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Pour rendre compte des évènements marquants du premier mois de l’année, il faut choisir entre leur portée plus ou moins fondamentale, l’intensité des étonnements qu’ils provoquent ou leur proximité avec des applications dans la vie quotidienne.
Pour rendre compte des évènements marquants du premier mois de l’année, il faut choisir entre leur portée plus ou moins fondamentale, l’intensité des étonnements qu’ils provoquent ou leur proximité avec des applications dans la vie quotidienne.
©iStockphoto

La minute "Tech"

A la découverte de nouveaux émerveillements scientifiques

De la plus petite mémoire magnétique jamais réalisée, à la seconde de retard que prend la rotation de la Terre, en passant par l’oreille nanométrique, voici les premiers émerveillements de 2012…

Nathalie Joannes

Nathalie Joannes

Nathalie Joannès, 45 ans, formatrice en Informatique Pédagogique à l’Education Nationale : création de sites et blogs sous différentes plates formes ;  recherche de ressources libres autour de l’éducation ;  formation auprès de public d’adultes sur des logiciels, sites ;  élaboration de projets pédagogiques. Passionnée par la veille, les réseaux sociaux, les usages du web.

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Le problème de l’actualité scientifique et technique, c’est sa profusion. Pour rendre compte des évènements marquants du premier mois de l’année, il faut choisir entre leur portée plus ou moins fondamentale, l’intensité des étonnements qu’ils provoquent ou leur proximité avec des applications dans la vie quotidienne. Commençons par là.

96 atomes pour un octet, qui dit moins ?

Les chercheurs d’IBM et du Centre d’’Etude du Laser de Hambourg viennent de pousser la miniaturisation des supports de stockage jusqu’à 12 atomes pour 1 bit. Soit 96 atomes pour un octet. L’importance de la percée technologique ne s’apprécie que si l’on sait qu’il faut aujourd’hui un demi-milliard d’atomes pour mémoriser un seul octet.

Toujours dans l’univers du milliardième de mètre, le Centre des Sciences et Technologies nanométriques de Gaithersburg (Maryland) et l’Université Purdue de Lafayette (Indiana) ont installé sur une toute petite puce un micro-résonateur capable de produire des pulsions lumineuses ultra courtes, puissantes et précises. Le vecteur servira d’abord à la métrologie (science des mesures) et sans doute ensuite aux systèmes de communications. L’unité d’information stockée sur 96 atomes voyagera beaucoup plus vite et plus loin.

Si le signal est trop faible, pas de problème. A Munich, des physiciens de l’Université Ludwig-Maximilian ont mis au point une nano-oreille capable d’entendre un son de – 60 décibels. L’importance de ce gadget ne s’apprécie que si l’on sait que l’oreille humaine n’entend rien en-dessous de 0 décibel. Dès lors, à quoi pourraient bien servir les infimes oscillations de cette nanoparticule d’or que chatouille un faisceau laser rouge ? A détecter les moindres frémissements de micro-organismes cellulaires.

Non loin de là, à Darmstadt (Hesse), des chercheurs viennent d’allumer le plus petit et le plus puissant des émetteurs. Il a dispensé une fréquence de 1, 111 térahertz. Ce n’est plus tout à fait de la radioélectricité, ce n’est pas encore de l’optique mais c’est intrusif et non destructeur. D’où des exploitations possibles en médecine, dans l’examen de la structure des matériaux – comme les microfissures qui apparaissent prématurément, parfois, sur les ailes de certains avions -  et dans l’inspection des bagages.

La matière noire enfin cartographiée

Passons aux vrais émerveillements scientifiques, ceux dont les conséquences pratiques sont encore inconcevables.

Bonne nouvelle pour Einstein : au Centre pour l’Information et le Contrôle Quantique de l’Université de Toronto, Aephraïm Steingberg et ses collègues viennent de démontrer que les trajectoires des particules de lumière peuvent être mesurées, ce qu’Albert en 1927 tenait pour essentiel dans la compréhension de cet univers dont les éléments sont tantôt des ondes tantôt des particules.

Autre bonne nouvelle pour Albert (Einstein) : en utilisant sa théorie selon laquelle la trajectoire de la lumière se courbe lorsqu’elle rencontre de la matière, des astronomes des universités de Vancouver et d’Edimbourg viennent de réussir la plus grande cartographie de matière noire jamais réalisée. Ils ont analysé les images de 10 millions de galaxies et ont constaté que leur rayonnement s’infléchit devant des amas de matière noire. Comme son nom l’indique, cette matière est invisible mais elle est un peu moins mystérieuse depuis que les astronomes peuvent étudier la manière dont elle se répartit entre les galaxies lointaines.

Lointaine, elle l’était, l’étoile « SN Primo » qui a explosé il y a 9 milliards d’années. La lueur de l’explosion vient seulement d’arriver sur les capteurs du télescope spatial Hubble. Cette naine blanche est de celle dont l’éclat stable permet de savoir si oui ou non l’expansion de l’univers s’accélère ou ralentit au risque de se contracter. On sait maintenant qu’un Big Crunch  n’effacera pas les effets du  Big Bang.

Conflit planétaire pour une seconde en moins

En attendant, si l’expansion de l’Univers s’accélère, il serait temps de mettre les montres à l’heure. Depuis dix ans, les membres de l’Union Internationale des Télécommunications se chamaillent pour savoir s’il faut, ou non, garder la seconde intercalaire qui, depuis 1972, synchronise l’horloge atomique avec la rotation irrégulière de la Terre. De temps en temps, on arrête l’horloge atomique pendant une seconde, quand la Terre ralentit, pour que l’apparition du soleil et les battements atomiques et informatiques coïncident pile-poil.

« Si on continue à se caler sur le jeu du Soleil et de la Terre, il y aura une catastrophe un jour ou l’autre », préviennent les fabricants d’ordinateurs et de GPS, les firmes de télécommunications et aérospatiales soutenus par les Etats-Unis et par la France, notamment. Appuyés par la Chine et la Grande-Bretagne, les astronomes et d’autres observateurs et utilisateurs du temps ne sont pas d’accord : « Si vous supprimez la seconde intercalaire, toutes nos mesures seront faussées ! ».

Pour les Anglais, l’enjeu est crucial : supprimer la seconde intercalaire conduirait à la suppression du méridien de Greenwich.

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