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Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, prononce une allocution lors de la 27e édition du "Salon des Entrepreneurs", à Paris, le 6 février 2020.
Le ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, prononce une allocution lors de la 27e édition du "Salon des Entrepreneurs", à Paris, le 6 février 2020.
©ÉRIC PIERMONT / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

2022 vous fait peur, vous êtes entrepreneur ? Où vous exiler ?

De nombreux entrepreneurs en France s'interrogent sur les opportunités à l'étranger. Les candidats à l'expatriation pourraient opter pour l'Afrique, le Canada, les Etats-Unis, Singapour, Dubaï ou la Chine.

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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Le beau mois d’Avril arrivera vite. Comme à chaque Pâques, il nous apportera de nouvelles cloches, bien que le qualificatif de « nouvelles » soit un peu ambitieux étant donné le nombre de « vieilles gloires », professionnels de la politique depuis « un siècle », qui seront sur la ligne de départ des présidentielles. Mais, elle sera également peuplée de « jeunes gloires », des cloches qui promettaient un son nouveau, pour finalement, nous imposer un son brisé, pire que les précédents, la liberté en moins ! Nous serons en revanche, sonnés par une nouvelle cloche, qui sonnera plus fort que les autres, d’un son qui appelle une réponse et oblige les autres à se mettre au diapason. Les vieilles cloches lui interdiront un accès normal à la compétition sonore, car la musique ancienne s’accommode des croches, demi temps et demies-mesures, incapables d’assumer des sons véritables qui déplaisent à une partie du peuple, mais elle pourra sonner à sa guise et apporter au débat un peu de vérité, ou d’une moins, d’une vérité.

Devant ce spectacle plus « drôle » peut-être, mais désolant au fonds, car il n’apportera aucune vision capable de freiner le déclin de l’Europe, la France avec, nombre d’entrepreneurs pourront légitimement se poser la question de l’exil. Se poser la question du pays qui pourrait accueillir une envie, une ambition, une volonté de construire, la question du pays qui pourrait également ouvrir ses bras à une participation à la vie politique, une ambition impossible en France, pays démocrate, certes, mais pour un nombre limité de candidats issus du sérail. Nous avons en matière économique, la SARL (société à responsabilité limitée), nous avons en politique française, la RADR,  la République A Démocratie Réservée.

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Dès lors, vous aurez peut-être envie comme moi, de quitter la France et voguer vers d’autres cieux plus cléments et plus excitants.

Petit tour du monde des options ouvertes aux Français candidats à l’exil.

Vous pouvez penser à l’Afrique. Eh oui ! Nombre de pays sont désormais stables, et diverses institutions ou forces, poussent dehors, de plus en plus vite, ceux qui souhaitent s’accrocher au pouvoir et en piller les richesses à long terme. Dès lors, le respect des règles démocratiques devient gentiment la règle. Il y fait beau, les pays sont jeunes, les technologies permettent de faire des bonds quantiques sans souffrir des résistances du passé, l’argent commence à être disponible et les opportunités y sont légions. Côté face, il faut développer de solides réseaux afin de forcer le chemin des gros appels d’offre, se doter d’une patience professionnelle, et quotidienne, ce qui peut être usant pour un entrepreneur pressé, le temps y passe plus lentement et comprendre que ce sont de petits pays, qui nécessitent d’en aborder plusieurs pour vraiment réussir, ce qui en multiplie les défauts, rajoute un peu à la difficulté. Côté circulation, c’est l’enfer, mais pour ceux qui vivent au pays d’Hidalgo, la différence sera subtile. Votre pouvoir d’achat sera décuplé, sauf au Nigeria, vous pourrez retrouver la notion d’espace que l’occident vous a volé, et même retrouver un rythme familial volé par le stress quotidien, notamment en vous faisant aider au quotidien sur tant de tâches pénibles. C’est donc une option valide, vous aurez bonne mine et mangerez à nouveau des fruits non congelés, des légumes sans pesticides et du poisson sans plomb. Pas si mal.

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Vous pouvez penser à la Chine. Mais c’est un CEDD la plupart du temps. Un « contrat d’entrepreneuriat à durée déterminée ». La Chine attend votre savoir-faire, mais vous « expulsera » dès que vous l’aurez diffusé, car la Chine n’est pas là pour épanouir les occidentaux. Ni les enrichir. SI le contrat est clair et acceptable pour vous dès le départ, c’est une terre entrepreneuriale parmi les plus excitantes et compétitives au monde. Une économie de gladiateurs comme la décrit Kai Fu Lee, à déconseiller à l’entrepreneur habitué à un cadre policé. Du free-fight plutôt que de la boxe anglaise. Cœur non accroché s’abstenir ! Vous ne pourrez participer au débat politique, mais finalement quelle différence avec la France et au moins le contrat est clair, et non mensonger, dès le départ. Vous pourrez vous forger une expérience folle, assister à la naissance de technologies que 2 ou 3 pays au monde abordent à une telle vitesse et avec un tel talent. Vous pourrez alors utiliser cette force pour réussir à proximité, en Asie, Australie ou ailleurs, car vous aurez la peau en acier trempé. Une sorte d’Avenger sera né en vous. Le pouvoir y est éclairé, cela vous changera. Il vous est interdit néanmoins, mais cela ne vous changera pas tant que cela. Bien entendu, vous ne pourrez plus, comme je le fais, vous plaindre et dénoncer dans la presse le pouvoir central, mais comme sa stratégie est brillante, cela vous rassurera. Donc, pour 5 ans au plus, c’est un très bon choix.

Ensuite il y a les petits pays, Dubaï, Singapour, notamment. A mon sens, même constat que la Chine mais pour d’autres raisons. Durée limitée dans un cadre limité, un peu endogame qui peut finir par devenir ennuyant rapidement. Des règles fiscales qui vous transporteront dans l’espace-temps, vers des sphères inconnues en Europe. Des investisseurs du monde entier prêts à croire dans vos idées et les financer, y compris au 2nd ou 3ème tour. Ou plus. Des marchés en croissance dans des régions prometteuses. Bref vous serez un peu gêné aux entournures, comme dans un costume un peu serré, mais pour 3 à 5 ans, un bon plan également.

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Il y a bien entendu la star, Israël, la véritable « start-up » nation, pas celle usurpée par Emmanuel Macron. Une innovation folle, des projets époustouflants, un pays magnifique, une culture qui préserve ses valeurs au lieu de se les faire piller ou détruire. Un îlot de démocratie dans une région qui n’a su la faire naître. Des investisseurs à la pelle, des centres de recherche uniques au monde, une proximité entre la recherche, l’éducation et l’entreprise, qui donnerait des boutons aux syndicalistes idéologues qui en interdisent la possibilité en France et expliquent le succès majeur des start-up qui y naissent et deviennent, non pas des… start-up qui passent leur vie à rechercher des fonds, mais à rechercher le succès international. Le paradis. Mais ce n’est pas donné à tout le monde. La société Israélienne est dure, un peu comme la Chinoise. Les entrepreneurs y sont aussi des gladiateurs, et il faut avoir le cuir épais. Nombre de nos amis, partis, en sont revenus, car la pression et la vigueur du quotidien est parfois insoutenable. IL faut avoir un esprit de compétition et une résistance à la houle, hors du commun. En clair, fantastique, mais réservé à peu d’entre nous, un peu ramollis par une compétition Européennes très normée par la technocratie du principe de précaution. Des cloches qui vous mettent sous cloche.

Reste bien entendu l’Amérique du Sud, pleine de promesses, au Brésil notamment. Pays magnifique, croissance potentielle sans limite, pays propice au digital qui a donné naissance à des licornes à taille démesurée, population métissée qui fait rêver, même si elle reste un peu « castée », et pas si « mêlée » qu’il y paraît, mais un mélange au profit d’une culture préservée, qui prouve qu’en ne se laissant pas envahir, on maintient sa cohésion, malgré la diversité. Pas toujours facile d’y faire son chemin, mais le Français y est plutôt apprécié. L’Afrique en plus rapide et plus dynamique. Un peu moins corrompue. Un bon plan que nombre d’amis se félicitent d’avoir choisi. Petites comme grandes entreprises.

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Et enfin, les USA (le Canada aussi). Les USA restent le graal qui offre le meilleur coût-avantages-défauts. Innovant. Propice à la prise de risque. Doté des moyens financiers de ses ambitions. Un marché vraiment unique contrairement à l’Europe qui n’en offre qu’une façade. Une récompense au travail, là où nous l’avons corrompu et dénigré. Une immensité excitante au quotidien. Un fédéralisme qui empêche, équilibre et contrôle les dérives monarchiques et centralisatrices en vigueur en France. Des entreprises jeunes qui progressent à la vitesse de l’investissement. Une tête dans les étoiles qui les mènent dans l’espace pendant que la France et l’Europe s’enlisent sur terre. Une culture au service du rêve, qui en assure la pérennité. Bref, pour l’entrepreneur, cela reste le « pied » intégral. Un pays avec des défauts aussi, mais quel pays n’en a pas ? Comme je le répète à tous mes amis, il faut choisir un pays non pas pour ses qualités, tous en ont, mais le choisir quand on est capable d’en supporter les défauts. De mon côté je triche un peu, j’ai un petit pied en Afrique, un bout de cœur en Israël et une greencard qui m’ouvre le rêve Américain. Pas de chance là-dedans, seulement des choix et de la volonté pour les assumer et les faire aboutir.

Il n’y a donc pas de pays idéal de façon absolue, mais des pays dont les défauts vous seront acceptables et qui correspondent à votre vision du monde, une vision qui vous apaisera au quotidien et vous réconciliera avec le monde, tout en mettant vos enfants à l’abri d’une Europe du glissement de terrain culturel, politique, religieux et économique. Je n’ai pas mis de hotline à disposition pour faire le service après-vente de cet article, mais vous savez désormais où me trouver !

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