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Quand les banques sont à la diète, c'est le consommateur qui trinque
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EDITORIAL

Quand les banques sont à la diète, c'est le consommateur qui trinque

Les banques françaises sont désormais limitées par de nombreuses réglementations imposées par les régulateurs internationaux. Des mesures qui risquent de limiter l'accès au crédit, et affecter ainsi la consommation.

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Changement de cap historique pour les banques françaises. Finie la liberté qui les avait conduit à une politique expansionniste en prenant des risques excessifs sur les marchés. Elles vont se trouver corsetées par un arsenal de réglementations que les régulateurs internationaux avaient prévu pour la fin de la décennie, mais qui vont entrer en vigueur de façon progressive beaucoup plus tôt.

Ces contraintes interviennent au plus mauvais moment, puisque la crise, qui s’aggrave, entraîne une méfiance généralisée qui conduit les banques à renoncer à une pratique essentielle de leur métier : elles ne se prêtent plus entre elles. Les liquidités sont pourtant abondantes dans le monde, mais elles s’évaporent dès leur apparition car personne ne veut les mettre au service du voisin. Les entreprises les conservent jalousement, les établissements financiers qui en disposent préfèrent les placer en dépôt à la banque centrale européenne. Bref, c’est le fondement même de l’activité bancaire qui est mis en question.

Les Etats du Vieux Continent éprouvent des difficultés croissantes à financer leur dette souveraine. Les tensions s’accroissent entre les pays malgré la monnaie unique. La France est déjà obligée de payer un taux d’intérêt deux fois supérieur à celui de l’Allemagne, même s’il est encore inférieur de moitié à celui dont s'acquittent l’Espagne ou l’Italie. Partout, on va réduire la voilure pour renforcer les fonds propres et limiter la dépendance à l’international. Déjà, l’annonce de suppression d’effectifs est tombée comme un couperet dans de nombreux établissements, dont la cure d’amaigrissement est amorcée. Les bilans seront réduits de plusieurs dizaines de milliards d’euros.

Grâce à ces mesures draconiennes, les banques françaises feront face à la pénurie de liquidités disponibles en réduisant  de moitié leurs besoins de financement à moyen et long terme. Cela les conduira aussi à prêter moins d’argent.  Avec une conséquence immédiate pour  les emprunteurs : le crédit deviendra plus rare et plus cher. Les grands groupes industriels seront sans doute peu affectés dans la mesure où ils ont assaini leurs bilans, constitué des réserves et où leurs besoins seront pris en compte en priorité. Il n’en ira pas de même pour les petites et moyennes entreprises, dont la trésorerie est déjà en train de souffrir et qui ne trouveront plus de crédits à bon compte.

L’impact risque d’être encore plus sévère dans le secteur immobilier, où la suppression de certains avantages fiscaux va déjà peser lourdement sur la construction neuve au moment où les conditions de prêt se durcissent. Les banques demandent à leurs clients un apport personnel en sensible augmentation qui suffit à écarter certains candidats à la propriété, tandis que depuis plusieurs mois, on observe un renchérissement du coût du crédit qui va sans doute connaître un coup d’accélérateur. Mais ce qui est particulièrement visible pour le logement se généralisera à l’ensemble des actes d’achat avec une conséquence  prévisible : un coup de frein à la consommation.

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