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Sauvetage : comment la France peut retrouver sa puissance économique
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Sauvetage : comment la France peut retrouver sa puissance économique

Il attaque preuves à l’appui. Christian Harbulot documente sur ce qui ronge peu à peu la position économique et politique de la France. Extrait de "Sabordage - Comment la France détruit sa puissance", publié chez François Bourin Editeur (2/2).

Christian Harbulot

Christian Harbulot

Christian Harbulot est directeur de l’Ecole de Guerre Economique et directeur associé du cabinet Spin Partners. Son dernier ouvrage :Les fabricants d’intox, la guerre mondialisée des propagandes, est paru en mars 2016 chez Lemieux éditeur.

Il est l'auteur de "Sabordages : comment la puissance française se détruit" (Editions François Bourrin, 2014)

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L’intérêt de puissance n’a jamais été une formule clairement exprimée dans la Science Politique française. On lui a préféré la formule de l’intérêt général, plus consensuelle. Initialement assimilée à l’intérêt du royaume, cette notion est devenue sous la République l’apanage du Parlement avant de se décliner dans des formules diverses comme le bien commun, l’intérêt public et même l’intérêt national. Elle a permis de construire le droit public depuis plus de deux cents ans. Cette inflexion a pesé sur la finalité de l’action publique entre l’État et les citoyens, qui a été pensée dans le périmètre du territoire français. Mais lorsqu’il s’agit de traiter les situations de conflit hors de ce cadre limitatif, le droit public exerce une influence très relative et même parfois inexistante.

Les rapports de force économique font partie de ce périmètre non géographique qui a la particularité d’être figé dans une situation de ni guerre, ni paix. Le recours exceptionnel de la Raison d’État n’est pas le palliatif qui a permis à la puissance publique de répondre aux enjeux de puissance géoéconomiques dont personne ne peut nier l’impact sur la destinée du pays. Ce vide conceptuel est un obstacle à la mobilisation de l’opinion publique. Il est d’autant plus persistant que les représentants de l’État sont loin d’afficher un discours homogène sur la question. Des ministres usent parfois de l’expression de guerre économique sans en définir le sens, ni la portée de même qu’un Président de la République peut parler de batailles économiques sans pour autant ébaucher l’amorce d’une doctrine.

La question de la guerre économique est longtemps restée absente des publications universitaires. Cette omission s’explique en partie par l’absence d’archive. Un pays qui a la caractéristique de mettre son économie au service de sa puissance ne revendique pas son agressivité commerciale dans des écrits officiels. La dissimulation de la volonté de conquête est complétée par la loi du silence des victimes. La soumission à l’influence d’empires dominants, la résignation face aux offensives commerciales de prédateurs, tout comme les situations de dépendance vis-à-vis de l’étranger sont des postures aussi difficiles à assumer qu’une défaite militaire. La Chine en a fait la démonstration après les deux guerres de l’opium. Pour éviter de perdre la face devant son peuple, l’Empire du Milieu a longtemps refoulé cette défaite humiliante dans l’inconscient collectif. Cette attitude est reproduite aujourd’hui par de nombreux pays ou entreprises en situation de faiblesse ou de victimes.

La négation récurrente de la puissance analysée sous son angle commercial et sa mise en exergue par la démarche d’intelligence économique soulignent la nécessité d’une pédagogie audible par tous, afin d’intégrer les besoins stratégiques nécessaires à la préservation des intérêts d’une population sur un territoire comme la France.

Extrait de "Sabordage - Comment la France détruit sa puissance", de Christian Harbulo, chez François Bourin Editeur, 2014.

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