Quand le vert est dans l’étang et quand la benzine est dans le vrai : c’est l’actualité des montres | Atlantico.fr
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Une terre sphérique aux océans bleus pour le quadruple tourbillon Greubel Forsey… Breitling Seiko Luminox Briston Tharros montres
Une terre sphérique aux océans bleus pour le quadruple tourbillon Greubel Forsey… Breitling Seiko Luminox Briston Tharros montres
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Atlantic Tac

Quand le vert est dans l’étang et quand la benzine est dans le vrai : c’est l’actualité des montres

Mais aussi quelques aristocratiques bijoux de la Renaissance, des finitions 705 fois superlatives, un éclairage totalement recyclé, des mariés qui prennent le volant et un maillot jaune qui change de montre…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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THARROS : En mode rétro-artistique…

Tiens, pour changer, une néo-marque de joaillerie qui nous arrive d’Italie et qui aura du mal à nous proposer de montres puisqu’elle s’est spécialisée dans la joaillerie rétro-artistique, comprenez l’édition de bijoux tels qu’on peut les remarquer sur les tableaux du Moyen-Âge, de la Renaissance ou de l’ère victorienne, avec même quelques échappées du temps de l’Antiquité romaine ou de l’Empire byzantin. Difficile d’étendre ce concept aux montres-bracelets, mais la maison Tharros, dont l’atelier s’ouvre dans une petite rue médiévale de Florence (Italie) fait le bonheur de toutes les costumières du cinéma, de la télévision et du théâtre : on ne compte plus les séries historiques internationales bijoutées par Tharros, qui a fini par décrocher une exclusivité pour la reproduction des bijoux qu’on remarque sur les tableaux légendaires du musée des Offices, à Florence (Raphaël, Leonard de Vinci, Michel-Ange et tant d’autres). La grande idée de Tharros, c’est de rendre cette joaillerie artisanale ultra-accessible, en n’utilisant que du métal doré à la place de l’or et des pierres dures à la place des pierres précieuses [par exemple, des grenats à la place des rubis], ce qui permet de conserver aux bijoux leur expressivité visuelle et leur puissance formelle à des prix qui ne dépassent pas quelques centaines d’euros. Porter le même pendentif de pierres tricolores avec une énorme perle baroque que la Maddalena Doni de Raphaël (Galerie des Offices, ci-dessous), c’est possible, il suffit de le demander à Amato Carlo – vous allez être épaté par les prix, alors que les bijoux (pendentifs, broches, bagues, bracelets, etc.) sont spectaculaires…

GREUBEL FORSEY : En mode superlatif…

Autant vous l’avouer franchement, à moins d’évoluer dans un univers de milliardaires horlogèrement très cultivés, vous avez statistiquement peu de chances de croiser une Greubel-Forsey au poignet de vos voisins de bistrot. Cofondé par un Français et un Britannique (Robert <Greubel et Stephen Forsey), cet atelier indépendant de très haute horlogerie mécanique se permet de proposer aujourd’hui des montres dont le prix moyen est le plus élevé de tout le paysage horloger suisse. Il vous faudra ainsi compter un bon gros demi-million d’euros pour avoir le privilège de porter un des onze quadruples tourbillons inclinés [deux paires de deux penchés de 30° pour améliorer la performance chronométrique du mouvement] associés à une Terre sphérique en rotation pour afficher en trois dimensions un second fuseau horaire. Le boîtier en titane de 46 mm – poignets de poulet s’abstenir – et le bracelet en caoutchouc signalent la vocation « sportive chic » de cette montre dont les finitions d’anthologie repérables sur le moindre des 705 composants du mouvement constituent une leçon de décoration horlogère à l’usage des industriels de la montre suisse. Alors, oui, c’est vrai, cette horlogerie superlative est très coûteuse, mais c’est un trésor de culture mécanique qui vient se poser sur votre poignet…

BREITLING : En mode à la mode…

Soit une marque horlogère qui ne cesse plus de nous surprendre en se dépoussiérant – Breitling. Soit une seconde marque, australienne mais furieusement tendance dans l’univers du lifestyle, dans la catégorie endurance et opérations extérieures (outdoor) : Deus ex Machina. On marie les deux et on obtient la nouvelle édition limitée Top Time Deus, Top Time étant une référence de chronographe rétro dans les années 1960 par Breitling. À la croisée du goût vintage et de la pulsion aventurière, la proposition est séduisante, avec un boîtier en acier de taille relativement modeste (41 mm), un mouvement automatique « manufacture » et des détails esthétiques un peu rétro qui rappellent l’âge d’or des montres mécaniques (par exemple, les deux compteurs de forme « coussin » du chronographe ou le bracelet perforé). Les bikers, skateurs et autres surfeurs vont adorer le « In benzin veritas » (quelque chose comme « il n’y a que l’essence de vraie ») en haut à droite du cadran : par ces temps de carbonophobie délirante, c’est presque rafraîchissant ! Comme quoi même les plus anciennes marques suisses peuvent faire preuve d’un certain humour décalé…

GRAND SEIKO : En mode précieux…

On n’attendait pas forcément la maison Seiko à ce niveau de maîtrise joaillière, et encore moins Grand Seiko, marque parallèle généralement orientée vers l’excellence mécanique, mais Seiko fête cette année son 140e anniversaire et il fallait bien pousser la barre un peu plus haut, histoire de venir chatouiller l’amour-propre des marques suisses. Comme souvent avec Gradn Seiko, les racines plongent profondément dans l’âme et la culture japonaise. Le cadran de nacre verte de ce boîtier en platine, de même que les grenats qui le sertissent au milieu de diamants baguette sagement alignés, évoquent les eaux vertes de l’étang de Mishaka et de ses frondaisons, célèbres pour la sérénité paisible que ces lieux inspirent. Dans cette montre équipée d’un mouvement électro-mécanique Spring Drive, qui ne dérive que d’une dizaine de secondes tous les mois tout en affichant huit jours de réserve de marche, tout semble juste, de la moindre courbe au moindre reflet très étudié de la lumière, en passant par la taille des 97 diamants (2,23 carats) et des 24 grenats verts. Grand Seiko ne mettra en circulation dans le monde qu’une quinzaine de ces montres spécialement réalisées pour le 140e anniversaire de Seiko, mais il faudra laisser 195 000 euros sur la table pour en profiter. On se sent paisiblement plus serein quand on l’a compris, mais avouez maintenant que Seiko, c’est bien autre chose que ce que vous pensiez…

LUMINOX : En mode recyclé…

Avec retard, mais obstination, les montres suisses se mettent enfin à la préservation de la nature et à l’économie circulaire pour préserver l’environnement naturel. Luminox nous propose ainsi une montre-bracelet fabriquée presque en totalité à partir de matériaux recyclés : cette Luminox x Bear Grylls #tide Survival Eco 3700 – si, si, c’est le nom complet ! – est dédiée à l’aventurier Bear Grylls, l’homme qui parcourt les terrains les plus reculés, les plus sauvages et donc les plus beaux de cette planète. Le boîtier (45 mm), la lunette et le bracelet de cette montre Swiss Made sont réalisés en #tide ocean, un matériau composé à 100 % de plastiques récupérés dans les océans. Le mouvement électronique est suisse (Ronda) et l’éclairage autonome propre à Luminox [c’est le meilleur du monde dans toutes les conditions d’éclairage). Une partie du montant de la vente de chacune des 1 500 montres sera reversé à la fondation Project Aware, grâce à laquelle des plongeurs œuvrent partout dans le monde pour protéger les océans. Politesse ultime de Luminox : cette bonne action horlogère n’est facturée que dans les 430 euros, pour une étanchéité à 200 mètres…

BON À SAVOIR : En bref, en vrac et en toute liberté…

•••• MARIAGES : décidément, le mois de février s’impose comme le mois des mariages entre les marques horlogères et les marques automobiles. Après l’annonce en début de mois des fiançailles morganatiques entre TAG Heuer et Porsche, la manufacture Girard-Perregaux vient d’annoncer ses noces avec Aston Martin (vidéo ci-dessous), la maison Richard Mille se flattant d’être devenue le nouveau partenaire horloger de Ferrari. Voici même la référence indépendante française BRM qui nous prévient de son association avec l’équipe (chinoise) DS Techeetah, qui court en Formule E. Une occasion pour Bernard Richards, le B et le R de BRM, de nous proposer un sympathique nouveau chronographe automatique (ci-dessous)… ••• MAILLOT JAUNE : rouler en Ferrari ne suffisant pas à Richard Mille, le plus mondialement célèbre des horlogers français vient également de signer pour un partenariat officiel avec l’équipe cycliste UAE Team Emirates, l’équipe qui a remporté le Tour de France 2020 grâce au jeune maillot jaune slovène Tadej Pogacar – lequel portait une Breitling lors de son triomphe sur les Champs-Élysées, en septembre dernier, mais on sait maintenant qu’il aura une Richard Mille au poignet pour le départ du prochain Tour… ••• BRISTON : une bonne nouvelle pour l’horlogerie indépendante française, avec l’ouverture d’une seconde boutique parisienne pour Briston, une des plus belles réussites de la montre tricolore au cours de ces dix dernières années (plus de 1 000 points de vente dans 50 pays). Cette seconde adresse parisienne est au cœur de Saint-Germain-des-Près (31, rue du Four) : on y retrouve les collections Briston mises en scène dans l’esprit Briston – c’est-à-dire une certaine idée de l’élégance décontractée et du sport chic à la française…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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