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Des millions de nanobilles d’acier bleui pour reconquérir le temps qui passe (De Bethune)…
Des millions de nanobilles d’acier bleui pour reconquérir le temps qui passe (De Bethune)…
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Atlantic-Tac

Quand Richard gagne avec trente grammes et quand Charlie s’impose en trente-quatre millimètres : c’est l’actualité des montres

Mais aussi la palette chromatique d’une plongeuse, l’or des braves horlogers indépendants, les nanobilles d’un défi post-atomique, le signe de la division d’une nouvelle marque, le rêve d’une mécanique industrielle tricolore et une compilation sport chic très réussie…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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DE BETHUNE : Il pleut des nanobilles…

Dessiné initialement pour la marque Ikepod, le sablier de Marc Newson est un des plus beaux objets du temps des années 2010. On peut même le qualifier d’iconique. L’idée vient d’être reprise par la manufacture De Bethune, qui a voulu associer à son image avant-gardiste la signature d’un des designers les plus influents de son époque. Le défi était de bleuir de façon homogène les nanobilles (0,6 mm de diamètre) qui composent le « sable » de ce sablier : chez De Bethune, le bleu est un principe intangible ! Répliquer ce même bleu sur 127 millions de nanobilles parfaitement calibrées [c’est le total pour cette série de 36 pièces] est un exploit technique, de même que le soufflage du verre et la précision attribuée à chaque sablier : soixante minutes pour les 12 pièces en grand modèle et dix minutes pour les 24 pièces de petit format. L’écoulement de ce flux d’acier poli bleui au four a quelque chose de fascinant et en même temps de relaxant : on devrait conseiller aux cardiaques en pleine rééducation de méditer devant ce sablier ! Inutile de préciser que cet objet du temps est aussi un très expressif témoignage rétrofuturiste du meilleur design contemporain : on veut bien parier que la série sera rapidement épuisé, mais on veut espérer que ce succès incitera De Bethune à rééditer cette opération : au temps des horloges atomiques, quoi de plus subtil qu’un sablier pour mesurer le temps ?

ARTYA : Un arc-en-ciel subaquatique…

Mais non, les codes des montres de plongée ne sont pas immuablement figés ! Il suffit d’avoir un peu d’imagination, mais c’est peut-être ce qui manque le plus dans les bureaux d’étude de l’horlogerie traditionnelle. ArtyA (la manufacture d’Art d’Yvan Arpa) nous le démontre avec sa montre Deepth Gauge étanche à 300 m, qui sait nous en donner un peu plus que le minutage affiché par sa lunette tournante : pour savoir à quelle profondeur on descend, il suffit de regarder le cadran. Si vous ne voyez plus le rouge, c’est que vous avez dépassé les cinq mètres de profondeur [c’est la première couleur du spectre qui disparaît]. Si vous ne voyez plus le vert, à moins d’être un plongeur expérimenté, c’est que vous êtes en grand danger au-delà des cinquante mètres après lesquels toutes les couleurs ont disparu. Un principe de repérage chromatique très simple, qui apporte une grande originalité esthétique à cette Deepth Gauge Swiss Made en acier (boîtier de 44 mm) équipée d’un mouvement automatique Aion (50 heures de réserve de marche) et proposée autour des 12 000 euros. Cette joyeuse jauge de profondeur visuelle a un indéniable talent poétique !

CHARLIE PARIS : Du bureau à la plage…

La jeune maison française Charlie Paris propose sa série Aurore pour les femmes qui aiment le style « sport chic » – formes douces d’un boîtier en acier de 36 mm, bracelet métallique aux maillons souples, cadran bleu et mouvement automatique pour trois aiguilles et une date. La pré-commande commence à 425 euros sur le site de Charlie Paris et cette Aurore proposée en différentes versions est une des meilleures affaires de l’été qui s’annonce. Étanche à 100 m comme toute tool watch qui se respecte et qu’on fait emmener au bureau comme à la plage, la montre est dessinée et assemblée en France, avec un excellent mouvement japonais Miyota – tout de même, vivement que les jeunes horlogers français disposent d’un mouvement français (voir plus bas notre « Bon à savoir ») ! Zéro défaut pour mener une vie active en toute élégance comme en toute sécurité : on ne vous coupera pas le bras pour vous arracher cette Aurore, contrairement à ce que vous risquez aujourd’hui avec des marques plus célèbres…

MARCH LA.B : De l’or tricolore…

L’appétit vient en mangeant ! Initialement lancée sur un concept de montres « tendance » par leur style autant que par leur prix accessible, la marque indépendante française March LA.B aborde à présent le secteur du luxe horloger en proposant sa célèbre Mansart en or. Les lecteurs d’Atlantic-Tac connaissent bien cette marque, portée de temps en temps par le président de la République Emmanuel Macron : sculpté dans l’or 18 carats, ce boîtier octogonal de 34 mm [une forme qui rappelle celle de la place Vendôme] est cette fois équipé d’un mouvement automatique G100 de la manufacture suisse La Joux-Perret (voir ci-dessous dans « Bon à savoir »), qui est largement francisé après son passage par un atelier bisontin. Cadran laqué vert sapin ou blanc selon les goûts, le prix passant à un peu moins de 12 000 euros avec un bracelet en alligator – une édition de luxe limitée à 20 montres. Avec son boîtier en or de 26 mm, la version féminine Lady Mansart reste équipée d’un mouvement électronique et son prix est contenu sous les 8 000 euros (bracelet alligator)…

RICHARD MILLE : Gracias Rafa !

On ne vous l’avait pas dit parce que ça allait de soi, mais Rafael Nadal portait au poignet, pour sa quatorzième victoire à Roland-Garros, une montre on ne peut plus française – quoique Swiss Made : c’était un tourbillon Richard Mille RM 27-04. Cette montre a été développée spécialement pour lui par Richard Mille, le génie contemporain français de l’horlogerie internationale : elle ne pèse que 30 grammes et son mécanisme semble à toute épreuve, puisqu’il résiste aux frappes d’un joueur phénoménal, qui vient d’engranger son vingt-deuxième titre dans un tournoi du Grand chelem. Demandez donc aux autres horlogers suisses si leurs précieux tourbillons – une « complication » mécanique considérée comme un des plus délicates du monde ! – peuvent résister à quelques heures de tennis à ce niveau de puissance... Nous, on serait tenté de dire « Gracias, Richard » pour ce bon moment !

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• MOUVEMENTS FRANÇAIS : sans revenir sur la joyeuse fumisterie que représente le projet un peu fantomatique du « groupe Aion », on voit se dessiner plusieurs opérations parallèles autour de la re-création d’un mouvement mécanique tricolore. Le plus avancé semble celui qui regroupe autour de l’atelier Humbert-Droz (Besançon) un motoriste suisse comme La Joux-Perret et beaucoup d’espoirs professionnels autour d’une version « française » du mouvement G100 – on parle même de la réalisation d’un tourbillon bleu-blanc-rouge ! Il est également question d’un retour partiel en France du groupe Soprod, pour y fabriquer une version tricolore du mouvement Newton. D’autres initiatives seront révélées bientôt. À quand une vraie renaissance d’une filière horlogère « industrielle » en France ? •••• OBELUS : encore une marque indépendante française qui vient de se créer, avec une campagne de lancement sur Kickstarter. Elle se veut « inspirée du passé, imaginée pour le futur ». La proposition est originale moins par celle d’un chronographe deux compteurs (boîtier de 42 mm, mouvement méca-quartz) que par les couleurs proposées par ce Rétro Chronoscope : contraste gris souris-noir, vieux rose-noir, bleu nuit-noir, vert sauge-noir ou même « panda sale » (noir-champagne). Les souscriptions démarrent à 499 euros, ce qui semble très bien placé et plus qu’honnête. Pourquoi Obelus ? C’’était le pseudonyme choisi par… Obélix quand il s’était déguisé en légionnaire roman dans Astérix et les Goths, mais ce n’est pas la bonne réponse. En fait, l’obélus est le signe mathématique choisi depuis 1659 par le mathématicien et astronome suisse Johann Heirich Rahn pour exprimer la division (÷) – ce qui nous ramène au siècle de Louis XIV et à Versailles, où se trouve le siège d’Obelus, dont le nom symbolise donc à la fois les mathématiques, la Suisse, l’astronomie et la division du temps ! Un sacré concentré de bonnes choses, ce Rétro Chronoscope… •••• AUDRIC : et, pour finir cette chronique, une autre marque indépendante, cette fois suisse (Neuchâtel), qui se lance en souscription sur Kickstarter, L’idée est de compiler, en mode Swiss Made, à peu près tout ce qui se fait de mieux dans le goût « sport chic » : le boîtier en acier de 42 mm soigneusement anglé, le bracelet métallique intégré, la lunette dodécagonale, le cadran texturé en différentes couleurs avec trois aiguilles et des index très luminescents, le mouvement automatique (un « tracteur » suisse Sellita) – le tout à un prix accessible qui dépassera tout juste les 500 euros. Cette Strider est étanche à 200 m (vidéo ci-dessous). Audric a tout compris !

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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