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"la tempéra­ture sur la Terre a toujours évolué indépendamment de l’usage de l’énergie fossile vilipendée aujourd’hui."
"la tempéra­ture sur la Terre a toujours évolué indépendamment de l’usage de l’énergie fossile vilipendée aujourd’hui."
©Reuters

Rien de nouveau sous le soleil

Climato scepticisme : le réchauffement climatique a toujours existé !

La lutte contre le réchauffement climatique est le fer de lance des écologistes. Samuele Furfari estime néanmoins qu'un tel combat est dérisoire et qu'il ne pourra pas y avoir de limitations des émissions mondiales de CO2 avant très longtemps. Extraits de "L'écologie au pays des merveilles" (2/2).

Samuel Furfari

Samuel Furfari

Samuel Furfari est professeur en géopolitique de l’énergie à l’Université Libre de Bruxelles, docteur en Sciences appliquées (ULB), ingénieur polytechnicien (ULB) et Président de la Société Européenne des Ingénieurs et Industriels. Il a été durant trente-six ans haut fonctionnaire à la Direction générale de l'énergie de la Commission européenne.

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Le climat a toujours changé

La Terre a toujours subi des changements clima­tiques plus ou moins profonds ou mineurs. Au cours de la période romaine et du Moyen Âge, la tempéra­ture était relativement douce, au point que tout allait bien et que la population s’est développée. Ensuite, cet « optimum » s’est estompé et, du fait qu’il n’y avait plus assez de production agricole pour la population, il s’en est suivi des famines terribles. C’est dans les livres d’histoire et non pas dans des modélisations mathématiques que l’on peut trouver des vérités aussi élémentaires qui démontrent que la tempéra­ture sur la Terre a toujours évolué indépendamment de l’usage de l’énergie fossile vilipendée aujourd’hui. Par la suite, lors de la seconde moitié du XIVe siècle jusqu’au début du XIXe siècle, l’hémisphère Nord a connu un net refroidissement – « le petit âge glaciaire » ou « la petite glaciation » – qui semble correspondre à une faible activité solaire. De nombreuses gravures montrent par exemple des scènes de vie populaire sur la Tamise gelée, ce qui n’a plus été vu depuis. Des hivers particulièrement rigoureux, des disettes et des famines ont sévi douloureusement en Europe. Lorsque en l’an 1000 l’explorateur norvégien Éric le Rouge baptise et colonise le Groenland, qui signifie dans sa langue « terre verte », ce territoire est alors couvert de végétation. C’est à la suite du petit âge glaciaire que ses forêts disparaissent. Les Estoniens et les Finlandais parlent la même langue aussi parce que, dans le temps, il était possible de traverser à pied la mer Baltique.

Dans les années 1970, la peur portait sur le refroi­dissement climatique et faisait la une des couvertures des grands hebdomadaires ! En 1971, des chercheurs, en s’appuyant sur les travaux de James Hansen, un des plus éminents « réchauffistes 35 » d’aujourd’hui, climatologue et directeur de l’institut Goddard d’études spatiales de la NASA, qui venait d’étudier l’atmosphère de Vénus riche en soufre, avaient prédit que les émissions de soufre dues à la combustion du charbon allaient provoquer une glaciation dans les dix années à venir. En avril 1977, Time Magazine titrait en couverture : « Comment survivre à la glaciation qui arrive. 51 choses que vous pouvez faire pour qu’il y ait une différence. »

Le débat n’est pas clos…

Le GIEC, dans quatre rapports publiés entre 1990 et 2007, entretient cette peur, la majorité des faiseurs d’opinion et des journalistes lui faisant une confiance aveugle. Le GIEC alimente par ces milliers de pages les administrations naissantes en charge de l’environ­nement dans tous les pays. Comme il y a beaucoup d’écologistes dans ces ministères, il est normal que le problème prenne de l’ampleur et que les respon­sables politiques du dossier « environnement » s’y engagent également avec enthousiasme. C’est d’ail­leurs la raison pour laquelle il a été possible d’arriver à un accord en décembre 1997, à Kyoto. Il n’y avait là que des responsables de l’environnement et, c’est bien connu, lorsqu’on a tous le même objectif il est plus aisé de trouver un accord. Le Premier ministre d’un pays que je connais bien a écrit une lettre à son ministre de l’Environnement pour s’en prendre vertement à lui lorsque, à son retour de Kyoto, le gouvernement s’est rendu compte des conséquences économiques que les décisions prises occasionneraient pour le pays.

Notons sans trop nous attarder que le GIEC est la racine de tous les maux. Se présentant comme un organe scientifique, en fait il ne l’est pas. Le GIEC n’est en rien l’institution scientifique qu’il prétend être. Même s’il élabore des rapports sur la base d’études scientifiques, même s’il prétend être composé de milliers de scientifiques (en réalité quelques centaines de climatologues, tout au plus), aucun texte du GIEC ne peut être approuvé sans l’aval de la session plénière qui est, elle, composée de fonctionnaires des administrations nationales. Le lien « GIEC = Science » – qui sert si puissamment à stigmatiser et à disqualifier tout point de vue dissi­dent sur le réchauffement climatique – n’est qu’une mascarade. De plus, le GIEC n’est rien d’autre qu’un être faussement hybride de science et de politique, à dominante en réalité politique, entièrement impré­gné d’esprit « scientiste ». Ce qui arrange d’ailleurs bien le monde politique, qui n’a de cesse de se préva­loir de ce caractère scientifique du GIEC afin de prendre des mesures politiquement correctes.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été impossible de trouver un accord à Copenhague en décembre 2009, car il n’y avait pas là que des ministres de l’Écologie mais aussi des chefs d’État dont la première préoccupation n’est pas de limi­ter la température de la terre dans un siècle mais de créer aujourd’hui de la croissance afin de donner de l’emploi à leur population. Écolo, oui, mais pas aux dépens de la croissance économique.

Depuis cet échec, les sceptiques ont commencé timidement à avoir droit de cité en Europe. Alors qu’aux États-Unis ils étaient connus et crédibles depuis longtemps, chez nous ils étaient considérés comme des parias ; ils le sont encore toujours pour certains. Des journalistes confondant leur opinion politique avec la science n’hésitent pas à discréditer les sceptiques. Sur la chaîne de radio Première-RTBF, le 9 décembre 2010, un journaliste bien connu a déclaré que les scientifiques sont « unanimes » pour dire que ce sont les activités humaines qui causent le changement climatique et d’ajouter que ceux qui s’y opposent sont « payés par les lobbys pétroliers, des savants fous, des illuminés, etc. ». Ce journaliste n’a probablement pas dû faire son travail d’enquête puisqu’il semble ignorer la masse impressionnante d’informations qui démontrent le contraire. Par exemple, le rapport de 321 pages reprenant les noms de plus de 10 000 scientifiques qui ne font pas partie de « l’unanimité » ; bien que ce rapport ait été préparé par la minorité du Sénat américain et ait été présenté à la conférence de Cancún de 2010. Ou bien la péti­tion « Global Petition Project », qui a attiré jusqu’à présent 31 000 scientifiques dont plus de 9 000 sont des sommités dans leur domaine.

Combien de fois a-t-on entendu : « le débat est clos » ! Rien n’est plus faux pourtant…

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Extrait de "L'écologie au pays des merveilles", François Bourin Editeur (23 mai 2012)

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