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Note d'analyse

A New York, dans le New Jersey et en Virginie, les Américains font payer au parti républicain son intransigeance

Trois scrutins ont eu lieu sur la côte est des Etats-Unis : l’élection municipale à New York City et les élections pour le poste de Gouverneur dans le New Jersey et en Virginie. L'Ifop en analyse les résultats en exclusivité pour atlantico.

Frédéric Micheau

Frédéric Micheau

Frédéric Micheau est directeur du département Opinion d'OpinionWay depuis juillet 2014

 

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Le 5 novembre 2013, trois scrutins ont eu lieu sur la côte est des Etats-Unis : l’élection municipale à New York City et les élections pour le poste de Gouverneur dans le New Jersey et en Virginie.

Les cas de New York et du New Jersey ont polarisé l'attention des observateurs politiques. Dans les deux cas, les candidats élus ont emporté la victoire avec des marges d’avance colossales rarement observées dans l’hexagone. Le démocrate Bill de Blasio a conquis la mairie de NYC avec un score de 73%, soit 49 points de plus que son adversaire Joe Lhota (24%). Dans le Garden State, le républicain Chris Christie a conservé le poste de Gouverneur qu'il occupe depuis 2009 en étant plébiscité par 60% des électeurs, soit un écart de 22 points avec son opposante, la démocrate Barbara Buono.

A ces deux plébiscites, qui se sont réalisés chacun au profit d’un camp politique différent, s’ajoute la victoire du démocrate Terry McAuliffe en Virginie, Etat du sud dont la longue tradition républicaine est remise en cause depuis quelques années.

Bien que renvoyant à des configurations locales spécifiques, ces trois scrutins apportent des éléments d'information sur l’état de l’électorat américain et sur la situation politique actuelle aux Etats-Unis, à mi-chemin entre deux échéances majeures : un an après la réélection de Barack Obama et douze mois avant les midterm elections.

I. L’élection municipale de New York City

A New York City, l’élection triomphale de Bill de Blasio vient clore deux décennies de gestion républicaine Face au maire sortant David Dinkins, qui l’avait battu de moins de 50 000 voix en 1989, Rudy Giuliani développe en 1993 une campagne électorale centrée sur l’aspect sécuritaire, en promettant la « tolérance zéro » dès le premier carreau brisé et le renforcement des moyens de la police municipale, NYPD. Il devient le premier maire républicain élu depuis John Lindsay en 1965. L’application de son programme est plébiscité par les New Yorkais, qui constatent et approuvent ses conséquences positives sur leur qualité de vie. Times Square devient l’emblème de cette transformation urbaine : sécurisé et rénové, l’ancien quartier des sex shops, peuplé de prostituées et de toxicomanes, accueille l’implantation d’une boutique Disney et s’affirme comme le coeur de l’attraction touristique.

Capitalisant sur ce bilan très concret, Rudy Giuliani est largement réélu (59%) en 1997 et devient le premier républicain à entamer un second mandat de maire de New York depuis Fiorello LaGuardia en 1941. Au climax de sa popularité pour sa gestion des attentats du 11 septembre 2001, Rudy Giuliani, surnommé « le Maire des Etats-Unis » par Oprah Winfrey et désigné « Person of the Year » par Time en 2001, ne peut briguer un troisième mandat, en raison de la loi électorale.

Son successeur, l’homme d’affaires milliardaire Michaël Bloomberg est un ancien démocrate, qui choisit l’étiquette du parti républicain pour éviter le processus des primaires. Elu en 2001 et 2005, il supervise la reconstruction du World Trade Center et applique une politique conservatrice en matière fiscale et économique, tout en donnant des gages à son électorat libéral : pro-choice, favorable au mariage homosexuel, opposé aux armes à feu, il met en oeuvre une politique respectueuse de l’environnement et d’amélioration de la qualité de vie (interdiction du tabagisme dans les lieux publics, mise en place d’un système calqué sur Velib…). Il impose une modification de la loi sur le nombre de mandats consécutifs, afin de pouvoir se présenter une troisième fois devant les électeurs... qui le réélisent en 2009.

Alors même qu’il avait accueilli la Convention républicaine de 2004 qui avait accordé l’investiture à George W. Bush, Michaël Bloomberg se déporte sensiblement vers la gauche, quitte le parti républicain en 2007 et soutient finalement la candidature de Barack Obama en 2012. Cette trajectoire personnelle est emblématique de l'incapacité des Républicains à capitaliser durablement sur les succès de Rudy Giuliani, pour acclimater la première ville du pays à un républicanisme bien tempéré. Avec l’élection de Bill de Blasio, la ville revient dans le giron du parti démocrate, ce qui signe la fin d’un cycle politique.

Dans ce cadre, le choix de Joe Lhota, ancien maire adjoint de Giuliani et président de la Metropolitan Transportation Authority (MTA), pour porter les couleurs du parti républicain lors de l’élection municipale de 2013 n’était sans doute pas le plus judicieux, tant le différentiel d’image entre les deux opposants est patent1 : 65% des personnes inscrites sur les listes électorales déclarent avoir une bonne opinion de Bill de Blasio, contre seulement 29% pour Joe Lhota. Le démocrate surpasse systématiquement son adversaire dans tous les indicateurs d’opinion. Il est perçu comme le meilleur candidat pour « améliorer les écoles publiques » (65% contre 18%), « s’occuper des finances de la ville » (45% contre 35%), « lutter contre la délinquance » (44% contre 35%) et « diriger la ville en cas de crise » (56% contre 30% »). Ce décalage est extrêmement stable tout au long de la campagne électorale : l’évolution des intentions de vote fait apparaître un écart entre les deux candidats toujours supérieur à plus de 35 points.

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Lors du scrutin, Bill De Blasio obtient un score majoritaire dans toutes les catégories de la population new-yorkaise, quels que soient le sexe, l’âge, l’ethnie, le niveau de diplôme, le niveau de revenus ou la religion de l’électeur. Joe Lotha est majoritaire auprès d’une seule catégorie : les électeurs républicains.

L’analyse cartographique du vote fait ressortir les lignes de force traditionnelle de la géographie électorale new-yorkaise :

  •  L’île de Staten Island, qui abrite 470 000 habitants, demeure le plus républicain des cinq boroughs qui composent New York City et le seul dans lequel Joe Lotha réussit à devancer son adversaire (53% contre 44%).
  •  Le borough le plus peuplé, Brooklyn, semble partagé en deux. Une large bande nord-sud, qui s’étend de Flatbush à Brighton Beach, est acquise aux républicains. Mais au global, sur l’ensemble du territoire, 77% des habitants ont apporté leurs suffrages à Bill de Blasio.
  •  La situation est identique dans le Queens, où le démocrate obtient un score de 70%. Les 4000 habitants de Breezy Point sur la péninsule sud ne compensent pas les gros bataillons d’électeurs noirs qui résident à Jamaïca, où le vote en faveur du candidat démocrate dépasse les 90%.
  • Le résultat de Bill de Blasio s’établit à 72% à Manhattan. Le sud de l’île, de Chinatown à Chelsea, lui apporte son soutien. Mais les scores les plus importants et les plus homogènes sont à relever au nord, à Harlem et Washington Height. Le vote républicain se concentre dans les quartiers résidentiels des catégories les plus fortunées : l’upper east side, entre Murray Hill au sud et Carnegie Hill au nord, et sur le pourtour sud de Central Park (approximativement du Plaza Hotel à Columbus Circle).
  • Enfin, dans le Bronx, le score de Bill de Blasio s’élève à 88% : il réalise sa meilleure performance sur cette terre historique des démocrates.

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II. L’élection au poste de gouverneur du New Jersey

Dans le New Jersey, en obtenant une large réélection, le gouverneur républicain sortant Chris Christie accroît son implantation. En 2009, il s’était imposé face au sortant Jon Corzine avec une courte avance (48% contre 45%). En 2013, il distance de 22 points son opposante, améliorant ainsi son score de 12 points. Il obtient la majorité absolue des suffrages dans la plupart des territoires de l’Etat : seuls deux comtés (counties) lui échappent (ceux d’Essex et d’Hudson), contre 8 en 2009.

Cette performance est d’autant plus notable qu’elle intervient dans un Etat à forte tradition démocrate. Le dernier candidat républicain à avoir emporté les Grands Electeurs du New Jersey est George H. Bush lors de l’élection présidentielle de 1988. Bill Clinton, Al Gore et John Kerry ont tous trois obtenu la majorité des suffrages dans le Garden State. Barack Obama y a recueilli 58% des voix en 2012 et 57% en 2008. Les deux Sénateurs représentant l’Etat à Washington DC sont issus des rangs du parti démocrate depuis 1982 et tous les candidats démocrates au Sénat depuis 2006 ont été élus avec une avance de 10 points sur leurs adversaires. Depuis 1997, Chris Christie fait ainsi figure d’exception en étant le seul candidat républicain à parvenir à se faire élire, comme le montre le tableau suivant (3).

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Comment expliquer cette prouesse électorale ? Essentiellement par le bilan très positif qu’a su construire Chris Christie. En janvier 2013, 73% des électeurs du New Jersey approuvent son action à la tête de l’Etat4, notamment sa gestion de l’ouragan Sandy qui a dévasté New York et le New Jersey le 29 octobre 2012. Véritable marqueur du premier mandat, le leadership de Chris Christie tout au long de la crise liée à la tempête, depuis la préparation et la supervision des secours jusqu’à la conduite des opérations de reconstruction, impressionne l’opinion publique locale et nationale. Le « master of disaster » obtient la Une de Time le 9 janvier 2013 avec le titre « The Boss ». Il en tire une popularité massive en forme d’avantage compétitif : au terme de sa campagne de réélection, il est crédité de 59% d’opinions favorables contre seulement 31% pour son adversaire Barbara Buono, encore mal identifiée par les électeurs (40% n’ont pas d’opinion d’elle). 58% des habitants accordent leur confiance au sortant pour régler les principaux problèmes du New Jersey dans son second mandat (5).

A cette gestion technique maîtrisée s’ajoute une forte indépendance politique, incarnée par deux gestes de communication forts effectués eux aussi durant l’épisode de la catastrophe climatique. D’une part, Chris Christie s’oppose à son propre parti au niveau national, dont il dénonce l’attitude qui consiste à freiner au Congrès le déblocage de crédits d’urgence pour le New Jersey. D’autre part, il n’hésite pas à reconnaître publiquement le rôle du Président dans l’aide logistique et financière apportée par l’Etat fédéral au New Jersey. Alors même que Barack Obama est à la toute fin de sa campagne électorale de réélection, ce signe aurait pu être perçu comme une trahison vis-à-vis du parti républicain et de son candidat, Mitt Romney.

Mais, loin de le desservir, ces deux actes lourds confortent le positionnement pragmatique de Chris Christie et lui permettent d’élargir sa base électorale. Lors du scrutin6, il obtient un tiers des votes des démocrates (soit une progression de 25 points depuis 2009) et deux-tiers des suffrages des indépendants, tout en recueillant 93% des voix des électeurs républicains. Il devance la candidate démocrate parmi les électeurs blancs (70%) et hispaniques (51%), même si l’électorat noir lui résiste et demeure fidèle au parti démocrate (21% contre 78%). En termes générationnels, plus l’électeur est âgé, plus il apporte son soutien à Chris Christie, qui fait quasiment jeu égal avec son opposante parmi la tranche d’âge des moins de 30 ans (49% contre 51%), traditionnellement démocrate.

Avec cette réélection aisée, le gouverneur du New Jersey se positionne encore plus nettement dans la course à la Maison Blanche et prend date pour 2016. A l'instar de François Hollande en 2011, il s'est d’ailleurs engagé depuis un an dans un régime alimentaire drastique, mais prévient qu’il n’est qu’à la moitié de son objectif…

III. L’élection au poste de gouverneur de Virginie

Dans l’Etat de la Virginie, le Gouverneur sortant, le républicain Bob McDonnell élu en 2010, était dans l’impossibilité de se représenter : la loi électorale de cet Etat interdit la réalisation de deux mandats consécutifs, ce qui constitue une exception dans l’Union. Une configuration électorale assez atypique dans un pays marqué par le bipartisme opposait les trois candidats suivants : le républicain Ken Cuccinelli, Attorney General de l’Etat, le démocrate Terry McAuliffe, ancien directeur de campagne d'Hillary Clinton en 2008 et le libertarien Robert Sarvis.

Au final, le démocrate (48%) emporte l’Etat avec une courte avance sur le républicain (45%), tandis que le troisième candidat obtient 6% des suffrages. Pour la première fois depuis 36 ans, le gouverneur élu l’année après l’élection présidentielle est du même parti que le locataire de la Maison Blanche.

Le nouveau gouverneur McAuliffe a bénéficié d’une évolution démographique favorable aux démocrates déjà observée : en 2008, l’Etat avait voté pour Barack Obama, alors qu’il avait soutenu le candidat républicain lors des dix précédentes élections présidentielles. Autrefois acquis au GOP, notamment en raison d’une forte présence de l’industrie militaire, le Old Dominion State est désormais considéré comme un swing state, un Etat bascule.

Au-delà des raisons sociologiques, le principal facteur de la défaite républicaine se situe dans les fractures idéologiques du parti. L’exemple le plus frappant de ces divisions réside sans doute dans le soutien apporté au candidat démocrate par Bill Bolling, le Lieutenant Gouverneur républicain, c’est-à-dire le numéro deux de l’Etat. En Virginie comme au niveau national, les modérés s’opposent aux tenants d’un conservatisme radical. Ken Cuccinelli a ainsi perdu les suffrages de nombreux électeurs républicains modérés en raison de sorties jugées trop sectaires. Par exemple, ses prises de position appuyées contre le droit à l’avortement lui ont aliéné le soutien de l’électorat féminin : seules 42% des femmes ont voté pour lui, soit 12 points de moins que pour le précédent candidat républicain en 2009. Plus généralement, son score7 auprès de la base républicaine reste très large (92%), mais en retrait de 4 points par rapport à celui de son prédécesseur en 2009. Il accuse surtout un recul de 19 points parmi les indépendants (47%).

Quels enseignements tirer de ces trois élections ?

L’extrapolation au niveau national des conclusions issues de configurations électorales locales, dans lesquelles l’équation personnelle des candidats pèse d’un poids déterminant, est un exercice analytique qui atteint rapidement ses limites.

Toutefois, une leçon majeure traverse ces trois scrutins : l’intransigeance du parti républicain est sévèrement sanctionnée électoralement. Au niveau national et local, le GOP s'est laissé entraîner par sa fraction la plus droitière dans une surenchère avec le Tea Party pour incarner l’idéologie conservatrice. Cette rivalité l'a conduit à se raidir sur une lecture à courte vue du reaganisme, réduit à la défense des valeurs traditionnelles, tout en abandonnant l'objectif pratique de l'action politique. Cela s’est traduit concrètement par le refus de tout compromis avec l'administration Obama, honnie notamment pour sa réforme de l'assurance maladie vue comme anti-américaine.

Le récent shutdown, c’est-à-dire la fermeture de plusieurs services publics et administrations fédérales consécutive au désaccord sur le budget 2014 entre le président et le Congrès, constitue le point culminant de la radicalité de l’opposition républicaine. Dans ce face-à-face entre l’exécutif démocrate et le législatif républicain, les Américains désignent clairement les Républicains comme responsables du blocage (à hauteur de 53% contre 29% pour Barack Obama)8. Par un effet de bégaiement historique, l’opinion publique américaine porte un jugement identique à celui qu’elle formulait il y a près de 20 ans lors du précédent shutdown (9), comme le montre le graphique suivant.

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Dès lors, les perspectives pour les élections de midterm s’assombrissent pour le parti républicain, qui détient la majorité à la Chambre des représentants. Dans un an, sa position de sortant l’empêchera de profiter d’un effet de balancier comme en 2010. Toutefois, le succès de Chris Christie dans le New Jersey offre au GOP une lueur d’espoir, en démontrant que sa base électorale est en mesure de s'élargir, dès lors que la volonté de compromis et le pragmatisme politique l'emportent sur l'intransigeance idéologique.

1) Sondage Wall Street Journal - NBC 4 - Marist Poll réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 1216 personnes représentatif de la population new-yorkaise âgée de 18 ans et plus, les 15 et 16 septembre 2013.

2) Données issues du sondage sorties des urnes « The Election Day poll ». Les interviews ont été réalisées par Edison Research auprès de 2122 électeurs à la sortie de 40 bureaux de vote choisis au hasard sur l’ensemble du territoire municipal le 5 novembre 2013. Carte : New York Times.

3) Auparavant, la républicaine Christine Todd Whitman avait connu une situation identique. Première femme élue gouverneur de l’Etat de 1993, elle a été réélue en 1997, avant de prendre la tête de l’Agence de Protection Environnementale au niveau national en 2001.

4 ) Sondage The Fairleigh Dickinson University réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 700 électeurs inscrits sur les listes électorales du 2 au 6 janvier 2013.

5 ) Sondage The Monmouth University Poll réalisé par téléphone auprès d’un échantillon de 1436 électeurs potentiels (likely voters).

6 ) Données issues du sondage sorties des urnes « The Election Day poll ». Les interviews ont été réalisées par Edison Research auprès de 2468 électeurs à la sortie de 40 bureaux de vote choisis au hasard sur l’ensemble du territoire du New Jersey le 5 novembre 2013.

7 ) Données issues du sondage sorties des urnes « The Election Day poll ». Les interviews ont été réalisées par Edison Research auprès de 2376 électeurs à la sortie de 40 bureaux de vote choisis au hasard sur l’ensemble du territoire de Virginie le 5 novembre 2013.

8 ) Sondage ABC News/Washington Post réalisé par téléphone auprès d’un échantillon national représentatif de 1002 personnes, du 17 au 20 octobre 2013.

9 ) En octobre puis décembre 1995, un bras de fer de 27 jours avait opposé les Républicains emmenés par Newt Gingrich à Bill Clinton, également à propos d’une réforme de santé, celle de Médicare c’est-à-dire l’assurance santé des séniors. Bill Clinton avait su utiliser cet épisode pour restaurer sa popularité et se placer en position favorable pour lancer la campagne qui a abouti à sa réélection en 1996.

 

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