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Le plan de formation produit ses effets mais ne parvient pas en tout cas à ce stade à renverser puissamment la tendance d’évolution globale du chômage.
Le plan de formation produit ses effets mais ne parvient pas en tout cas à ce stade à renverser puissamment la tendance d’évolution globale du chômage.
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Mauvaise surprise

Chômage en hausse au mois de juin.... Seniors et jeunes, épines dans le pied du gouvernement Hollande

En juin, le nombre de demandeurs d’emploi sans aucune activité (catégorie A) s’est accru et s'établit à 3,526 millions, soit une hausse de 0,2 %, selon les statistiques rendues publiques, ce mardi 26 juillet, par le ministère du travail et Pôle emploi. Ce chiffre est en augmentation pour le deuxième mois de suite, après le net reflux observé en mars et en avril.

Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès

Pierre-François Gouiffès est maître de conférences à Sciences Po (gestion publique & économie politique). Il a notamment publié Réformes: mission impossible ? (Documentation française, 2010), L’âge d’or des déficits, 40 ans de politique budgétaire française (Documentation française, 2013). et récemment Le Logement en France (Economica, 2017). Il tient un blog sur pfgouiffes.net.
 

Vous pouvez également suivre Pierre-François Gouiffès sur Twitter

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Atlantico : Quelle vision peut-on avoir sur le mois de juin et quel bilan peut-on faire de l’évolution du chômage sur la première moitié de l’année 2016 ?

Pierre-François Gouiffès : Les chiffres du mois de juin indiquent des données faibles en valeur absolue - 5 500 DEFM (demandeurs d'emplois en fin de mois) catégorie A (aucune activité) et 7 500 DEFM ABC (aucune activité ou activité réduite) pour la France entière, soit +0,1 % dans les deux cas. Ces chiffres indiquent néanmoins une orientation à la hausse du chômage pour le second mois consécutif. Cela constitue indiscutablement une surprise et même une déception,même si elle est d’ampleur limitée comme les chiffres eux-mêmes.

La mise à disposition de ces données à fin juin permet également de faire le bilan sur le premier semestre 2016 : depuis décembre 2015 il y a respectivement une baisse de 59 4000 DEFM A (-1,5 %) et 48 300 DEFM ABC (-0,8 %). Il s’agit d’une baisse réelle mais objectivement modeste à date puisque l’on reste encore très proche des plus hauts historiques des DEFM en France : 3,781 millions de DEFM A en juin (seulement 71 200 en moins par rapport au record de 3,852 millions de février 2016 soit -1,8 %) et 5,734 DEFM ABC (seulement 48 300 en moins par rapport au pic de 5,478 de décembre 2015). La tendance est tout sauf claire puisque sut les six premiers mois de l’année : d’un côté il y a eu autant de mois de hausse que de baisse, de l’autre il s’agit statistiquement du meilleur semestre depuis 2007.

Ces résultats limités dans leur ampleur et à l’orientation légèrement favorable renforcent le crédit des prévisions de l’Unedic datant de février 2016, qui misaient sur une baisse très limitée du chômage au cours de l’année 2016 : l’Unedic prévoyait ainsi un taux de chômage au sens du BIT à 10,1 % fin 2016 contre 10,2 % à la fin du 3ème trimestre 2015.

Quelle est l'évolution du chômage des jeunes et des seniors ?

La tendance n’est pas du tout bonne en juin pour les jeunes (5 300 DEFM ABC dont 4 000 DEFM A) mais c’est toujours la catégorie d’âge qui connaît la meilleure tendance sur le semestre avec une baisse plus du double de la moyenne nationale (-2,1 %). Il n’en demeure pas moins que le chômage des 15-24 ans demeure une plaie durable pour le pays avec un taux de chômage au sens du BIT à 24 % tout simplement deux fois et demi au taux de chômage moyen.

On constate également la poursuite de l’autre tragédie nationale du chômage des plus de cinquante ans qui augmente encore en juin (+3 600 DEFM A). En huit ans, le nombre des DEFM ABC des plus de cinquante ans n’a baissé qu’un mois (avril 2016) : il est globalement stabilisé depuis fin 2015 mais a été multiplié par 2,5 depuis mi 2008 tout en augmentant encore de 50 %après avril 2012 pour tutoyer les 1,3 millions de personnes (ABC) ou 0,9 millions (A : aucune activité). Ces chiffres terribles viennent percuter la tendance souhaitable à l’augmentation de travailler plus tard en lien avec l’équilibre des régimes sociaux.

Quel est l'impact de la mise en œuvre du plan de formation ?

La mise en place en début d’année 2006 du plan gouvernemental « 500 000 formations pour les demandeurs d’emplois » et ses conséquences politiques et électorales pour l’exécutif amènent à porter le regard avec attention sur deux catégories statistiques des données mensuelles des demandeurs d’emplois.

D'abord les sorties de catégories ABC pour entrées en stage : en juin ces sorties s’élèvent à 75 500 personnes (record historique), sachant en outre qu’il y a eu sur le premier semestre 333 000 sorties pour entrées en stage (contre 265 000 au premier semestre 2015 soit +25 %). Ensuite la catégorie D (inscrits à Pôle Emploi en formation, beaucoup moins regardée que les catégories ABC des « chômeurs »). Ici également on est à un record avec 315 000 inscrits, en hausse de 11 % depuis fin 2015.

Donc le plan de formation produit ses effets mais ne parvient pas en tout cas à ce stade à renverser puissamment la tendance d’évolution globale du chômage.

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