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Christine Lagarde au FMI : 
mauvaise nouvelle pour la France ?
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Influence

Christine Lagarde au FMI : mauvaise nouvelle pour la France ?

Christine Lagarde vient d'être élue à la tête du FMI par le Conseil d'administration. Cocorico ? Pas forcément, car le poste de numéro 1 n'est pas systématiquement le meilleur moyen d'influencer les décisions de l'institution...

Guillaume Devin

Guillaume Devin

Guillaume Devin est professeur de science politique à Sciences Po. 

Il est l'auteur, avec Guillaume Courty, de La construction européenne (La Découverte, 3è édition, 2010).

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Atlantico : Quels sont les principaux défis que va devoir relever Christine Lagarde, la nouvelle Directrice général du FMI ?

Guillaume Devin : Les numéros 1 des organisations internationales sont élus par des instances exécutifs représentant l'ensemble des États-membres. Pour le FMI, il y en a 187, qui sont représentés par 24 directeurs au Conseil d'administration. Au cours de sa campagne, Christine Lagarde a dû convaincre les directeurs, d'une part de sa compétence, mais surtout de sa volonté de rénover les institutions internationales, comme beaucoup le réclament, en tenant compte de ce que j'appelle le "triangle de la fonctionnalité" : la représentativité, l'efficacité et la légitimité.

Sa campagne a tourné autour de plusieurs concepts : élargissement de la représentation des pays émergents, gain d'efficacité dans les crises internationales, et travail sur l'acceptabilité par les populations des mesures imposées par le FMI, dont l'image a été mise à mal dans les années 1990. Toutefois, la plupart de ces promesses sont assez vagues, car la mécanique de décision est extrêmement complexe dans une institution comme le FMI. Ce sont davantage des lignes d'action générales.

Il faudra de toute façon qu'elle compose avec son conseil de gouverneurs, issus des différents États, avant de prendre des décisions.Il y a quelques années, Paul Wolfowitz, alors président de la Banque Mondiale, s'était énervé et avait demandé « Mais enfin, qui est le boss ici ? ». Le délégué chinois avait alors levé la main et dit « C'est nous le boss ».


Quelle est la marge de manœuvre d'un(e) directeur(rice) du FMI ?

Elle dépend de la capacité à créer des initiatives et à rassembler des majorités pour celles-ci. Dominique Strauss-Kahn était parvenu à faire un peu avancer la réforme du Fonds, avec les réformes de 2008 et de 2010, qui ont légèrement déplacé le rapport de force en faveur des pays émergents, aux dépends des Européens. La mesure n'est pas encore appliquée, et elle reste un enjeu majeur pour l'Europe.

La France a-t-elle quelque chose à gagner avec Christine Lagarde à la tête du FMI ?

C'est discutable. Il aurait peut-être été plus avisé pour la France de soutenir un candidat du Sud en s'assurant le poste de directeur général adjoint. Nous privilégions habituellement les stratégies de réputation, en cherchant à avoir les n°1, alors que les anglo-saxons préfèrent les stratégies d'influence qui consistent à occuper les postes de numéros 2 ou 3, tout aussi efficaces.

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