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Le Costa Rica compte 116 volcans.
Le Costa Rica compte 116 volcans.
©DR

Grand large

Séjour sulfureux au Costa Rica

Dans ce petit pays coincé entre océans Atlantique et Pacifique, la montagne fait encore régner sa loi. Exemples avec les visites de deux des 116 volcans du Costa Rica.

Quentin Desurmont

Quentin Desurmont

Président fondateur de Peplum, créateur de voyages sur-mesure de luxe, Quentin Desurmont agit activement pour l’entreprenariat. Il a fait partie de la délégation du G20 YES à Moscou en 2013 et  à Mexico en 2012, est membre de Croissance + et des Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens. Quentin contribue aussi à l’émergence du tourisme de luxe en Europe, il est membre de Traveller Made.

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Les éruptions thérapeutiques du Poás

Pour en savoir plus sur le Costa Rica, rendez-vous sur le site de Peplum.com.

Que voit-on sur la plupart des timbres costaricains ? Le Poás. Et qu'est-ce que le Poás ? Un volcan. Un volcan dont l'activité a battu des records. Avec 39 éruptions à son compteur depuis 1828, il connaît actuellement une activité réduite qui se manifeste principalement par des fumerolles. Centre d'attraction principal du Parque Nacional Volcán Poás, il culmine à 2 708 m d'altitude. Et les trente minutes qui le séparent de la capitale San José font de lui le noyau de divers circuits touristiques. Chaud devant !

Croassent les corbeaux. Coassent les crapauds. Poás a beau être au cœur d'un parc naturel peuplé d'êtres vivants, son nom ne dériverait pas d'un animal, mais d'une plante, un d'arbuste local s'apparentant à une aubépine. Une autre interprétation consiste à rattacher le toponyme à une tribu habitant les environs. Enfin, Poás pourrait venir de Puas, un fleuve dont les pâturages ont été authentifiés par la loi en 1663.

Assez parlé étymologie. Poás rime avec caldeiras – selon que l'on prononce le « s » ou non. On en compte trois. Gigantesques, ces cratères s'avèrent pour la plupart érodés. Le plus large d'entre eux mesure non moins de deux kilomètres de diamètre. Tout au fond, à plus de 300 mètres, reposent les eaux acides et brûlantes d'un lac nommé la Laguna Caliente. 85 °C, n'est-ce pas la température ambiante d'un sauna ? Tous ceux qui souffrent du soufre et de la chaleur n'ont qu'une chose à faire, se tourner vers la Laguna Botos, reliée aux eaux froides au Rio Angel, lui-même ramifié au Rio Sarapiqui. Ce cratère là a connu sa dernière éruption il y a 7 500 ans. Impressionnant !

Endurantes mais fascinantes, l'ascension puis l'observation du  Poás constituent une expérience absolument unique. Flirter d'aussi près avec le danger a souvent quelque chose d'exaltant. Même si les victimes de l'éruption du 25 janvier 1910, la plus spectaculaire à l'heure actuelle, ne seraient sûrement pas d'accord : la colonne de vapeur émise alors à plus de 8 000 mètres est peut-être entrée dans l'histoire, mais non dans les grâces des touristes blessés. Actif depuis 11 millions d'années, le Poás émet parfois des cendres et de gaz soufrés si nocifs que le parc national correspondant fut contraint de fermer ses portes en 1989. Mais le risque n'est-il pas ce qui fait paradoxalement le charme de ce site explosif ?

La peur se soigne comme toute autre blessure. Il suffit de l'affronter pour la surmonter. Contre les crampes, le remède demande moins d'effort. En effet, avant que le volcan ne donne naissance à un parc national, on y montait remplir des bouteilles d'eau acide, plus tard vendues en pharmacie. Idéal pour soulager les douleurs musculaires ou même les verrues, les caries, etc. Eh oui, les médecins n'ont qu'à bien se tenir : le Costa Rica détient la panacée contre nombre de maux.

El Rincón de la Vieja : un coin magique au Costa Rica

Pour en savoir plus sur le Costa Rica, rendez-vous sur le site de Peplum.com.

Autre volcan, même ambiance. Moins connu mais au moins autant explosif, le Coin de la Vieille, de son appellation espagnole El Rincón de la Vieja. Un ancien volcan qui a donné son nom à un parc national de 14 000 hectares. Pourquoi ce nom ? D'après une légende locale, une vile sorcière habitant sur le flanc est de la montagne y déverserait occasionnellement son courroux sous la forme d'impressionnants crachats de fumée. Et si l'on passait du conte au décompte ?

On ne peut réprimer quelque appréhension en ouvrant son guide touristique, soit en découvrant l'ampleur des dégâts causés par le seul Rincón de la Vieja. De nombreuses éruptions, parfois simultanées, survinrent entre 1966 et 1998, toutes de nature différente. Gaz, souffre et lave ont nettement contribué à transformer le paysage de la Cordillère de Guanacaste, des Rios Penjamos à Azule en passant par la Quebrada Azufrada. Aussi ne peut-on s'empêcher d'imaginer le pire lorsque l'on escalade cet intimidant volcan. On s'imagine déjà étouffé sous une insoutenable pression atmosphérique, emporté par un vent violent, voire brûlé dans un courant magmatique irrépressible... Oiseuses spéculations. Rien ne sert de se laisser dépasser par l'histoire.

Mais la réalité est toute autre. L'ascension du Rincón de la Vieja ne comporte que peu de risque, pourvu que l'on se renseigne avant de s'y livrer. Il arrive toutefois que la porosité du sol entraîne la formation de fumerolles, de geysers et de lacs de boue bouillante. Des phénomènes qui loin de la gâter renforcent la beauté du décor. Plus on s'élève vers le cratère principal, plus les chances de rencontrer des spécimens rares augmentent ; les félins étant les plus difficiles à observer. Perroquets, toucans, chouettes, cervidés pécaris, moufettes, tatous, coatis, alouates ou singes hurleurs, capucins, agoutis, tapirs, jaguars, ocelots et margays... toute cette formidable faune se dessine sur un fond floral des plus riches. Réputé pour ses centaines d'orchidées, parmi lesquelles la Guaria morada (Cattleya skinneri), fleur nationale du Costa Rica, le parc Rincón de la Vieja offre un spectacle éblouissant à tous ceux qui se donnent la peine de le visiter.

Tant de splendeurs n'impliquent pas que l'on doive rester les bras croisés d'émotion. Extase ne signifie pas statisme. Pourquoi se priver des bains de boue volcanique que propose le Spa Simbiosis, des balades à cheval conduisant à la cascade Las Chorreras, ou du Canopy Tour offrant de passer d'un arbre à l'autre grâce à un système de câbles en acier. Qui eût cru que Tarzan reposait dans la forêt costaricaine ?

« Au coin ! », s'écrie la maîtresse d'école. Tel est le sort réservé aux élèves turbulents. Au Costa Rica, le Coin de la Vieille n'a rien d'un lieu de pénitence. Au contraire, il s'agit d'un site incroyable qu'il convient d'explorer à tout prix.

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