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Qui correspond le mieux aux attentes des électeurs de droite ?
Qui correspond le mieux aux attentes des électeurs de droite ?
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Qui dit quoi

Sarkozy, Juppé, Fillon, Le Maire, Mariton, Bertrand… ce que les sondages disent sur ceux qui correspondent le mieux aux attentes des électeurs de droite

En fonction des derniers sondages, Atlantico a tenté de déterminer quels sont les candidats à la présidence de l'UMP et aux primaires du parti qui correspondent le mieux aux attentes de leurs électeurs.

Bruno Cautrès

Bruno Cautrès

Bruno Cautrès est chercheur CNRS et a rejoint le CEVIPOF en janvier 2006. Ses recherches portent sur l’analyse des comportements et des attitudes politiques. Au cours des années récentes, il a participé à différentes recherches françaises ou européennes portant sur la participation politique, le vote et les élections. Il a développé d’autres directions de recherche mettant en évidence les clivages sociaux et politiques liés à l’Europe et à l’intégration européenne dans les électorats et les opinions publiques. Il est notamment l'auteur de Les européens aiment-ils (toujours) l'Europe ? (éditions de La Documentation Française, 2014) et Histoire d’une révolution électorale (2015-2018) avec Anne Muxel (Classiques Garnier, 2019).

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Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann

Yves-Marie Cann est Directeur en charge des études d'opinion de l'Institut CSA.
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1 – Famille et autres questions de société

Pour les électeurs du Modem, l'autorisation du mariage pour les couples homosexuels n'était prioritaire que pour 3% d'entre-eux, contre 2% des électeurs UMP selon un sondage Harris pour RTL réalisée en décembre 2012. Aujourd'hui, selon un sondage Opinion Way pour Le Figaro, 41% des sympathisants attendent du retour de Nicolas sarkozy qu'il supprime cette loi alors que 44% seraient contre. 

Bruno Cautrès : Sur les question de société et en particulier ce qui touche à la famille et au mariage, les différents candidats UMP à la présidence de l’UMP ou à la présidentielle doivent réaliser un grand écart. D’un côté une partie de leurs électeurs ont été très sensibles à la question du mariage homosexuel et se sont joint à la "Manif pour tous" ; d’un autre côté une autre frange de leur électorat pense qu’il ne faut pas revenir sur la loi relative au mariage homosexuel et sont en phase avec l’évolution générale de l’électorat vers une tolérance plus grande qu’avant vis-à-vis de l’homosexualité. Et par ailleurs, gagner la présidentielle passe obligatoirement par l’élargissement de l’électorat. Parmi les candidats UMP à la présidence de l’UMP ou à la présidentielle, seule la position d’Hervé Mariton tranche et ne couvre qu’une catégorie particulière de l’électorat UMP. Hervé Mariton a été très engagé dans la "Manif pour tous" et propose explicitement de revenir sur la loi. Les autres, qu’il s’agisse de Bruno Le Maire, Alain Juppé, François Fillion ou Nicolas Sarkozy, tout en critiquant François Hollande d’avoir "dressé les Français les uns contre les autres", ont exclus de remettre en cause la loi et propose des ré-écritures sur les questions d’adoption ou de la GPA. Ils couvrent de manière plus large les franges les plus culturellement tolérantes de l’électorat de droite ou les franges qui estiment que là n’est pas la priorité en cas de retour au pouvoir en 2017.


Yves-Marie Cann : Nos études montrent que le mot famille en tant que tel est aujourd'hui très valorisé par l'ensemble des Français. Le contexte de crise et l'individualisation des rapports sociaux favorisent ce retour sur la famille. Mais ce n'est pas parce qu'on y est  attaché que l'on appose les mêmes valeurs, enjeux et attentes. Une partie des sympathisants de droite se caractérisent par l'attachement à la famille traditionnelle, dont on a vu la défense émerger à l'occasion des débats sur le mariage pour tous. La mobilisation venait essentiellement du peuple de droite, et se rattachait à l'héritage judéo-chrétien du mariage : un homme, une femme et des enfants.

S'il n'y avait que cet enjeu auquel les sympathisants de droite attachaient de l'importance, cela donnerait clairement à Hervé Mariton, car celui-ci s'est largement emparé de la thématique et assume son côté conservateur. Sans doute pourra-t-il profiter de son positionnement auprès d'une partie de la base militante UMP à l'occasion des primaires du 22 novembre 2014. Cependant, pour une majorité d'adhérents UMP ce ne sera pas le sujet le plus déterminant. Ils choisiront surtout la personne susceptible de reconstruire et redynamiser leur famille politique. Nicolas Sarkozy n'a pas été très clair sur ce sujet, il a même esquivé la question par le reproche sur la méthode de François Hollande. On voit bien la difficulté, même pour Nicolas Sarkozy, de se positionner, car même si la droite traditionnelle est attachée à la famille traditionnelle, une autre frange de la droite a une conception plus ouverte du modèle familial. Ceci dit il n'est pas le seul, Bruno Le Maire s'est abstenu lors du vote de la loi sur le mariage en arguant du fait qu'il est favorable à une union civile, mais opposé à l'adoption plénière telle que la prévoit la loi aujourd'hui. 

2 - Travail

En décembre 2012, le chômage représentait un sujet prioritaire pour 87% des électeurs de l'UMP et 82% des électeurs du Modem (Harris pour RTL). 82% des sympathisants de droite attendent désormais du retour de Nicolas Sarkozy une simplification du Code du travail pour permettre plus de flexibilité et plus de 60% espèrent également une suppression des 35 heures.

Bruno Cautrès : Ce sont essentiellement les questions des 35 heures, de la flexibilité du marché du travail et de l’âge de la retraite qui constituent l’épine dorsale des propositions des candidats UMP. L’électorat UMP attend très clairement la fin des 35 heures, la simplification du code du travail, le recul de l’âge de la retraite, ce que proposent tous les candidats UMP à peu de différences près. L’électorat UMP souhaite que si l’un des candidats UMP gagne la présidentielle de 2017 il aille plus loin que Nicolas Sarkozy ne l’avait fait après sa victoire de 2007. Les différents candidats sont plutôt à l’unisson ici même si la vigueur de la dénonciation des 35 heures est plus accentuée chez François Fillion, qui souhaite un retour aux 39 heures dans la fonction publique. Le credo très libéral de l’ancien premier ministre, ou celui moins surprenant d’Hervé Mariton, leur permet d’apparaître comme plus nettement tournés vers les valeurs du libéralisme économique. Mais les propositions de Bruno Le Maire, Xavier Bertrand, Alain Juppé (en attendant celles de Nicolas Sarkozy, mais qui devraient être en ligne avec ses positions précédentes) ne sont pas en reste. La question du travail et du marché du travail rapproche les candidats UMP malgré quelques nuances.

Yves-Marie Cann : La valorisation du travail en général et la simplification de la législation font l'objet d'une prise de conscience générale dans la société, à gauche comme à droite. Ceci dit, les attentes sont plus élevées chez les sympathisants de droite, ceux de gauche restant attachés aux acquis sociaux et progrès obtenus par les militants qui les ont précédés. Les sympathisants de droite, eux, se projettent davantage dans la perspective d'une remise à plat de la législation. Ils sont particulièrement sensibles à cet argument, car de manière générale ils valorisent très fortement la contribution de l'entreprise au rayonnement de la France au niveau international. Pour eux c'est de là que viendra le salut, par conséquent tout ce qui est susceptible de générer un blocage fait l'objet d'un rejet.
Sur ce sujet de l'entreprise, chacun des candidats se trouve sur un pied d'égalité. Sauf à jouer la stratégie de la course à l'échalote et de la surenchère, les propositions des différents candidats sont peu ou prou les mêmes. On le voit avec la thématique des 35h : autant c'est un "totem" de gauche, autant c'est une source de rejet chez les sympathisants de droite. Les différents leaders de l'UMP l'ont bien compris. Néanmoins les 35h sont devenues très théoriques, puisque les entreprises et les branches qui le souhaitent peuvent d'ores et déjà engager des négociations sur le sujet depuis que des aménagements ont été introduits sous Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy.

3 - Immigration

Selon un sondage CSA pour Atlantico réalisé au mois de juin 2014, le mot "immigrés" n'évoque rien de très positif pour les sympathisants UMP. Seuls 16% d'entre-eux l'associent à quelque chose "d'assez positif". Par ailleurs, 86% des sympathisant espèrent un durcissement de l'acquisition de la nationalité français et 76% souhaitent la suppression de l'aide médicale d'Etat pour les étrangers (Opinion Way pour le Figaro)

Bruno Cautrès : Les candidats UMP n’ont pas encore pris des positions bien nettes sur cette question même si l’on peut penser qu’ils plaideront tous position en faveur d’un lutte renforcée centre l’immigration dite "clandestine". Sans doute ne veulent ni "rouler pour le FN", ni se sentir trop rapidement coincés sur ces question. En revenant à nouveau sur sa proposition de 2012 de remettre ne cause Schengen, Nicolas Sarkozy a commencé à marquer son territoire sur une question toujours très sensible parmi les électeurs de l’UMP. On peut s’attendre à ce que les candidats UMP qui jouent le match au centre (Alain Juppé) ne soient pas très à l’aise sur cette question ou sur les questions de laïcité. Les électeurs de l’UMP attendent des réponses sur ces questions et la période 2014-2016 verra les candidats obligés de se positionner.


Yves-Marie Cann : Le rapport à l'immigration est source de clivages très forts en France, entre une gauche attachée au multiculturalisme et une droite qui dans son ensemble valorise l'héritage judéo-chrétien du pays. Par rapport à une immigration perçue comme émanant principalement des pays nord-africains, et qui pose la question de la place de l'Islam en France, les sympathisants se montrent particulièrement attentifs au thème de l'identité. D'où l'attente d'une régulation plus forte aux frontières, et d'une lutte accrue contre l'immigration illégale. Là encore, les différents leaders de droite se différencient peu. Ils sont en phase avec la base militante. De plus, sous l'effet de la concurrence avec le Front National, ce thème s'intègre forcément dans la stratégie des candidats UMP à la présidence du parti ou de la République. Nicolas Sarkozy a toujours été présent sur les thèmes de l'immigration et de la sécurité, sans établir de lien de cause à effet, et a d'ailleurs construit sa stature et sa crédibilité d'homme d'Etat là-dessus. Au cours de sa présidence on a tout de même vu cette légitimé s'éroder chez une partie des électeurs de droite, notamment ceux qui étaient tentés par le vote FN. Ils faisaient confiance au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, mais n'ont pas maintenu cette confiance à l'égard du président de la République. Mais auprès des sympathisants UMP et des adhérents, il conserve un crédit et un capital de confiance assez fort, en tout cas plus que Bruno Le Maire ou Hervé Mariton.

4 - Justice

89% des sympathisants de droite souhaiteraient le rétablissement des peines planchers (Opinions Way pour Le Figaro, septembre 2014). 

Yves-Marie Cann : Dans le cadre des élections internes à l'UMP, les candidats s'adressent à des électeurs pour lesquels les peines plancher restent une mesure et un marqueur fort du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Pour le coup, c'est un "totem" de droite. De même qu'il est difficile pour eux de se différencier sur de très nombreux sujets, il leur est difficile de tenir un discours alternatif.

5 - Finances publiques

Selon un sondage Harris pour RTL réalisé en décembre 2012, la question des déficits publics et de la dette représentait une question prioritaire pour 80% des électeurs UMP et pour 79% des personnes ayant voté pour François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle.  C’est une constante depuis de nombreuses années : les aspirations à lutter contre les déficits publics et la dette sont nettement plus marquées à droite qu’à gauche. Ceci est plus particulièrement le cas auprès des électeurs du centre droit (UDI, MoDem) et de l’UMP. Aussi dans une étude réalisée par l’Institut CSA au premier tour de l’élection présidentielle en 2012, la lutte contre les déficits publics apparaissait comme l’une des premières motivations du vote des électeurs de Nicolas Sarkozy.

Bruno Cautrès : Les attentes sont fortes parmi les électeurs UMP sur la réduction des dépenses publiques et la réduction des impôts. Réformer l’Etat, les collectivités locales et les dépenses sociales (limiter les abus, les conditions d’accès aux soins universels) sont des enjeux majeurs pour cet électorat et les différents candidats sont assez proches sur ces questions. Réduire les dépenses et ne pas augmenter les impôts sont ici les priorités. Il faudra voir pendant la période 2014-2016, ce que proposent précisément les différents candidats : quelles dépenses doivent être coupées ou transférées vers les collectivités locales ou le secteur privé ? La tonalité de chacun  introduit pour le moment des différences : Hervé Mariton est ici fidèle à son crédo libéral ; Alain Juppé, sans doute ayant en mémoire la période 1995-1997 semble plus prudent et parle du transfert d'une partie de la fiscalité, celle qui pèse sur la production et les entreprises, vers d'autres impôts comme la TVA. Les électeurs qui voteront Nicolas Sarkozy pour la présidence de l’UMP auront de fortes attentes sur ces questions et celui-ci devra impérativement développer ses idées sur la fiscalité. Il a parlé de redonner des marges aux entreprises pour qu’elles investissent, mais quid de la fiscalité sur les ménages ?

Yves-Marie Cann : Le rapport à l'Etat qu'entretiennent les sympathisants UMP et plus globalement de droite peut expliquer l'assentiment très marqué en faveur d'une lutte contre les politiques publiques (pour 80 % des sympathisants UMP, c'est un sujet marquant. Sondage Harris pour RTL, ndlr). Mais ce n'est pas la première raison de l'importance qu'ils attachent à la maîtrise des finances publiques. L'électorat de droite est assez âgé, et son niveau de vie dépend de la capacité de l'Etat et des pouvoirs publics en général à assurer le paiement de leur retraite et un système de santé efficace. Le niveau de l'endettement public peut être perçu comme une menace sur la capacité de l'Etat à assumer son rôle. Ceci étant dit, la droite n'est pas composée que de personnes âgées, beaucoup de personnes sont soucieuses de l'excès de charges qui pèsent sur les entreprises. Valorisant fortement le rôle de ces dernières, ils sont partisans d'une gestion plus rigoureuse des finances publiques pour donner plus d'oxygène aux acteurs économiques. Au risque de tomer dans la surenchère et de promettre l'impossible, il est très difficile pour les différents candidats de se démarquer. Ce n'est pas tant la capacité à tenir les engagements que le dynamisme et le volontarisme affichés qui joueront auprès des gens de droite. Un adversaire comme Alain Juppé pourrait contester à Nicolas Sarkozy la crédibilité gestionnaire, ce dernier ayant tout de même laissé la France s'endetter sous son quinquennat.

6- Fonctions régaliennes et organisation de l'Etat

En 2012, l'insécurité représentait une prioté pour 74% des sympathisants UMP et  45% des électeurs du Modem. Si les attentes en matière de lutte contre l’insécurité ont beaucoup progressé ces dernières années à gauche, il n’en demeure pas moins qu’elles restent nettement plus marquées à droite, davantage encore à l’extrême droite. Auprès des sympathisants UMP et FN par exemple, la lutte contre l’insécurité constitue une sorte de marqueur identitaire avec généralement en toile de fond l’immigration. 

Bruno Cautrès : Tous les candidats UMP expriment des propositions sur le thème de la réduction de l’intervention de l’Etat dans l’économie et la société française. Ce thème est cher à leurs électeurs qui veulent globalement moins d’Etat et moins de dépenses publiques. Il s’agit là d’un thème traditionnellement important pour les électeurs de droite, mais aussi du centre. La réduction du nombre de fonctionnaires est un point commun aux candidats, avec des différences de méthodes pour la mettre en œuvre. François Fillion est très en pointe sur cette question (non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, voire plus), mais Bruno Le Maire également qui entend faire de son exemple personnel un cas général (démission de la fonction publique quand on est élu parlementaire). Alain Juppé a été moins précis sur cette question pour le moment et à l’instar de Bruno Le Maire il plaide pour une grande réforme de l’éducation nationale. Il n’est pas certain que ce projet mobilise beaucoup les électeurs de droite qui sont sans doute plus concernés par les questions des dépenses publiques et de l’efficacité du système éducatif.
Les candidats UMP se différencient sur la question des réformes institutionnelles même si tous se positionnent sur ces questions qui vont beaucoup mobiliser les candidats de 2017. Néanmoins, ces questions ne sont pas celles qui préoccupent le plus les électeurs de l’UMP (mis à part la question de la réduction du nombre de parlementaires) et les propositions de Nicolas Sarkozy (referendum) ou Xavier Bertrand (retour au septennat avec un  seul mandat possible) sont parmi les plus marquantes.


Yves-Marie Cann : Un Etat fort en matière de justice, de sécurité et de défense, c'est ce  à quoi sont très attachés les sympathisants de droite. Ce sont les mêmes qui auront tendance à contester le rôle et le niveau d'intervention de l'Etat tel qu'on le connaît aujourd'hui. Paradoxalement c'est la même population qui, plutôt âgée, bénéficie d'un modèle social et de santé qui, si on veut le réformer, doit être mis à plat. Or je ne suis pas sûr que les retraités de droites soient prêts à aller jusque là.

7 - Europe

Plus de la majorité des électeurs UMP souhaiteraient réduire le nombre de parlementaires européens, renégocier les accords de Schengen, inscrire la règle d'or dans la constitution pour garantir l'équilibre budhétaire (Opinion Way pour Le Figaro). 

Bruno Cautrès : L’Europe est généralement un sujet qui clive au sein des familles politiques françaises, et l’UMP n’échappe pas à cette règle. D’un côté les électeurs et les candidats UMP sont favorables à l’intégration économique européenne, quitte prendre position pour une Europe des "cercles concentriques" avec un groupe de pays qui continuent à s’intégrer. Mais d’un autre côté plusieurs candidats (Bruno Le Marie ou Nicolas Sarkozy quand il était président) prennent position pour un arrêt de l’élargissement et un refus net opposé à la Turquie. Le thème de la croissance en Europe a pénétré les candidats de la droite et il est devenu un thème assez consensuel : tout le monde veut une relance de la croissance en Europe mais les candidats de l’UMP ne se prononcent pas en faveur de vastes programmes de dépenses publiques européennes.

Yves-Marie Cann : Les électeurs de droite peuvent porter un regard critique sur l'Europe en ce sens que la construction européenne peut être considérée comme portant atteinte à la souveraineté de la France. Ceci étant dit, au cours des dix ou quinze dernières années on a vu que le rapport des sympathisants de droite et plus particulièrement des membres de l'UMP s'est modifié, notamment sous l'effet de la présidence de Nicolas Sarkozy. L'alignement sur l'Europe par la droite est comparable à ce qu'était celui de l'UDF. La critique souverainiste portée par des gens comme Philippe de Villiers a progressivement été mise à la marge de l'UMP. Ce discours est maintenant porté par le FN.Quand les candidats UMP, comme Alain Juppé, déclarent qu'il faut "une Europe moins productrice de normes et de contraintes, qui se concentre sur l'essentiel", cela touche au-delà des sympathisants UMP. La seule limite, concernant l'ancien Premier ministre, est que l'ancien Premier ministre a déjà tenu de tels propos il y a 20 ans. Or on voit bien que la construction européenne est essentiellement une affaire de droit, de législation et d'harmonisation. Qui dit marché unique, dit unification de toutes les normes. Derrière les beaux discours, peu de choses changent en la matière.

8 - Equité du système 

Bruno Cautrès : Tous les candidats UMP parlent ou parleront de la question des régimes de retraite des fonctionnaires par rapport à ceux des travailleurs du secteur privé.  Le rapprochement des statuts publics et privés des travailleurs est une constante de la droite qui n’est jamais très à l’aise sur ces questions : l’importance de l’emploi public en France, mais aussi le blocage des salaires de la fonction publique depuis plusieurs années, rendent cette question difficile pour tous. Mais les attentes de franges importantes de l’électorat de droite (petits travailleurs indépendants, patrons) sont importantes ici.

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