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Comment gérer la vérité sur le Père Noël dans les familles où il y a des petits... et des moins petits
©Reuters

To croire or not to croire

Comment gérer la vérité sur le Père Noël dans les familles où il y a des petits... et des moins petits

C'est à la fin du XIXème siècle que s'impose cette légende du gentil monsieur barbu, vêtu de rouge qui distribue les cadeaux à tous les enfants. Mais si certains parents annoncé dès le début que c'est une histoire, d'autres aiment perpétuer le mythe.

Dominique Tourres-Gobert

Dominique Tourres-Gobert

Dominique Tourres Gobert est psychiatre et psychanalyste,  auteur de Il était une fois le bon dieu, le père Noël et les fées (Albin Michel, 1992).

 

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A l'approche des fêtes, les parents redoutent la terrible question de leurs enfants: "le Père Noël existe-t-il vraiment? ". En fonction de l'âge de l'enfant, quelle est la réponse adaptée ?

N'oublions pas que ce sont les parents les premiers qui ont parlé de l'existence du Père Noël  à leurs enfants. Ceux-ci  ont un sens de la réalité qui se construit au fur et à mesure, ce qui fait qu'ils ne vont pas d'emblée tout remettre en cause. La société des adultes donne une forme collective et nourrit l'imaginaire de l'enfant. Mais je ne parle pas ici des côtés négatifs ! En effet, ne pas dire qu'une personne est morte n'aura pas le même sens que de dire qu'il existe un personnage bienfaiteur, uni aux parents, qui apporte des cadeaux à tous les enfants du monde. Ce n'est pas le même problème. On commence généralement à parler du Père Noël dès la première année,  au moment de l'installation de l'arbre de Noël et des décorations. Une fois que l'on a raconté la légende, il faut suivre l'enfant. Il commence à se poser les questions à "l'âge de raison", entre 5 et 7 ans.

Certains parents disent dès le début que c'est une légende les autres, la majorité, disent que le Père Noël existe vraiment. Au fond, l'enfant va faire son chemin critique avec des camarades ou des frères ainés. C'est par un essor de logique qu'il peut se dire, par lui-même, que ce n'est pas possible que le Père Noël soit là pour tous les enfants du monde la même nuit. Il arrive aussi qu'il surprenne ses parents en train de mettre les cadeaux au pied du sapin ou bien il va entendre une conversation entre adultes parlant des cadeaux de Noël. Son esprit critique se met en place petit à petit. On n'a pas besoin de se donner forcément une limite d'âge mais il s'agit plutôt de suivre le questionnement de l'enfant.

Y a-t-il un âge à partir duquel il est nécessaire d'ouvrir les yeux de l'enfant ? Pourquoi ?

Il y a un effet classe d'âge avec le Père Noël. C'est-à-dire que tous les enfants d'une même classe, à plus ou moins 1 ou 2 ans près, vont commencer à remettre en doute le Père Noël. Arrivé au collège, il est rare qu'un enfant croit encore au Père Noël. Je pense que la question se formule au fur et à mesure que l'enfant grandit et murit. Les parents ne doivent pas particulièrement interagir dans les questionnements de l'enfant mais ils suivent l'enfant, sans s'imposer.

Comment éviter qu'une trop grande déception s'installe chez lui ?

Tous les enfants n'ont pas forcément une déception. Le Père Noël saisonnier, qui revient une fois par an, c'est une croyance initiatique et il s'agit, à un moment donné, de perdre cette croyance. Il en va de même pour beaucoup de choses qui provoquent des désillusions et ce, tout au long de la vie de l'homme. En laissant l'enfant faire son chemin et en gardant une relation de confiance, l'enfant va se raisonner par lui-même.

Certain parents refusent que leurs enfants cessent de croire au Père Noël. Cela est du à un plaisir par procuration dans la croyance. Ils ont cru eux même à un monde merveilleux et veulent faire vivre la même chose à leurs enfants.

Le Père Noël peut aussi avoir un côté pratique ! Les parents n'ont pas besoin de se justifier si le petit n'a pas eu tel ou tel cadeau, ils peuvent déléguer…

Les aînés d'une fratrie, qui ne croient plus au Père Noël, continuent souvent de perpétuer le mythe auprès de leurs petits frères et sœurs. Quelles sont les vertus, ou les défauts s'ils en existent, de cette complicité partagée avec les parents ?

Dans la majorité des cas les enfants vont rentrer dans le jeu des parents et perpétuer la légende auprès des frères et sœurs. Car ils font maintenant partie des "initiés", selon la croyance initiatique par laquelle il y a des initiés et des non initiés. Être initié signifie donc être grand. Il y a une complicité qui peut s'établir entre les parents et les enfants. Simplement, les grands croient encore au Père Noël mais de façon gentille.

Il y a d'autres cas de figure mais qui sont plus rares, dans lesquels il y a de fortes jalousies entre frères et sœurs. Les aînés peuvent alors prendre un malin plaisir à parler à l'encontre des parents.

Comment l'enfant se représente-t-il le mythe du Père Noël ? Passe-t-il simplement d'un état où il y croit à un autre où il n'y croit plus du tout, ou inconsciemment, a-t-il toujours en tête que ses parents n'y sont pas totalement étrangers ?

Un enfant d'un an ne va pas remettre en doute l'existence du Père Noël. Ses parents en ont parlé donc il ne va pas chercher à remettre en cause leurs paroles. C'est progressivement, quand il commence à réfléchir et à être critique qu'ils ne va plus voir les choses de cette manière. Par recoupements et au fur et à mesure qu'il grandit il va se dire que ce sont les parents à l'origine des cadeaux de Noël. Petit à petit, les plus grands peuvent aussi expliquer que le Père Noël est un vrai monsieur qui porte un déguisement.

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