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Malgré un début d'été très pluvieux, les ventes sont reparties dès les premiers signes durables de beau temps.
Malgré un début d'été très pluvieux, les ventes sont reparties dès les premiers signes durables de beau temps.
©Reuters

Positive attitude

Bilan de la saison touristique : quelques rayons de soleil malgré la crise et la météo

Alors que la fin de l'été approche, les professionnels du tourisme font déjà le bilan de la saison. Avec des chiffres moins pessimistes que prévu.

Richard  Soubielle

Richard Soubielle

Richard Soubielle est Président de la Commission Etudes et Statistiques du Syndicat National des Agences de Voyage et directeur général de Travelplan.

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Atlantico : Quel est le bilan de la saison touristique à ce jour ?

Richard Soubielle : On ne peut pas dire que l’année 2012 soit un grand cru. Les agences de voyages sont sorties de l’hiver avec un déficit contracté entre les vols moyen et long-courrier.

Les long-courriers avaient bien fonctionné jusqu’en mai, avec ensuite une baisse, naturelle pour ces destinations, qui sont climatiquement inversées.

Quant aux moyen-courriers, nous attendions beaucoup du printemps et de l’été, mais force est de reconnaître que pour des raisons climatologiques, politiques et de crise, il était difficile d’égaler les résultats de l’année passée.

Ceci dit, nous enregistrons à la fin juillet + 3% de réservations du mois en chiffres d’affaires par rapport à l’année précédente. Il y a eu beaucoup d’attentisme au mois de mai-juin pour les réservations de l’été, avec des départs en retrait par rapport à l’an passé en juillet, mais à partir de la mi-juillet une importante recrudescence des réservations pour le mois d’août.

Cette tendance positive émerge donc à la toute dernière minute, caren France, les conditions climatiques du mois de juillet n’ont pas incité pas à penser aux vacances. Pour ce qui est des vacances à l’étranger, cet attentisme peut s’expliquer par la crise : le public a peut-être attendu des promotions qui sont venues très tardivement.De manière générale, les budgets vacances/famille ont été revus à la baisse. Les professionnels ont d’ailleurs répondu à cette demande en ajustant leurs offres, avec des promotions ciblées pour les familles aux mois de juillet et août, sachant que ce sont en général des couples de 2 ou 3 enfants qui se déplacent à cette période.

Les professionnels du tourisme s’estiment-ils satisfaits ?

Il faut toujours voir le bon côté des choses. Au final, par rapport à ce à quoi on s’attendait, du fait de la crise, on peut effectivement voir les choses de manière positive.

Malgré tout, un certain nombre de destinations restent touchées par le contexte politique, principalement l’Egypte et plus généralementle Proche-Orient. La Tunisie, au contraire, est en nette reprise par rapport à l’année dernière. Elle avait connu une très forte chute du fait des événements du printemps arabe.  Même si nous ne somment pas revenus aux résultats d’il y a quelques années et qu’il ne s’agit pas d’une année record pour la Tunisie – loin s’en faut -, le marché reprend chaque mois davantage.

Qu’en est-il de ces pays européens touchés par la crise, comme la Grèce ou l’Espagne ?

L’Espagne a bénéficié, au cours des derniers 18 mois, d’un report massif dû au contexte géopolitique du printemps arabe, ce qui expliquait une très bonne performance l’année dernière, jusqu’à la fin du printemps sur l’archipel des Canaries. A noter que depuis le mois de mai, une légère baisse se fait sentir et s’accentue, les destinations d’Espagne continentale correspondant à un marché qui a plus de difficultés économiques à accéder aux vacances. L’Espagne s’inscrit dans une tarification européenne, qui est en concurrence avec des destinations moins onéreuses comme la Tunisie.

Pour ce qui est de la Grèce, il me semble que nos concitoyens se sont posés de vraies questions quant à sa situation politique. Le gouvernement grec a pris des initiatives en termes de promotion et de publicité et nous assistons à une forte reprise des ventes sur la destination depuis le mois de juillet, notamment vers l’île de Crète, qui permet une récupération des retards enregistrés de mai à juin.

Et pour la France ?

On peut contraster ce constat avec la France continentale, qui a connu des difficultés liées principalement au climat. Dès les premiers signes durables de beau temps, les ventes sont reparties. Le mois d’août, contrairement au mois de juillet qui a souffert en termes de fréquentations, sera donc satisfaisant.

Mécaniquement, lorsque les Français voyagent moins à l’étranger, ils voyagent en France. Nous savions déjà qu’ils se déplaçaient moins à l’étranger, il est donc à prévoir que nous les retrouverons à la fin de la saison dans les statistiques en France. Le petit bémol étant ce mauvais temps qui s’est installé sur la France entre la fin juin et la mi-juillet et qui certainement contribué à différer des décisions, ou à bouder certaines destinations balnéaires, au profit peut-être de la campagne et de la montagne. Mais les statistiques ne sont pas encore établies.

En ce qui concerne les long-courriers, on note une difficulté sur les vols France – outre mer, à l’exception des Antilles françaises. La Réunion, la Polynésie ont  marqué le pas cet été. En revanche, on constate une bonne tenue des Etats-Unis, et ce malgré un taux de change Euro/Dollar défavorable.

Pourquoi cet engouement pour les Etats-Unis ?

Les Etats-Unis ont toujours été, pendant l’été, une destination attractive pour nos citoyens. On y va en tribu, c’est un pays facile d’accès, globalement sécurisé et dont le côté « shopping famille » intéresse. Cela peut être une façon, notamment lorsqu’on a des jeunes enfants ou pour les adolescents, de refaire sa garde-robe. Quant à l’Asie, elle se maintient, contre d’autres destinations qui marquent le pas, comme l’Ile Maurice, du fait du climat.

D’ailleurs, les Américains sont eux-aussi beaucoup venus en France. Mais ce mouvement est naturel vu le cours des devises.

Peut-on dresser un bilan pour les régions françaises ?

Je ne saurais le dire. En revanche, il apparaît que la Corse se démarque tout particulièrement. Si les réservations bougent peu par rapport à l’année dernière, la Corse est en-dessous des résultats passés pour le marché français pour ce qui est des départs, peut-être du fait d’un effet prix.

De nouvelles pratiques ou modes ont-elles vu le jour cet été ?

Il me semble qu’il n’y a pas eu de nouveautés d’une grande créativité cette année. On sait que la formule camping a continué à très bien fonctionner et s’impose de plus en plus dans l’hexagone depuis quelques années. C’est à la fois la redécouverte d’une formule agréable, puisque le camping a beaucoup évolué, avec par exemple les villages de mobile-homes et les nouvelles installations modernes ; et d’un environnement naturel, ce qui correspond à la tendance. Le camping permet également de pratiquer des activités très diversifiées, aux côtés de pas mal d’étrangers qui viennent également faire du camping pour fréquenter nos côtes.

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