Bernard Cazeneuve a bien diagnostiqué les causes de la mort de la gauche : mais il a oublié de dire qu’il y était pour quelque chose | Atlantico.fr
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L'ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, participe à une cérémonie en 2021 devant le bar Le Carillon pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.
L'ancien ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, participe à une cérémonie en 2021 devant le bar Le Carillon pour rendre hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.
©THOMAS SAMSON / PISCINE / AFP

Autopsie incomplète

Bernard Cazeneuve a bien diagnostiqué les causes de la mort de la gauche : mais il a oublié de dire qu’il y était pour quelque chose

Faut pas trop lui demander.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Du haut du livre qu’il vient de publier, Cazeneuve contemple avec mépris et condescendance, les chamailleries d’Anne Hidalgo, de Yannick Jadot, de Jean-Luc Mélenchon et de Christiane Taubira. Il voit juste. Et il a disséqué le cadavre dont les personnes précitées se disputent les misérables lambeaux. 

Son diagnostic est sans appel et lucide : la gauche, dit-il, est morte d’avoir revêtu les habits du wokisme, de l’indigénisme et de sa posture anti-raciste déclamatoire. C’est un jugement que la droite a fait sien depuis longtemps. Il était bon que quelqu’un de gauche s’y attelle. 

Mais la mémoire de Bernard Cazeneuve est un peu courte. Il a oublié qu’il fut ministre de l’Intérieur sous Hollande. Et il a également oublié ce qui se passa sous Hollande.

En 2011, soit un an avant l’élection qui vit la défaite de Nicolas Sarkozy, Terra Nova publia un rapport célèbre. Ce think-thank de gauche appelait à se détourner du peuple, jugé ringard et vu comme une quantité électoralement négligeable. L’urgence était donc de se tourner vers les bobos et la jeunesse immigrée. 

Hollande en fit sa Bible et le peuple écoeuré d’avoir été ainsi abandonné, alla voter ailleurs. Hollande et Cazeneuve persévérèrent dans cette voie qui était une impasse suicidaire. C’est pendant ce quinquennat que fut proclamée la loi sur le mariage pour tous. Le peuple n’avait rien contre le bonheur des gays. Mais il se demanda, perplexe, s’il n’y avait pas plus urgent à faire.  

Sa réaction fut identique quand la garde des Sceaux de l’époque, Christiane Taubira, déclara que l’esclavage était un crime contre l’humanité. Les petites gens, les gueux, les pauvres, avaient d'autres soucis que de se flageller pour quelque chose qui s’était passé il y a des siècles. 

Ils voulaient être reconnus, traités avec respect et dignité : au lieu de cela, on leur disait qu’ils étaient coupables. De là leur ressentiment et leur rage : la gauche les avait trahis et méprisés. Hollande et Cazeneuve enfoncèrent encore quelques clous dans le cercueil. 

Ainsi, on vit Hollande se prosterner devant une jeune Bosniaque du nom de Léonarda. Puis, il se rendit au chevet de Théo, un voyou blessé par la police. La préférence immigrée de la gauche reçut alors son acte de baptême. Le peuple comprit qu’il devait aller voir ailleurs. Mais ça, ce sera sans doute pour un autre livre de Bernard Cazeneuve… 

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