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En 2014, de nouvelles formes de rentes sont apparues en France.
En 2014, de nouvelles formes de rentes sont apparues en France.
©Reuters

Oisifs

1914-2014 : de la fin d'une France de rentiers à l'apparition d'une nouvelle

Oisifs, insouciants et exploiteurs dans les romans de Balzac, les rentiers ont commencé à disparaître en 1914, début de la Première guerre mondiale, dont le centenaire est célébré cette année. Si, en 2014, il est presque impensable de subvenir à ses besoins d'une telle manière, il n'en reste pas moins que les rentes perdurent, sous de nouvelles formes, dites "de situation".

Atlantico : Les rentiers ont après 1914 connu en France un déclin continu. Comment celui-ci s'est-il opéré ?

Christophe Boucher : En effet, au cours du 20ème siècle le nombre de personnes disposant de revenus du patrimoine suffisamment importants pour en vivre a significativement baissé. Cette fin des rentiers s’explique par une dilution (plutôt qu’une démocratisation) des patrimoines. Les patrimoines aujourd’hui sont nettement moins concentrés qu’il y a un siècle.

Cette disparition des rentiers, c’est-à-dire de la très forte concentration des patrimoines, s’explique par trois phénomènes. D’abord, les deux guerres mondiales entre 1914 et 1945 ont détruit physiquement le capital. Ensuite, les grands épisodes d’inflation ont fait fondre la valeur réelle des patrimoines. Enfin, la création de l’impôt progressif en 1914 et les relèvements successifs de ses taux ont pérennisé l’effet de ces chocs, en rendant la reconstitution des patrimoines très difficile. On a donc assisté aux cours du 20ème siècle à "l’euthanasie des rentiers" qu’appelait Keynes.

Philippe Crevel : Le rentier, dans la version héritée du 19ème siècle, est celui qui vit grâce aux produits de son patrimoine, qu’il soit financier ou immobilier. Il est le personnage emblématique de nombreux romans d’Honoré de Balzac, de Gustave Flaubert ou d’Émile Zola. Issu de l’aristocratie ou de la bourgeoisie, le rentier a toujours eu mauvaise presse, accusé d’être un oisif profitant du travail des autres, de s’enrichir en dormant. Le vingtième siècle lui a été fatal. Le cocktail "guerres, inflation, crise de 1929, scandales financiers et impôts" a eu raison de son patrimoine et de ses revenus.

Ainsi, jusqu’en 1901, les droits de succession étaient quasi inexistants. Dès 1920, le taux marginal atteint 40 %. Il passera à 60 % en 1983 pour les successions en ligne indirecte. En 1914, la France met en place un impôt sur le revenu et en 1981 est créé l’impôt sur les grandes fortunes remplacé en 1988 par l’impôt de solidarité sur la fortune. Par leurs taux élevés et touchant directement le patrimoine, c’est bien évidemment les droits de succession et l’imposition des plus-values qui vont fiscalement ruiner les rentiers.

Les deux guerres mondiales ont généré une inflation qui a déprécié la valeur des rentes qui n’étaient pas indexées. Si la rente a, en 2013, encore mauvaise presse, c’est en grande partie dû à l’inflation, l’État remboursant ainsi ses dettes en monnaie de singe.

Un siècle plus tard, comment les rentiers se portent-ils ? Ont-ils totalement disparu ou sont-ils réapparus sous une autre forme ? 

Philippe Crevel : Le rentier dans sa version du 19ème siècle a presque totalement disparu. Rares sont ceux qui peuvent vivre uniquement du produit de leur patrimoine. Le rentier ne peut plus être oisif. Sauf pour les grandes fortunes, il est contraint d’avoir un emploi à côté. Par ailleurs, le rentier doit avant tout essayer de maintenir et  de valoriser son patrimoine qui est rongé par les prélèvements de toutes natures. Depuis les années 90, les revenus financiers se sont accrus du fait des plus-values générées par des bulles spéculatives.

Le patrimoine des ménages n’a jamais été aussi important en s’élevant en 2012 à 10 544 milliards d’euros, correspondant à huit fois leur revenu disponible quand en 1945 il ne pesait que quelques mois de revenus. Ce patrimoine est constitué à 70 % d’immobilier. 57 % des Français sont propriétaires de leur résidence principale mais ils ne sont pas pour autant des rentiers. Les propriétaires immobiliers de la région parisienne, de l’Ile de Ré ou de la Côte d’Azur peuvent être riches de leur patrimoine sans pour autant en être des rentiers.

Christophe Boucher : Les rentiers, définis comme ceux en mesure de vivre uniquement des revenus de leur patrimoine, ont quasiment disparu. Ils n'ont plus aujourd'hui qu'une importance symbolique dans le paysage social (moins de 0,1 % de la population, soit quelques milliers de foyers), alors qu'ils regroupaient entre 1 % et 2 % de la population il y a un siècle (plus de 300 000 familles).

Pour autant, les patrimoines restent toujours relativement concentrés et cette concentration s’est récemment accentuée. Selon l’INSEE, entre 2004 et 2010, les inégalités de patrimoine se sont accrues. Le rapport entre le patrimoine moyen des 10 % de ménages les mieux dotés et celui des 50 % les moins dotés a augmenté de près de 10%.

La figure du rentier du début du 20ème siècle qui vivait principalement des revenus de son patrimoine hérité a laissé place aujourd’hui à celle d’un baby boomer au sommet de la hiérarchie des revenus. Cadre supérieur, profession libérale ou entrepreneur, il perçoit un revenu mensuel de plus de 10 000 euros (le seuil d’entrée du centile supérieur dans la hiérarchie des revenus) qui provient essentiellement de son travail et, dans une moindre mesure, de la location d’un appartement et/ou d’un placement financier.

En 1950, la part moyenne de l'héritage sur l'ensemble du revenu disponible d'un ménage était seulement de 5,7 %, tandis qu'elle atteignait 20 % en 2008. Sur le plan immobilier, seul 10 % de la population détient désormais 75 % du parc national. Comment s'explique cette évolution ? Est-elle irréversible ?

Philippe Crevel : Cette concentration est le fruit du vieillissement et de l’évolution de notre économie. L’allongement de l’espérance de vie aboutit à une concentration du patrimoine sur les personnes de plus de 65 ans. Les héritages interviennent au-delà, en effet, de 60 ans. Par ailleurs, les générations nées avant et après la seconde guerre mondiale ont bénéficié de la forte croissance des Trente Glorieuses pour se constituer un capital, constitution facilitée par l’inflation qui a réduit le coût de remboursement des emprunts. En outre, depuis maintenant une vingtaine d’années, le patrimoine connaît un fort processus d’appréciation. Les prix de l’immobilier ont ainsi doublé en France en une décennie.

Selon l’INSEE, les 10 % de ménages les mieux dotés concentrent 48 % de la masse totale de patrimoine brut. Les 5 % les mieux dotés en détiennent à eux seuls 35 % et les 1 %, 17 %. Ce sont les 60 / 69 ans qui sont les mieux dotés en France avec un patrimoine moyen de 360 000 euros.

Cette situation peut rapidement s’inverser. En effet, les retraités souhaitant conserver de plus en plus le niveau de vie qu’ils avaient en période d’activité sont amenés à puiser dans leur patrimoine. Ils y seront d’autant plus contraints que les pensions stagneront dans les prochaines années. De ce fait, les valeurs foncières et immobilières pourraient baisser. Les faibles taux d’intérêt concourent également à ralentir la progression des patrimoines financiers, tout comme les hausses sensibles des prélèvements obligatoires intervenues ces dernières années.

Christophe Boucher : En 1950, beaucoup de patrimoine avait été détruit. Les générations des Trente Glorieuses ont peu hérité. Au début du 21ème siècle, les hauts et très hauts revenus de ces générations ont reconstitué des patrimoines, en particulier immobilier, avec le doublement du prix des logements entre 1996 et 2008. Pour les générations nées à partir des années 1970, la situation est radicalement différente. S’il n’y a pas d’héritage familial, les revenus du travail permettent difficilement de devenir propriétaire, malgré des taux d’intérêt historiquement bas. On observe ainsi des inégalités de génération qui se superposent à des inégalités de revenus.  Un clivage est réapparu entre ceux qui héritent et ceux qui ne recevront rien ou peu. A priori, ce clivage devrait se maintenir mais les inégalités de patrimoine ont peu de chance de s’accroître davantage. En effet, l’environnement actuel de "répression financière" rend le processus d’accumulation particulièrement difficile. Lorsque les taux d’intérêt réels sont très faibles voire négatifs, ils équivalent à un impôt sur les épargnants.

Quelles formes prennent aujourd'hui les rentes ?

Christophe Boucher : En termes de patrimoine, il y a moins de très gros rentiers que chez Balzac, et davantage de petits et moyens rentiers qui se sont constitués un patrimoine pour s’assurer une retraite confortable et qui ont profité de la très forte appréciation des prix des logements.

Mais il y également d’autres formes de rentes, des rentes dites  "de situation", qui correspondent aux rémunérations et facturations excessives tirées d’une situation de concurrence imparfaite ou d’un très fort lobbying. En janvier 2008, le rapport de la commission Attali pour la libération de la croissance française pointait un certain nombre de professions qui profitaient de rentes de situation liées à un manque de concurrence.

Parmi ces rentes de situation, la rente pétrolière est celle qui est assurément la plus importante et pourtant la plus discrète. C’est une sorte de "malédiction" pour les pays exportateurs de pétrole qui se reposent sur leur rente au détriment d’une économie de production. Mais pour les pays importateurs de pétrole, cette rente est l’équivalent d’une taxe prélevée sur les consommateurs et les producteurs. Lorsqu’on s’extasie devant le gigantesque feu d'artifice tiré à Dubaï à l'occasion du nouvel an, on oublie que nous l’avons financé entre autres en faisant le plein de nos voitures

Philippe Crevel : Nous sommes tous un peu des rentiers sans le savoir par les produits d’épargne que nous avons. 95 % des Français ont un Livret A, qui certes est rémunéré royalement à 1,25 %, mais nous pouvons considérer qu’il s’agit d’une rente. De même, 62 % des ménages détiennent au moins un contrat d’assurance-vie.

Nous sommes surtout devenus des rentiers de l’État providence. Les dépenses sociales représentent le tiers de la richesse nationale. Le principal poste de prestations sociales est constitué par les retraites, qui pèsent 14 % du PIB. Le montant des pensions versées à 15 millions de personnes atteint près de 300 milliards d’euros, soit plus que le budget de l’État. Ces rentes des temps modernes sont les fruits du travail réalisé durant l’ensemble de sa vie professionnelle.

Vieillissement de la population, multiplication des avantages sociaux, fiscalité avantageuse, l'économie française a de plus en plus évolué vers un régime favorable aux systèmes de rentes depuis la fin des Trente Glorieuses. Quelles sont aujourd'hui les catégories socio-professionnelles qui en bénéficient, partiellement ou majoritairement ? Qui sont les nouveaux rentiers et en quoi différent-ils de ceux de 1914 ?

Christophe Boucher : Ces rentiers de situation sont très différents des rentiers de 1914. Les premiers tirent des revenus de leur travail, revenus qui sont supérieurs à ce qu’ils seraient avec plus de concurrence. Les seconds profitaient de revenus de leur patrimoine accumulé sur plusieurs générations.

Les professions qui profitent le plus de ces rentes de situation sont les professions du droit (certains avocats, huissiers), du chiffre (comptables, commissaires aux comptes), de la santé, du BTP (architectes, géomètres). La rente numérique que l’opérateur Free, par exemple, est venu remettre en cause, est un autre exemple. La grande distribution, dans une certaine mesure, profite également d’une rente de situation. Toutefois, plus de concurrence n’est pas non plus une solution miracle. Certaines formes de non-concurrence peuvent se justifier.

Philippe Crevel : Logements sociaux occupés indument, prestations sociales touchées illégalement ou de manière abusive, niches fiscales transformées en abus de droit, professions protégées…, la liste des rentes modernes est longue tout comme celle de leurs bénéficiaires.

Peut-on par ailleurs dire que la fonction publique, de par la sécurité de l'emploi, bénéficie elle-même d'une rente de situation ?

Christophe Boucher : Cela me paraît difficile de parler de rente de situation pour la fonction publique. Les avantages pointés, voire souvent dénoncés de la fonction publique en termes de sécurité de l’emploi et de progression automatique avec l’ancienneté doivent être mis en parallèle avec des niveaux de rémunération plus modestes et des perspectives de carrière plus limitées.

Philippe Crevel : Le mot "rente" est fortement connoté. Il renvoie à un avantage indu, or il serait exagéré de considérer que les 5,5 millions de fonctionnaires que compte la France sont des rentiers du fait qu’ils bénéficient de la sécurité de l’emploi et d’un traitement. Cette fameuse sécurité a été instituée afin d’éviter la pression des gouvernants sur les fonctionnaires. L’objectif était l’instauration d’une fonction publique indépendante. Évidemment, la situation actuelle n’a rien de comparable à celle qui prévalait durant le Second Empire. Si rente, il y a, c’est dans l’incapacité de réformer l’État, les collectivités territoriales ou la fonction publique, de passer outre certains corporatismes.

En quoi l'importance du statut au sein de la société française renforce-t-elle la logique des rentes ? En quoi également la situation économique l'encourage-t-elle ? Le modèle social français peut-il finalement s'en extraire ?

Philippe Crevel :La France n’aime pas la concurrence. De ce rejet naissent les rentes de situation. Dans notre pays, les monopoles ou les oligopoles sont légions. Ainsi, du fait d’un faible nombre d’acteurs, la grande distribution avec ses centrales d’achat bénéficie d’une situation de rente qui génère des surcoûts. Il en est de même en matière de transport ferroviaire ou dans le domaine de l’énergie.

Même si un roi a été décapité il y a plus de 200 ans, l’esprit aristocratique domine encore. Les statuts ont remplacé les ordres ; les syndicats et les lobbys en tout genre se comportent comme les anciennes corporations.

Face aux difficultés économiques, chaque corps de métier entend se protéger, construire des Lignes Maginot. Le protectionnisme a toujours ainsi eu le vent en poupe en France. La culture du droit acquis est un marqueur de notre société. Nous privilégions toujours la raréfaction de l’offre à travers une réglementation kafkaïenne. La création de nouveaux hypermarchés (surtout pour des groupes non implantés en France), de nouveaux hôtels constitue un véritable parcours du combattant.

Christophe Boucher : D’une certaine manière, le recrutement des élites françaises repose également sur une certaine forme de rente de situation. Les grands corps de l’État bénéficient d’une forme de rente au sens où ils sont sûrs d’être propulsés aux plus hautes fonctions. La méritocratie a certes progressé depuis quelques décennies mais elle reste néanmoins limitée par ce fonctionnement très français.

Plus généralement, la stagnation de la croissance et les discussions actuelles sur des décimales de croissance attisent les tensions entre les catégories de la population, qui dénoncent mutuellement leurs situations de rentes réelles ou fantasmées.

Quelles sont les conséquences concrètes de la persistance de ces rentes ?

Christophe Boucher : Concernant les inégalités de patrimoine et de revenu, elles sont dommageables pour tous. Richard Wilkinson et Kate Pickett ont montré de manière empirique que les inégalités nuisent à tous, y compris aux plus aisés. Si deux pays ont un revenu moyen égal, mais que l’un est plus inégal que l’autre, il aura plus de problèmes dans les domaines de la santé et de la sécurité (violence, drogue, etc.). Par ailleurs, les rentes de situation liées à certaines situations non-concurrentielles pèsent directement sur la croissance de l’activité.

Philippe Crevel : La rente dans sa forme péjorative est un gaspillage. Elle réduit le pouvoir d’achat des Français, la croissance, et pénalise donc l’emploi.

Ces rentes modernes sont autant d’entraves à l’initiative, à la création d’entreprise. De rapports en rapports, nous savons qu’il faudrait libéraliser certaines professions réglementées et trouver des solutions pour indemniser ceux qui seraient victimes de cette ouverture à la concurrence. Le conservatisme et les menaces suffisent à ranger les rapports dans leur bibliothèque.

Comment en sortir ?

Christophe Boucher : Poursuivre la timide mise en œuvre des propositions du rapport de la commission Attali serait un premier pas. Cela nécessite un courage politique face aux lobbys. Les modestes perspectives de croissance pour la France dans les trimestres à venir doivent pousser les décideurs à agir. Depuis 6 ans, on a plutôt assisté à un  manque de détermination des gouvernements, quels qu’ils soient.

Philippe Crevel : Face aux situations de rentes classiques, liées au patrimoine ou aux pensions, il faut faciliter la mobilité du capital en encourageant plus fortement les donations, voire le viager. En ce qui concerne les retraites, il convient de reculer l’âge de départ à la retraite qui est chez nos partenaires entre 65 et 67 ans.

Pour les rentes corporatistes, le combat à mener est délicat au regard de la capacité des lobbys à bloquer toute réforme. Les chauffeurs de taxis ou les taxes sur le diesel en sont les meilleures preuves.

La France pratique avec excellence la réforme au fil de l’eau, la réforme pointilliste qui avance cachée. Évidemment, cette politique met du temps avant de donner des résultats. La réforme des régimes spéciaux en 2007 relève de cette catégorie. L’allongement de la durée de cotisation pour les retraites s’est accompagné d’avantages, notamment salariaux, au nom de la théorie du donnant-donnant.

Cette technique est devenue une marque de fabrique française depuis l’échec, en 1995, de la réforme d’Alain Juppé qui visait à refonder l’ensemble de la protection sociale. La dernière grande époque de réformes structurelles que le pays a connu date de la première cohabitation de 1986, qui s’était traduite par une libéralisation sans précédent de l’économie. Depuis, les différents gouvernements ont opté pour des ajustements.

Pour abattre les rentes de situation, la recherche d’un véritable consensus est certainement obligatoire ; non pas l’union nationale, qui est une illusion, mais la participation des partis de gouvernement et des partenaires sociaux à l’élaboration d’un plan de modernisation de l’économie française. Malheureusement, que ce soit au niveau politique ou au niveau syndical, la tentation n’est pas à la réflexion collaborative mais à l’opposition stérile. De ce fait, la France attend que l’Europe lui dicte la marche à suivre avec comme conséquence la montée d’un anti-européanisme qui n’est que la traduction de notre incapacité à nous réformer par nous-même.

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