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Les réalisateurs Daniel Costelle et Isabelle Clarke recréent les images de la Grande Guerre en couleurs et avec le son.
Les réalisateurs Daniel Costelle et Isabelle Clarke recréent les images de la Grande Guerre en couleurs et avec le son.
©Reuters

Renaissance en couleurs

Apocalypse, la Première Guerre mondiale : comment la couleur et le son font revivre la Grande Guerre

Après une première série de documentaires sur la Seconde Guerre mondiale, les réalisateurs Daniel Costelle et Isabelle Clarke recréent les images de la Grande Guerre en couleurs et avec le son.

Atlantico : La série "Apocalypse", consacrée à la Seconde Guerre mondiale, vue par plus de 300 millions de personnes à travers le monde, revient mardi 18 mars à 20h45 sur France 2. Cinq épisodes qui s'intéresseront, cette fois-ci, à la Première Guerre mondiale. En quoi cette série de documentaires est exceptionnelle ?

Daniel Costelle : Il s'agit des chiffres officiels, d'après nos calculs, en fait, nous ne sommes pas loin du milliard de personnes ayant vu les documentaires, depuis 5 ans, diffusés dans 165 pays. Je ne vois pas ce qu'il peut y avoir de plus exceptionnel ! C'est la série de documentaires la plus vue dans le monde entier. Elle a été réalisée avec des documents d'archives cinématographiques de films d'époque, entièrement remis en couleurs avec un son extraordinaire. Notre volonté est de montrer toutes les guerres du siècle, sous le nom méritant d'"Apocalypse" : La Première Guerre mondiale, Hitler, Staline, la Seconde Guerre mondiale et la Guerre froide.

Pourquoi avoir choisit de présenter les guerres mondiales sous cette forme ? En quoi la couleur et le son change la perception du téléspectateur ? Comment avez-vous obtenu ces films ?

Daniel Costelle : Je crois que la couleur est absolument essentielle parce qu'elle est un élément historique. La couleur c'est la vie, et je pense qu'elle est absolument indispensable pour raconter l'Histoire. Depuis 2009, avec la diffusion de la série sur la Seconde Guerre mondiale, plus de quarante films ont été mis en couleurs de cette manière. Au fond le noir et blanc, c'est comme de la poussière, nous voulons donner de la lumière à ces images. Il ne s'agit pas seulement de couleurs, mais aussi de restauration.

Nous avons récupéré des documents de différentes cinémathèques d'Etats, privées, ou encore militaires. Mais après le succès de la première série, nous avons eu accès à beaucoup de sources. Nous avions 500 heures d'images en tout, pour faire 5h de programmes, un travail qui nous a pris 2 ans et demi, supervisé par de nombreux historiens pour nous empêcher de faire la moindre erreur.

Isabelle Clarke : Aujourd'hui, les images en noir et blanc et muettes sont réservées aux chercheurs et restent dans les cinémathèques malheureusement. Le noir et blanc crée une sorte de distance. Maintenant, pour raconter l'histoire au plus grand nombre, il faut la rendre vivante. C'est que nous cherchons : raconter la vérité à travers ces images. Pour leurs insufflées une nouvelle vie, et pour transmettre : il faut du son et il faut de la couleur. Nous en avons besoin pour s'approprier notre histoire.

Ce qui nous intéresse ce sont les rushs, c'est-à-dire les images sorties de la pellicule de la caméra. Sur une séquence, on peut faire appel à deux ou trois fonds différents pour la monter. Nous n'avons pas récolté 500 heures de films, mais 500 heures d'images.

Quel impact a eu les premiers documentaires ? Ont-ils permis une certaine prise de conscience et qu'attendez-vous de celui-ci ?

Daniel Costelle : Nous ne sommes pas là pour dire que la guerre est affreuse, ce que nous voulons c'est d'abord faire des films qui soient de grands spectacles. S'il y a un message, il doit passer par le fait que les gens apprennent quelque chose et vivent une expérience historique. Je crois que le public est passionné d'histoire, et nous leur donnons là une histoire vivante et colorée. Nous ne sommes pas là dans un esprit moralisateur, mais bien sûr si certains comprennent que la guerre est une chose épouvantable, nous aurons attend notre but aussi.

Isabelle Clarke : 75 millions d'êtres humains ont été mobilisés dans cette guerre. Nous racontons cette guerre, avec un point de vue inconnu. Les Français ont plutôt l'impression qu'elle s'est déroulée au Nord de la France, et là nous racontons une guerre mondiale. Et nous avons choisis des citations personnelles pour rendre hommage à ces hommes morts sur le front. Ils n'avaient pas le choix, il fallait y aller. Je crois qu'il y a beaucoup de compassion dans ces films, grâce à des images amateurs d'époque que nous avons trouvées. Les gens vont découvrir une société et une mentalité d'époque. Je pense que nous ne pouvons pas figer la guerre de 14 dans une image, elle a constamment évolué, elle a duré quatre ans. Et, j'ai l'espoir que la culture et l'histoire soient l'antidote à une forme de violence.

Propos recueillis par Marie Deghetto

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