléments comme le fer.

Il faut bien entendu éviter les aliments surgelés et recongelés, en pots ou boîtes de conserve, dont le contenu en nutriments est considérablement moins important que les versions fraîchement récoltées, donc de proximité. Cela permet aussi de mettre en valeur tout l’intérêt des productions locales. En effet, le temps séparant la récolte de la consommation impacte négativement sur le contenu micronutritionnel final dans l’assiette.

Quelques précautions importantes sont à prendre concernant le mode de préparation de ces aliments. Les cuissons les plus agressives comme le micro-ondes, la cocotte-minute et toutes les cuissons sous pression, les cuissons prolongées ou les cuissons à des températures trop élevées (au-delà de 110 °C) réduisent rapidement le contenu en nutriments essentiels, vitamines en particulier.

Il importe donc de cuire moins longtemps la plupart de nos aliments, et de les cuire à des températures plus basses. On signale l’intérêt de la cuisson à la vapeur douce, qui permet également de réduire le contenu toxique de l’assiette. On veillera à garder des couleurs vives et des textures fermes, pour des légumes presque crus à cœur, riches en saveur autant qu’en vitamines.

Plus de minéraux, comment? Du potassium et du calcium végétal!

Le fait de systématiser la consommation de fruits et légumes, et de produits complets peu transformés, joue déjà un rôle clef à de nombreux niveaux dans l’entretien ou le recouvrement de la santé. Bien sûr les vitamines, polyphénols, flavonoïdes et autres “antioxydants” sont incontournables, mais nous souhaitons ici vous parler de l’apport de minéraux.

Tous les végétaux ont pour rôle majeur de nous apporter de grandes quantités de potassium chaque jour (plusieurs grammes), essentiel pour réguler la pression artérielle, garantir le fonctionnement du système nerveux, mais aussi réguler le pH de notre organisme, toujours en proie à de multiples variations.

Le métabolisme du foie produit de nombreux résidus acides, notamment par l’intermédiaire du catabolisme, c’est-à-dire de la destruction des protéines en acides aminés dont le foie a besoin pour fabriquer d’autres protéines destinées à de nouvelles fonctions. C’est là que le potassium va jouer un rôle crucial, car il est essentiellement intracellulaire, nécessaire aux nombreux fonctionnements de la cellule.

Il faut aussi parler des autres minéraux alcalins (ou plutôt “alcalino-terreux” pour les chimistes) : le calcium et le magnésium. Leurs rôles ne sont pas moins importants, quoique bien différents. Il faut là encore marteler sans cesse que les plus grandes sources de calcium et les mieux assimilables viennent des végétaux.

Le contenu relatif peut ne pas sembler important, mais à l’échelle des trois à cinq portions de fruits et trois à cinq portions de légumes, ce sont plusieurs grammes de calcium qui doivent accéder à notre organisme. Mieux encore, l’apport de bonnes doses de potassium permet aussi d’économiser sur notre calcium, et garantir ainsi de bonnes fonctions immunitaires, neuromusculaires… et des os en bon état, seulement si vous avez suffisamment d’activité physique.

Ainsi vous comprenez que vous ne risquez pas l’ostéoporose, en particulier celle qu’on vous découvre avec l’ostéodensitométrie, qui paramètre votre système osseux par rapport à celui de vos 25 ans.

Ainsi peut-on comprendre pourquoi il y a tant de prescriptions et consommation médicamenteuse contre l’ostéoporose!

Le magnésium est aujourd’hui plus connu pour ses vertus “antifatigue” qu’autre chose, mais ses rôles biologiques sont bien plus grands encore! Il intervient dans plus de 300 réactions biochimiques au sein de nos cellules, et les hépatocytes ne font pas exception. Il est déjà indispensable pour la production d’énergie, ce qui explique son intérêt en cas de fatigue chronique.

Concernant le foie, cette production d’énergie est incontournable, puisqu’elle sera utilisée pour toutes les biotransformations qu’il doit assumer, à commencer par la détoxication. C’est l’occasion de souligner la fatigue typique qui touche les personnes dont le foie est surchargé, que ce soit ponctuellement ou chroniquement. La fatigue d’un lendemain de fête est toujours plus imputable à ce que l’on a bu et mangé en trop qu’à l’heure tardive du coucher.

Le foie se portera donc toujours mieux avec une alimentation riche en sources de magnésium, calcium et potassium, donc de végétaux frais, mais aussi d’oléagineux, de légumineuses, plutôt que de céréales raffinées “supercuites” ou de dérivés plus ou moins OGM du maïs.

Consommer tous les jours une à deux poignées d’oléagineux, voire plus au besoin, c’est un apport de bonnes graisses polyinsaturées (oméga 3 plus que de 6), de vitamines liposolubles, de fibres, de vitamines B, mais aussi de minéraux et oligoéléments en quantité.

A lire aussi : Donner moins de travail au foie : les conseils pour une alimentation saine et équilibrée

Extrait du livre du Professeur Henri Joyeux et Jean Joyeux, « Votre foie a besoin d’amour », publié aux éditions du Rocher

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