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Attaques au couteau : la justice française dépassée par les délinquants multirécidivistes
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Jour d'après

Attaques au couteau : la justice française dépassée par les délinquants multirécidivistes

Armé d'un couteau, un homme a menacé des enfants sur le quai de la gare ferroviaire d'Ermont-Eaubonne. Il aurait brandi son arme et affirmé qu'il allait s'en prendre à eux si on ne le tuait pas. L'homme multirécidiviste était pourtant passé par la justice un bon nombre de fois... sans que rien n'ai été fait.

Pierre-Marie Sève

Pierre-Marie Sève

Pierre-Marie Sève est délégué général de l'Institut pour la Justice. 

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Atlantico : Un homme a été abattu à la gare d’Ermont-Eaubonne après avoir menacé des enfants avec un couteau. L’homme est étranger (haïtien) et déjà condamné à de multiples reprises. Pourquoi la justice est-elle incapable de protéger la société de ce type d’individu manifestement dangereux ? Quels sont les blocages ? Sont-ils techniques ou idéologiques ?

Pierre-Marie Sève : Il est en effet intolérable qu’un Etat ne protège pas ses citoyens de ce genre de personnalités dangereuses. Cet homme qui a menacé des passants avant de s’en prendre à des enfants avec un couteau, était d’abord multirécidiviste car connu pour une quinzaine de faits. Il était ensuite de nationalité haïtienne, ce qui rappelle que la France laisse entrer sur son territoire des personnes dangereuses. Et enfin, il était également en situation irrégulière depuis 2019, ce qui pose question quant aux expulsions de ces délinquants et criminels étrangers.

Pour ces trois raisons, on peut être en droit de penser que l’Etat français faillit dans son ensemble, tant dans la politique d’accueil que dans la Justice incapable d’enfermer pour de bon un homme passé quinze fois devant un juge, tant enfin que dans son administration, incapable d’expulser un délinquant dangereux en situation irrégulière depuis maintenant 2 années.

La Justice française ne protège pas la société contre ce genre d’individu pour plusieurs raisons. D’abord pour des raisons techniques : la France souffre d’abord d’une pénurie de places de prison depuis des dizaines d’années et les juges qui veulent protéger la société de ce genre d’individus ne le peuvent tout simplement pas.

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Mais pourquoi le « quoi qu’il en coûte » n’est-il pas déployé pour la Justice ?

Ensuite, d’un point de vue idéologique, encore beaucoup trop de juges français et de responsables politiques sont les propagateurs d’une idéologie laxiste. Des mythes tels que « la prison est l’école du crime » ou « la pauvreté est la seule responsable de la criminalité » ont la peau dure et continue à innerver les différentes réformes du droit pénal et même sa pratique.

Enfin, mêlant technique et idéologie, le droit pénal français a été pris en otage par des juges qui font de la politique. La Cour européenne des droits de l’Homme ou le conseil constitutionnel, pour ne citer qu’eux, détricotent en permanence la tradition française et ce toujours dans le sens d’une idéologie des Droits de l’Homme devenue véritable objet de foi. Ces obstacles idéologiques se sont donc bien transformés en obstacles techniques et abattre une cour néfaste ne sera pas suffisant tant il en reste d’autres.

Les quartiers difficiles sont des environnements propices à l’émergence de troubles mentaux chez des individus aux parcours de vie douloureux. L’état mental et/ou psychiatrique d’une partie de la population est-elle une bombe à retardement qu’on ne cherche même pas à désamorcer ?

Il est évident que les parcours de vie douloureux peuvent conduire à des actes antisociaux et violents. Encore une fois, l’Etat doit être pointé du doigt comme responsable car il ne fait pas son travail. La prise en charge psychiatrique en France est dans un état délétère et la tendance est très mauvaise.

Un seul chiffre est suffisamment parlant : en 1984, il y avait 114 000 lits d’hôpitaux psychiatriques en France. En 2014… il n’y en avait plus que 42 000. Et la tendance ne cesse d’être à la baisse.

Comment s’étonner ainsi de la prolifération de personnes avec des troubles psychiatriques dans notre société ?

Un autre point unanimement accepté et même dénoncé est celui de la prévalence des troubles psychotiques, tels que la schizophrénie, dans les populations immigrés par rapport aux populations des pays hôtes. Les explications sont plus floues, mais les études scientifiques sont formelles.

Ce qui ramène encore une fois au problème de la non-politique de l’immigration en France.

Quelles mesures permettraient qu’un tel événement ne se reproduise pas ?

Un tel évènement ne doit jamais se répéter car il est le signe d’une faillite généralisée de l’Etat dans la protection de ses citoyens.

Il faudrait d’abord une Justice enfin plus ferme. Les multirécidivistes doivent être dissuadés et durablement mis à l’écart de la société. La volonté de donner une énième chance aboutit systématiquement à des catastrophes où des personnes innocentes finissent pas être violentées, voire tuées, quand ce n’est pas, comme à Ermont-Eaubonne, les multirécidivistes eux-mêmes qui finissent par mourir.

Ensuite, la prise en charge psychiatrique, comme je l‘ai évoqué plus haut doit être revue : l’Etat doit cesser de rogner sur le secteur psychiatrique pour faire des économies. Si le nombre de lits d’hôpitaux baisse, le nombre de malades augmente probablement.

Enfin, comme toujours, il est temps de reprendre en main la politique d’immigration en France. Cette politique n’existe tout simplement pas depuis une quarantaine d’années et pour toute personne sensée, il est évident que le problème couve. L’immigration n’est pas contrôlée à l’entrée sur le territoire et n’est pas gérée une fois installée. Sans, par exemple, l’expulsion automatique des criminels et délinquants étrangers, ce sont tous les étrangers qui pâtissent d’une mauvaise réputation et ce sont autant d’obstacles à l’intégration.

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