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Ice-Watch monte au créneau pour chronographier un été en couleurs.
Ice-Watch monte au créneau pour chronographier un été en couleurs.
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Atlantic-Tac

Quand la plongeuse démine en tricolore et quand la mode s’écrit en six lettres : c’est l’actualité post-solsticiale des montres

Mais aussi l’art du sport chic qui passe en force, les couleurs d’une passion mécanique, l’été sans souci avec Ice-Watch, les héros texans de Christophe Claret, le succès d’une souscription et des nouvelles fraîches d’un vieux naufrage…

Grégory Pons

Grégory Pons

Journaliste, éditeur français de Business Montres et Joaillerie, « médiafacture d’informations horlogères depuis 2004 » (site d’informations basé à Genève : 0 % publicité-100 % liberté), spécialiste du marketing horloger et de l’analyse des marchés de la montre.

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B.R.M. : En couleurs…

Ceux qui suivent régulièrement cette chronique horlogère savent que les initiales B.R.M. sont celles de la « Bernard Richards Manufacture », la seule vraie manufacture horlogère de la région parisienne et une des seules – sinon la seule ! – en France à pouvoir fabriquer la quasi-totalité de ses montres, du boîtier au mouvement en passant par le cadran, les aiguilles, la couronne de remontage et la boucle du bracelet. Voici une nouvelle B.R.M. « Art Car », au carrefour précis des belles mécaniques du temps et des œuvres d’art : les couleurs servent ici de prétexte à une certaine exubérance horlogère, avec quelques astuces mécaniques comme le shock absorber dont sont équipés les mouvements : c’est une forme d’amortisseur des vibrations et des chocs qu’une montre peut endurer. On reconnaît bien là l’inspiration automobile qui sert de fil conducteur aux créations de B.R.M. Les nouvelles éditions de cette série « Art Car » sont limitées à 150 pièces (à partir de 4 250 euros pour la V6-44 Art car – 44 signalant les 44 mm de ce spectaculaire boîtier en acier – et dans les 7 800 euros pour la version chronographe T12-44 Art Car). Dans le mundillo des passionnés de sport automobile, la ferveur pour B.R.M. est aussi extrême qu’inconditionnelle : autant dire qu’il n’y en aura pas pour tout le monde !

CITIZEN : En force…

Vous ne le savez sans doute pas encore, mais un des modèles les plus placés pour devenir la « montre-de-l’été-2022 » est une des pièces les plus accessibles qui soient dans la catégorie « sport chic ». Elle est signée Citizen, un des groupes horlogers les plus puissants du monde – et il fallait l’être pour oser nous proposer cette Tsuyosa automatique à moins de 300 euros. Oui, oui, vous avez bien lu : 299 euros pour une sportive chic à laquelle il ne manque pratiquement rien par rapport aux « grandes » marques suisses ! Le boîtier de 40 mm en acier étanche à 50 m n’a pas oublié d’avoir les pans coupés de rigueur, ni le bracelet intégré à triples maillons métalliques et boucle déployante, ni le cadran à trois aiguilles et date en couleur (vert, jaune, noir, bleu : notez la sobriété de l’absence de chiffres), ni la subtile couronne de remontage déportée à quatre heures, ni le mouvement automatique à découvrir à travers le fond saphir (40 heures de réserve de marche), ni, bien sûr, l’indispensable style vintage légèrement teinté de rétronostalgie. En japonais, tsuyosa signifie la « force » : on commence à comprendre pourquoi cette montre, qui a tout d’une grande sauf le prix, voit flamber ses pré-commandes en vue d’une livraison début juillet. Franchement, comme le précisait une ancienne « réclame » des années 1970, s’il s’agit d’avoir la bonne montre u bon endroit, il faudrait fou pour dépenser plus…

AURICOSTE : En toute sécurité…

Issue d’une longue tradition d’horlogers de la Marine, la jeune maison Auricoste porte fièrement sa francitude, comme en témoigne le mini-ruban bleu-blanc-rouge qui orne son bracelet. La Scuba-Master 300 Port-Louis [300 pour l’étanchéité à 300 m] reprend les lignes des plus célèbres montres de plongée réglementaires fournies par Auricoste, dans les années 1970 et 1980, aux nageurs de combat et aux démineurs de la Marine nationale. Le modèle a été subtilement modernisé (mouvement automatique suisse) et on appréciera son verre saphir en dôme autant que la vive luminescence de toutes les indications utiles ou la lunette graduée, elle aussi en verre saphir bombé « à l’ancienne ». La couronne de remontage est bien protégée par son épaulement à quatre heures. Innovation 2022 : le bracelet en toile Seaqual, un textile « technique » éco-conçu par l’atelier Avel & Men et issu de déchets marins recyclés. Le tout 100 % français. En 40 mm, c’est un « outil » nautique qui sera parfaitement à l’aise en ville, en bureau comme en week-end : c’est un des charmes de l’indispensable touche vintage sans laquelle il n’est plus aujourd’hui d’icône horlogère qui se respecte. Et cette Scuba-Master 300 est une vraie icône aux yeux des collectionneurs et des amateurs. Le prix a su rester raisonnable (2 750 euros). Auricoste est une des marques qui témoignent de l’extraordinaire vigueur de la nouvelle et sympathique horlogerie tricolore…

CHANEL : En six lettres…

Un gros caprice, une crise brutale de bling-bling, une obsession en six lettres, une passion soudaine pour le cuir matelassé au poignet ? Tout à la fois, puisque tout est bon pour les fashion victims qui craquent les unes après les autres pour la nouvelle montre « manchette » Code Coco Wanted de Chanel, laquelle réunit tous les ingrédients capables de faire craquer les fashionistas impénitentes. Cette édition étant théoriquement limitée [ne serait-ce que par son prix, situé dans les 8 500 euros], vous ne trouverez pas cette montre – si, si, elle donne l’heure, et avec une précision électronique en plus ! – au poignet de toutes les mamans qui viennent chercher les enfants à la sortie de l’école. Autant dire que cette Code Coco Wanted de Chanel fera aussi beaucoup d’effet au bureau, ne serait-ce que par son discret diamant de taille « princesse » logé au-dessus du cadran de la montre…

ICE-WATCH : En mode estival…

Les années passent, mais on ne se lasse pas des montres Ice-Watch qu’on peut accrocher à son poignet le temps d’un été, sur un air de vacances et de bonne humeur. Le tout est de choisir la bonne couleur. Les chronos de l’année sont en « bioplastic », un nouveau matériau composite à base de grains de ricin et de polyamide-nylon, deux ingrédients bio-sourcés et renouvelables qui assurent à ces boîtiers de 44 mm ou même 48,5 mm [pour ceux qui aiment rouler des mécaniques ou qui ont des problèmes de vue] légèreté au porter, confort à la plage comme à la ville avec les bracelets en silicone assortis, résistance au quotidien [l’étanchéité est assurée jusqu’à 100 m] et vivacité durable des couleurs. Pour se libérer de tout souci de mise ou de remise à l’heure, les mouvements sont électroniques. Et les prix savent rester accessibles, à partir de 139 euros. Si vous avez raté la Fête des Pères, c’est le moment de vous rattraper : il y aura bien un modèle à la bonne couleur parmi les sept versions proposées par la plus fameuse des marques horlogères belges…

BON À SAVOIR : En vrac, en bref et en toute liberté…

•••• CHRISTOPHE CLARET : on vous en parle tout de suite, mais nous y reviendrons dans une prochaine chronique. Ne manquez pas le grand spectacle historique que nous propose la nouvelle montre à répétition minutes [on fait sonner les heures, les quarts d’heure et les minutes sur quatre timbres en do, ré, mi, sol] qu’on a dotée d’un « tourbillon » mécanique pour en accroître la complexité horlogère. Comme son nom l’indique, cette « Alamo » est dédiée à un événement historique majeur dans la culture nord-américaine : le siège de Fort Alamo par les troupes mexicaines en 1836 et l’héroïsme de ses défenseurs yankees regroupés sous le drapeau de la jeune république du Texas – c’est là que le célèbre Davy Crockett trouvera la mort : que chacun se souvienne ici du film de John Wayne The Alamo (1960), avec John Wayne et une distribution de grands comédiens tous plus patriotes les uns que les autres. Merci à Christophe Claret pour cet hommage magistral : quand on actionne le poussoir de cette répétition minutes pour entendre le temps plutôt que de le lire sur les aiguilles, les personnages du cadran s’animent (vidéo ci-dessous) et Davy Crockett frétille du rifle•••• ELKA : on sera bientôt dans les 70 000 euros de souscription et une grosse cinquantaine de contributeurs pour la paisible campagne lancée sur Kickstarter par le créateur de la jeune marque indépendante Elka Watch Co – Elka pour faire court, puisque c’est presque le nom de ce créateur (Atlantic-Tac du 6 mai dernier et Atlantic-tac du 3 juin). C’est un signal très encourageant pour les nouvelles marques qui investissent actuellement le marché à des prix décents et avec des montres qui ont du sens. Et c’est encore mieux quand ce sont des marques Swiss Made,capables de porter haut le flambeau d’une nouvelle horlogerie générationnelle, particulièrement intéressante à l’ombre des icônes spéculatives dont tout le monde parle, mais que personne ne porte plus à son poignet de peur de se faire arracher le bras… •••• ANTICYTHÈRE : il faut s’attendre très bientôt à de nouvelles révélations dans le dossier Anticythère, cette incroyable « machine » retrouvée au fond de la mer au large de l’île grecque d’Anticythère. Un « objet du temps » singulier, dont l’analyse scientifique a pu faire le « premier ordinateur mécanique » de l’histoire de l’humanité. Une nouvelle campagne de fouilles sous-marines a commencé en 2022, sur le site du naufrage antique, pour examiner ce qui pouvait se trouver sous d’énormes rochers qui avaient roulé là lors de tremblements de terre ultérieurs. Et il semblerait bien que la moisson soit fructueuse, tant en nouvelles statues retrouvées qu’en découvertes « technologiques ». À suivre…

• LE QUOTIDIEN DES MONTRES

Toute l’actualité des marques, des montres et de ceux qui les font, c’est tous les jours dans Business Montres & Joaillerie, médiafacture d’informations horlogères depuis 2004...

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