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Les campagnes à mener en priorité sont celles à l’école pour sensibiliser les jeunes filles ainsi que la médiatisation d’octobre rose particulièrement.
Les campagnes à mener en priorité sont celles à l’école pour sensibiliser les jeunes filles ainsi que la médiatisation d’octobre rose particulièrement.
©LIONEL BONAVENTURE / AFP

"Connais ton ennemi"

Cancer du sein : tout ce qu’il faut savoir sur le dépistage

La plupart des femmes qui se font dépister un cancer du sein le font encore trop tard. Pourtant, les scientifiques sont formels : il ne faut pas attendre de ressentir une grosseur pour procéder aux tests.

Didier Bourgeois

Didier Bourgeois

Didier Bourgeois est oncologue à la clinique Hartmann (Hauts-de-Seine), il est médecin spécialiste du cancer du sein.

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Atlantico : D'après les chercheurs de l'université de Londres, les femmes doivent faire particulièrement attention aux symptômes du cancer du sein autre que les grosseurs. Quels sont les autres signes avant-coureur de la maladie ? Saignements ? Infections de l'aisselle ? Changements du mamelon ?

Didier Bourgeois : Avant de se palper ou de s'examiner, un sein se regarde. Rupture du galbe, ride cutanée, modification de la forme... les signes sont multiples. Il faut aussi regarder le sein de façon dynamique, c'est à dire en mobilisant les bras : cela permet de voir plus facilement l’apparition d’une ride ou d’une adhérence cutanée.

L'écoulement sanglant par le mamelon, même si cela ne se produit qu’une seule fois, ou la modification de la plaque aréolo-mamelonnaire (aspect eczématiforme) peuvent laisser présager une maladie de Paget. La rétraction récente du mamelon ou toute modification inhabituelle comme la découverte d’une adénomégalie axillaire (augmentation récente de taille d’un ganglion sous le bras) sont des signes avant coureurs. La plupart du temps, il n’y a pas de douleurs. 

Selon-vous pourquoi les femmes ont tendance à ne pas aller consulter de spécialistes lorsque ces symptômes parfois inattendus surviennent ? Lesquels devons-nous particulièrement prendre au sérieux ?

La prise de rendez-vous chez chez le médecin traitant ou le gynécologue prend souvent du temps. Par ailleurs le délai d'attente s'il est conséquent retarde la consultation. Les patientes ont tendance à retarder ces consultations à cause d'une peur du diagnostic et donc du cancer. Le refus de la maladie est souvent lié à la peur des traitements et de leurs effets secondaires. 

Cependant, tous les signes ou symptômes doivent conduire à un avis spécialisé et à une consultation médicale : quand on y pense, il faut vérifier !

Trop souvent, les femmes reculent leurs visites chez le médecin même lorsqu’elles ressentent des grosseurs à la poitrine. Pouvons-nous différencier une simple grosseur d’une tumeur ? Comment réagir face à ce type de symptôme ?

Une tumeur ne présage pas de la bénignité ou de la malignité. Nodule, boule ou tumeur c’est la même chose. Dans l'inconscient collectif une tumeur est synonyme de mort.  Dans les faits, une grosseur dans un sein peut être un kyste (lésion liquidienne) ou une lésion solide, ce qui ne présage pas de la malignité. Il existe des tumeurs solides bénignes (fibroadénome) et des kystes cancéreux nécessitants un examen clinique spécialisé et un examen radiologique (mammographie et ou échographie mammaire).

Il faut toujours demander conseil à un spécialiste pour ne pas méconnaître un cancer du sein, ne pas négliger la surveillance systématique et le dépistage. Il y a des cancers sans signes cliniques parce que très petits, parce que très profonds dans un sein volumineux ou dense, comme il peut y avoir des microcalcifications non palpables.

Actuellement la prévention des symptômes du cancer du sein est-elle suffisante ? Les femmes ne se rendent pas toujours compte de l’importance de ces symptômes. Quelles sont selon vous les campagnes à mener en priorité sur ce thème ?

Un examen clinique des seins (palpation) par un professionnel de santé est recommandé tous les ans dès l’âge de 25 ans. Le dépistage organisé en France consiste en une mammographie tous les 2 ans entre 50 et 74 ans.

Dans le cas de facteurs de risque particulier (mutation, risques familiaux), nous proposons une surveillance sur mesure plus précoce.

Les campagnes à mener en priorité sont celles à l’école pour sensibiliser les jeunes filles ainsi que la médiatisation d’octobre rose particulièrement.

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