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Ces 9 choses à savoir pour se défendre face à une attaque au couteau
©Pixabay

Auto-défense

Ces 9 choses à savoir pour se défendre face à une attaque au couteau

L'actualité des derniers jours montre que partout en France, les attaques au couteau se multiplient. Eric Thirot, fondateur du Budo Système Défense et Major de Police nous explique comment réagir en cas d'agression

Eric Thirot

Eric Thirot

Eric Thirot est Major de Police et fondateur du Budo Système Défense

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Atlantico : Tout d'abord, quelles sont les choses à ne pas faire et à faire lorsque l'on est menacé par un couteau dans la rue ? 

Eric Thirot : Avant tout autre chose, il faut prendre en considération le caractère de victimisation lors d'une agression qui plus est lors d'une exhibition d'arme blanche. Tout ce qui n'est pas perceptible ou inconnu paraît dangereux.

Il faut distinguer 2 types de menaces ou d'agressions; celui qui attaque avec nervosité et celui qui va le faire de manière stratégique.

Le nerveux sera celui qui n'aura pas obtenu ce qui désirait par la parole ou par les menaces. Il sera désordonné avec des gestes non contrôlés (mouvements de bras plus nombreux).

Le stratégique sera plus subtil et essaiera d'occuper l'environnement pour avoir une emprise sur vous et vous enfermer dans son piège (aucune fuite , terrain dominant).

Il conviendra donc de ne pas se laisser distraire, de ne pas être plus victime que l'on est; c'est à dire faire attention à votre posture, votre attitude . Ne laissez rien transpirer visuellement, cachez vos émotions, opposez une certaine résistance.

Que faire ?

- Bouger, chercher un soutien, vérifier les alentours, repérer la position de votre agresseur, son signalement, autant d'items qui vous permettrons d'adopter une réponse voire une riposte cohérente.

- Ne pas provoquer

- Trouver une sortie

- Le sens des mots aura une importance sur l'issue du conflit pour détecter ce que l'agresseur envisage de faire , on appelle cela l'écoute active.

- Éviter la tétanisation qui vous empêchera de produire une réponse physique ou verbale.

- Rester debout

- Feindre d'attraper un objet dans sa poche en un instant donné, détourner l'attention de l'agresseur pour permettre une esquive et ainsi prendre la fuite

- Adapter sa respiration pour ne pas être en apnée et être figé face à l'agresseur. Je conseille: inspirer 3 sec , retenir 3 sec et expirer 5 sec puis revenir à une respiration normale

L'instinct de survie doit-il être plus important que l'auto-défense ?

Le sentiment d'insécurité engendre forcément l'instinct de survie. Pour cela le mental prend toute sa place, vous aurez des personnes qui pratiquent des sports de combat ou des arts martiaux qui seront lors d'une agression inhibées et à l'inverse vous aurez une mère de famille qui va se transcender si elle se retrouve avec ses enfants victime d'une agression. (l'habit ne fait pas le moine).

Par contre, adopter des éléments issues de l'auto défense permettraient de diminuer le risque de devenir victime. Je m'explique, l'entrainement et l'aguerrissement aux techniques de défense, notamment la défense urbaine, suffisent à se sentir plus confiant, il s'agit du savoir faire et du savoir être. "mieux se connaître pour mieux se défendre".

Si l’on est obligé de réagir, comment faire ? Quel comportement adopter ?

Tout d'abord il faut avoir un comportement et une attitude positive "pour réduire les chances d'être une victime il ne faut donc pas avoir l'air d'une victime".

Les personnes vulnérables sont souvent la proie d'un agresseur .

Cela commence par le dialogue, établir une stratégie qui vous permettra d'apaiser une situation surtout avec une personne énervée, il faut savoir écouter, poser des questions et faire un retour en exprimant son point de vue.

La soumission active permet déjà de préserver votre intégrité physique mais elle permettra le recueil d'informations importantes à fournir aux forces de l'ordre.

Faire face physiquement ?

Oui mais en étant de conscience qu'à n'importe quel moment nous pouvons perdre la vie.

La notion juridique prend également prend tout son sens en l'état de l'article 122-5 du CP qui stipule que par rapport à une atteinte qui se veut actuelle, réelle et injustifiée nous devons nous défendre face à une situation qui se veut être nécessaire simultanée et proportionnée.

Je m'explique : sur une menace au couteau se défendre en employant vous mêmes un couteau ou une autre arme peut se retourner contre vous surtout si vous devenez à votre tour agresseur.

Par conséquent si l'affrontement physique doit avoir lieu , préconiser des frappes anesthésiantes en prenant en compte que ce qui est dangereux s'avère être la main armée.

Penser à vous désaxer pour agir sur le côté et ainsi réduire le champ d'action de votre agresseur. Ensuite frapper en direction de la carotide, de la gorge ou de la base du nez.

Il est utile également de déstabiliser les appuis de l'agresseur en "shootant sur les membres inférieurs".

Si vous le pouvez saisissez vous d'objets usuels (chaise, sac ou même veste).

Que faire en cas de blessure ? 

Connaitre les bases du secourisme est indispensable pour assurer sa propre sécurité et celle d'autrui.

Sur une plaie, sans objet à l'intérieur, effectuer une pression avec la paume de sa main ou à l'aide d'un tissu, il s'agit d'une compression manuelle directe.

Si vous avez une hémorragie non contrôlable, il faudra poser un garrot à la racine du membre.

Ensuite il faudra solliciter une assistance d'une tierce personne.

Alerter les secours à savoir le 15 SAMU, le 17 Police et le 18 pompiers.

Doit-on avoir peur de tous les types de couteaux ? Devons-nous réagir de la même manière ? 

Toute arme doit être perçue comme dangereuse surtout un couteau.

Je dirais que l'arme en soit n'est pas dangereuse, il faut savoir par qui elle est tenue.

Une personne qui a l'habitude de s'exercer au couteau sera avec precision où toucher pour nuire efficacement avec des gestes précis et directs.

A l'inverse d'une personne lambda qui fera des mouvements désordonnés.

L'idée du" plus la lame est petite moins je risque d'être piqué" est totalement révolue.

Pour exemple, les couteaux de types philippins dont la lame est petite et incurvée, sont particulièrement dangereux, ils permettent de couper mais de rentrer plus facilement dans les organes.

Donc OUI méfiance face à un couteau.

Une distance avec son agresseur doit-elle être mise en place ? 

La notion de distance est primordiale car elle va permettre d'adapter votre riposte. Une distance de 4 à 7 mètres ne suffira pas pour réagir face à une sortie d'arme d'autant plus que si vous n'avez pas vu le couteau.

Il est préconisé de sortir et de se désaxer du côté de la main cachée, la distance sera plus longue pour vous atteindre.

L'évasion est-elle à privilégier ?

L'évasion pour ma part est nécessaire pour stopper une action qui pourrait rapidement dégénéré et devenir incontrôlable.

MAIS, il faut savoir fuir efficacement, cela demande une capacité physique, il faut donc s'exercer à la course et au sprint.

Apprendre à tirer parti du terrain et de son environnement; l'évasion peut être constructive, courir tout en criant pour alerter.   

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