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Jean-Yves Grandidier, PDG de l’entreprise Valorem, spécialisée dans les énergies renouvelables, était candidat aux élections européennes sur la liste de Yannick Jadot.
Jean-Yves Grandidier, PDG de l’entreprise Valorem, spécialisée dans les énergies renouvelables, était candidat aux élections européennes sur la liste de Yannick Jadot.
©JEFF PACHOUD / AFP

Vous avez dit conflit d'intérêt ?

Ces étranges liens économiques entre écologistes et industriels des énergies renouvelables

Jean-Yves Grandidier, PDG de l’entreprise Valorem, spécialisée dans les énergies renouvelables, était candidat aux élections européennes sur la liste de Yannick Jadot.

Drieu Godefridi

Drieu Godefridi est juriste (facultés Saint-Louis-Université de Louvain), philosophe (facultés Saint-Louis-Université de Louvain) et docteur en théorie du droit (Paris IV-Sorbonne).

 
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Fabien  Bouglé

Fabien Bouglé

Fabien Bouglé est un expert sur les questions énergétiques. Il est l'auteur de "Nucléaire : les vérités cachées" (2021) et "Eoliennes : la face noire de la transition écologique" (2019), publiés aux éditions du Rocher.

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Atlantico : Jean-Yves Grandidier, PDG de l’entreprise Valorem, spécialisée dans les énergies renouvelables, était candidat aux élections européennes sur la liste de Yannick Jadot. Ces liens entre écologistes et industriels des énergies renouvelables sont-ils fréquents ?  

Drieu Godefridi : Sans l’écologisme, comme idéologie politique, l’industrie du renouvelable-intermittent n’existe pas. L’industrie du renouvelable-intermittent est un mécanisme de captation de l’argent des contribuables par la menace coercitive de l’État. N’était la contrainte administrative, personne n’accepterait de payer le renouvelable-intermittent à son prix réel, qui comprend par nécessité d’autres sources d’énergie, étant le caractère intermittent du solaire et de l’éolien. La vérité du sujet réside entièrement dans l’insurmontable intermittence du vent et du soleil. Mille milliards ont été investis, en Europe, depuis 2001, dans le renouvelable-intermittent, qui ne produit encore et toujours que 3% de la consommation réelle (énergie primaire). Ce qui est dérisoire. La transition énergétique, vers le renouvelable-intermittent à 100%, est un mensonge. Cela n’arrivera pas, cela n’arrivera jamais, cela n’arrivera nulle part. Nous devons nous concentrer sur les résultats. L’Allemagne, en pointe sur ces sujets, pollue massivement le ciel européen en brûlant son charbon (lignite) et émet quatre fois plus de CO2 que la France. Le seul résultat concret, réel, de l’Energiewende — transition énergétique allemande — aura été la destruction du nucléaire civil allemand. C’était d’ailleurs l’objectif réel des écologistes allemands depuis les années 1970. Ce faisant, l’Europe s’est livrée et se livrera à des régimes sordides tels que la Russie, le Qatar et la Chine.

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Fabien Bouglé : Les liens entre la filière éolienne et les partis écologistes sont presque historiques en France. Le cas de Jean-Yves Grandidier est emblématique parce qu’il est l’un des premiers exploitants éoliens français indépendants, militant au sein d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Il a joué un rôle important dans la promotion de l’éolien en France. En parallèle, il a été l’un des créateurs du syndicat France Energie Eolienne (FEE). Aujourd’hui, son entreprise Valorem est présente dans le lobby industriel allemand, l’Office franco-allemand pour la transition énergétique (OFATE), dont les locaux sont au ministère de l’Ecologie.

Dans quelle mesure faut-il voir une forme de collusion ou de conflits d’intérêts dans ces liens ?   

Drieu Godefridi : Il ne s’agit plus de conflits d’intérêts, car ils sont assumés, mais de consubstantialité. L’industrie du renouvelable-intermittent est une industrie d’État qui ne dit pas son nom. Plus exactement, une industrie dont les profits sont privés, mais dont la clientèle, captive, n’existe que par la contrainte de l’État. Que cesse la menace étatique, et l’industrie du renouvelable-intermittent cesse aussitôt d’exister. 

Fabien Bouglé : Dans mes livres, j’évoque les liens ténus entre les anti-nucléaire et les pro-éoliennes. Toutes les associations anti-nucléaire font la promotion du renouvelable, à l’image de Greenpeace, WWF ou NegaWatt. On a également fait état de liaisons financières entre la filière éolienne et gazière et les ONG. WWF avait touché de l’argent de Gazprom, tandis que NegaWatt est financée en partie par l’entreprise Valorem.

La position anti-nucléaire des écologistes doit-elle être regardée à la lumière de ces rapports entretenus avec le milieu des énergies renouvelables ? Et les objectifs fixés par les écologistes en matière énergétique au sens plus large ?

Drieu Godefridi : Haine du nucléaire et intérêts du renouvelable-intermittent s’inscrivent dans une causalité circulaire. À l’origine était la haine écologiste du nucléaire, qui a mené les écologistes à cautionner le renouvelable-intermittent, qui à son tour milite en faveur de l’idéologie écologiste, lequel conditionne l’existence même du renouvelable-intermittent, etc. La causalité est bien circulaire et le complexe écologico-industriel atteint désormais des proportions cyclopéennes, qui menacent directement les fondements de la société européenne. Les objectifs fixés par les écologistes en matière énergétique le sont généralement au niveau de l’Union européenne, qui présente l’avantage (pour eux) d’œuvrer loin de la sanction démocratique des électeurs. Ces objectifs, de plus en plus extrêmes, sont purement politiques — on songe aux objectifs du Plan quinquénnal cher aux communistes soviétiques — et ne tiennent aucun compte des réalités économiques, géopolitiques, humaines. Les écologistes échoueront, dans un grand carnage de l’industrie et de la prospérité des Européens.

Fabien Bouglé : Dans les années 1970 et 1980, les ONG anti-nucléaire et antimilitaire, qui ont pu être sincères à un moment, se sont progressivement politisées, avec successivement un entrisme au sein du parti Les Verts, d'Europe Ecologie puis d'Europe Ecologie-Les Verts (EELV).

Notons que Yannick Jadot a été responsable des opérations spéciales de Greenpeace, puis patron d’EELV. Il a d’ailleurs été condamné pour atteinte aux intérêts supérieurs de l’Etat dans les années 2000 après avoir tenté de pénétrer dans la zone militaire interdite de l'île Longue dans le but d’inspecter les têtes nucléaires. Du côté des ONG, le ver était progressivement dans le fruit. Ces associations ont fait de l’éolien leur fonds de commerce.

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