L'humour, une arme politique ? | Atlantico.fr
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L’humour est une façon d’être et non pas une façon de faire carrière.
L’humour est une façon d’être et non pas une façon de faire carrière.
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Sans blague !

L'humour, une arme politique ?

A l’occasion du 1er avril "journée institutionnelle de la plaisanterie", Atlantico a tendu la perche a un gros poisson qui a mordu : André Santini, prix de l’humour politique en 1996.

L’humour est un sport complet, à la fois instrument de dérision, expression du mépris courtois, arme redoutable d’attaque, ou encore moyen de résistance ou de dissuasion. En effet, rares sont ceux qui osent s’attaquer à quelqu’un dont ils savent qu’il peut les ridiculiser.

Antidote à la langue de bois, l’humour est l’un des derniers remparts contre l’endoctrinement en général et le politiquement correct en particulier. En ce qu’il désacralise et permet de « parler vrai », il rend souvent au débat politique sa pertinence et est en ce sens l’une des formes d’expression les plus accomplies de la démocratie.

Surtout, en politique, l’humour tue la bêtise, comme l’ont merveilleusement illustré Churchill et Clemenceau. Ce dernier fait d’ailleurs partie de mes « esprits » préférés. Au moment de la mort du Président de la République Félix FAURE, dont les circonstances sont restées célèbres, il ne craignit pas de déclarer : « Il se voyait César et il est mort Pompée ! ».

L'humour rend crédible

Si l’humour occupe une place de choix dans les rapports entre hommes politiques, il est aussi l’un des éléments de la relation entre le monde politique d’une part et les citoyens d’autre part.

N’acceptant plus vraiment les grandes promesses idéologisées, étant revenus du « grand soir », les électeurs ont tranché. Par conséquent, les technocrates ayant perdu la côte, si tant est qu’ils l’aient eue un jour, restent donc seuls crédibles les hommes politiques qui pratiquent ce sport complet qu’est l’humour.

Mais il ne faut pas non plus s’y tromper. L’humour est une façon d’être et non pas une façon de faire carrière. L’idée selon laquelle celui qui fait rire se fera élire n’a donc que peu de sens. Les élections présidentielles de 2012 n’ont d’ailleurs aucune raison d’échapper à la règle, même si les candidats à l’humour cinglant parviendront peut-être à grappiller quelques points… dans les sondages.

A consommer avec modération

Recourir à l’humour peut même, dans certains cas, se retourner contre soi. Il est donc important de prendre le temps de maîtriser et d’appréhender une arme qui, a fortiori dans l’arène politique, doit être utilisée avec précaution.

Le risque émane en particulier de l’interprétation qui peut être faite de telle ou telle remarque. Il n’y a ainsi rien de plus dangereux qu’un trait d’esprit lancé en coulisse, lorsque le micro est encore allumé, et qui risque d’être rapporté, déformé ou amplifié. Cette préoccupation est d’ailleurs d’autant plus légitime aujourd’hui que tout se sait, et tout de suite.

N’étant pas l’apanage des seuls hommes politiques de l’Hexagone, le recours à l’humour existe dans toutes les démocraties. Aux Etats-Unis, il est même institutionnalisé, comme en atteste le dîner des correspondants à la Maison Blanche, à l’occasion duquel le Président nouvellement élu prononce un discours très « second degré » et en profite par ailleurs pour adresser quelques remarques corrosives aux journalistes présents.

Ce genre de manifestation serait selon moi mal adaptée à la culture politique française, qui préfère l’improvisation et le sens de la répartie à l’humour préparé, forcément moins brillant.

Et puis, comme le pensait l’artiste allemand Max ERNST, c’est bien le hasard qui est le « maître de l’humour ».

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