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La moins conformiste des plongeuses contemporaines (Breitling)…
La moins conformiste des plongeuses contemporaines (Breitling)…
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Atlantic-Tac

Quand le paon ouvre ses chakras et quand l’icône revient en mode néo-nautique : c’est l’actualité estivale des montres

Mais aussi des clous de Paris pour une élégante comtoise, un partenariat franco-spatial, une aventurière dans le grand bleu, un rendez-vous de rentrée et une épatante chaîne du temps…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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AWAKE : En toute géo-respectabilité…

Cette montre « Mission : to Earth » est hautement symbolique de la vigueur renaissante des nouvelles marques françaises de montres. En moins de cinq ans, la jeune équipe d’Awake [la marque tricolore présentée par Emmanuel macron au G7 de Biarritz] a réussi un beau parcours, sous le pavillon d’une exigence environnementale sans concession, qui la conduit à présent à un partenariat avec la prestigieuse NASA, l’agence spatiale américaine – excusez du peu. « Mission: to Earth », c’est une série limitée et numérotée de 250 montres automatiques en titane (matériau recyclé à 70 %) actuellement proposées aux alentours de 990 euros (précommandes en cours sur le site de la marque pour les lecteurs de cette chronique). Sur la masse oscillante qui remonte le mouvement, une inscription « Dare Mighty Things » (« Osez de grandes choses ») qu’on aurait aimé en français, même et surtout dans le cadre d’un partenariat avec la NASA, dont la montre porte les couleurs blanc-rouge [dommage aussi que le mouvement soit japonais, et pas français]. Le bracelet blanc en « biopoly » (composite à base d’huile de ricin) a une confortable souplesse. Un identifiant infalsifiable (technologie NFC) est caché dans le verre saphir : les informations qu’il porte sont sécurisées par une technologie blockchain qui confirme la vocation avant-gardiste d’Awake. À l’intérieur de son coffret, chaque montre est accompagnée d’un authentique fragment de météorite vieux de plus d’un milliard d’années, tombé en 1931 sur la Terre en Tunisie : la chute de cet astéroïde Vesta est là pour nous rappeler la fragilité de la vie sur terre et la nécessité de la préserver. La vidéo ci-dessous saura vous convaincre…

HERBELIN : En confiance…

Un cadran guilloché « clous de Paris » pour la nouvelle Antarès d’Herbelin, une des plus belles réussites de l’horlogerie féminine à la française : l’ensemble est à la fois élégant, très moderne dans sa manière de jouer avec les reflets de la lumière et très traditionnel, puisque cette technique de guillochage remonte aux premières montres de poche (c’était un moyen de renforcer la solidité du cadran). Le bracelet est très facilement interchangeable, pour assortir la montre aux différentes tenues du quotidien : pas moins de trente options de couleurs ou de matières sont proposées – plus besoin de changer de montre ! C’est une re-création, dont on ne peut que féliciter la maison familiale Herbelin (trois générations en Franche-Comté depuis plus de trois-quarts de siècle), qui a choisi un mouvement électronique suisse pour éviter aux dames de s’écailler les ongles en remontant une montre étanche à trente mètres, qui a la politesse de n’être facturée que 520 euros…

YEMA : En route pour l’aventure…

Encore une icône des années soixante qui fait son retour sur le devant de la scène. Dans ces années-là, la Superman de Yema était une des « plongeuses » de référence. Elle renaît aujourd’hui avec d’intéressantes améliorations techniques, comme une étanchéité à 500 m (gage de sécurité aux profondeurs usuelles de plongée), un nouveau dispositif de blocage de la lunette et de la couronne [qui maintient une étanchéité à 30 m même si on a oublié de revisser la couronne !], une luminescence plus vive et un verre saphir en dôme beaucoup plus résistant. Équipée d’un mouvement automatique Yema précis à plus ou moins dix secondes par jour, cette nouvelle série de Superman ne comptera que 200 exemplaires numérotés, proposés en deux tailles (39 mm et 41 mm) à partir de 1 049 euros (1 190 euros avec le bracelet acier), mais il n’y en aura sans doute pas pour tout le monde…

LOUIS MOINET : En pleine sérénité…

Pour le plaisir des yeux, puisqu’il s’agit d’une pièce unique déjà probablement préemptée par quelque lointain descendant des opulents maharadjahs de jadis, voici « Only India », un condensé de culture indienne et de ferveur cosmique [si, si, il y a un lien !] proposé par la jeune marque indépendante suisse Louis Moinet – ce nom rend hommage au plus grand horloger français du XIXe siècle, pionnier des mécaniques horlogères, à peu près ignoré par les historiens – suisses – de l’horlogerie probablement parce qu’il était… français ! Que peut-on repérer sur cette montre enrichie d’un mouvement à tourbillon [visible à six heures : une subtilité mécanique qui améliore la précision chronométrique de la montre] ? D’abord une finesse inouïe dans les gravures et micro-sculptures du boîtier en or rose comme du cadran, dont les richesses évoquent irrésistiblement la profusion décorative des temples et des monuments de l’Inde éternelle. À douze heures, dans une sorte de fleur, un fragment de la météorite martienne Shergotty, tombée en 1865 près de Sherghati, dans l’État du Bihar, en Inde – une pierre rarissime venue de l’espace. On découvre, en fond de cadran, une véritable plume de paon, « oiseau national » de l’Inde considéré comme un symbole de fertilité et d’immortalité. Au centre du cadran, les vingt rayons de la roue éternelle de la loi de Dharma, incarnée par le chakra d’Ashoka qu’on peut retrouver sur le drapeau de l’Inde. Le mouvement suggéré par la roue est souligné par la peinture miniature qui décode les rayons au centre de la gravure. Notez aussi les quatre rubis qui décorent les « cornes » de la montre. Si, avec autant de références symboliques, le porteur de cette montre n’est pas l’homme le plus heureux du monde, c’est qu’il a un karma vraiment très chargé ! On préfère ne pas vous avouer le prix superlatif de cette pièce unique…

BREITLING : En phase néo-nautique…

Quand une marque est menée de main de maître, elle peut à peu près tout se permettre, à commencer par un restylage de ses propres icônes – celles dont les horlogers frileux et passéistes se gardent bien de changer le moindre détail. C’est mal connaître la direction de Breitling que de l’imaginer obsédée par son rétroviseur : elle donnerait plutôt dans un avant-gardisme, certes teinté de rétronostalgie, mais toujours mu par un vrai non-conformisme. Prenons l’exemple de cette nouvelle SuperOcean : c’était la star nautique de Breitling dans les années 1960 et 1970. Ces « plongeuses » étaient alors de véritables « outils » professionnels, remplacés depuis par d’excellents ordinateurs de poignet, autrement plus fonctionnels et complets. Les montres de plongée plongent de moins en moins, mais leurs qualités en font toujours la meilleure et la plus belle conquête de l’homme en ambiance nautique. Breitling a donc repensé sa SuperOcean dans cette optique, en simplifiant (on a supprimé le chronographe de l’époque) et en modernisant son icône, mais aussi en multipliant les clins d’œil à la tradition comme au design de cette héroïne des années 1960 et 1970. La montre y a gagné en netteté visuelle et en puissance graphique. Cette nouvelle SuperOcean automatique étanche à 300 est disponible en quatre tailles (36, 42, 44, 46 mm), avec trois métaux pour les boîtiers (acier, bronze, or-acier) et deux bracelets (un sportif en caoutchouc et un « urbain » à maillons métalliques). En plus des séries non limitées, on compte une édition spéciale de 1 000 pièces dédiée au grand surfeur Kelly Slater, champion du monde qui est aussi un « équipier » de Breitling. On l’aura compris : c’est la montre de plongée qui ne ressemble à aucune autre montre « sous-marine » [en anglais, « submariner »], même si elle respecte tous les codes classiques de cette spécialité…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• GENEVA WATCH DAYS : le rendez-vous genevois de la rentrée, hâtivement bricolé en pleine pandémie, s’est désormais institutionnalisé. Emmenées par Bulgari, Breitling et Ulysse Nardin, une petite quarantaine de marques ont rendez-vous sur les bords du lac fin août pour présenter leurs nouveautés de l’automne. Une bonne vingtaine d’autres marques seront dans les parages, les grandes maisons recevant discrètement à domicile pendant cette semaine de présentations. De quoi aborder la fin de l’année avec un peu plus de sérénité, alors que les marchés semblent freiner un peu partout dans le monde… •••• COLLECTION : on constate actuellement un gros coup de moi sur les marchés des montres de collection et de la seconde main, dont les prix spéculatifs avaient démentiellement augmenté fin 2021 et début 2022. La conjugaison de la guerre en Ukraine, de l’affaiblissement de la dynamique économique chinoise, de l’inflation dans les économies occidentales et de la dépression mondiale des valeurs à la Bourse ont eu raison des folles exagérations tarifaires, qui faisaient payer une montre neuve dix ou vingt fois son prix boutique. La correction est brutale [jusqu’à 50 %, parfois beaucoup plus] sur les montres les plus « chaudes » de Rolex, Patek Philippe ou Audemars Piguet, mais les prix sont néanmoins restés plafonnés à des niveaux spéculatifs très élevés – de trois à cinq fois le prix boutique… •••• ANGLES WATCHES : les petits génies de l’horlogerie hongkongaise osent tout, et c’est souvent très malin ! L’équipe d’Angles Watches a pris l’habitude de réinterpréter avec des modes accessibles certains grands classiques de la haute horlogerie (récemment, c’étaient les heures satellitaires à la manière d’Urwerk, mais en divisant le prix par 20 !). La nouvelle « Chaîne du temps » est une montre automatique dotée d’une chaîne qui tourne, tout au long de la journée (vingt-quatre heures), en faisant cheminer l’aiguille des minutes le long des chiffres de ces heures. Le mouvement automatique est suisse et la série limitée à une centaine de pièces (vingt dans chacune des cinq couleurs du cadran : blanc arctique, gris cobalt, noir d’ébène, vert chasse et bleu Adriatique). Le prix sait rester raisonnable pour ce caprice (dans les 1 800 euros) et l’ensemble est très soigné : grosse impression au poignet garantie…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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