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Aucun des deux candidats n'a réussi à attirer un massif vote de conviction.
Aucun des deux candidats n'a réussi à attirer un massif vote de conviction.
©Reuters

Etude Ifop

Les clefs du second tour : un report de voix attendu, et une volonté d'ouverture pour le nouveau gouvernement

Un sondage Ifop montre que les Français sont favorables à une politique d'ouverture de François Hollande dans la composition de son gouvernement, mais pas vers tous les partis de gauche... A droite, une majorité d'électeurs est favorable à une alliance UMP-FN. 54% des électeurs frontistes ont en effet voté pour Nicolas Sarkozy au second tour.

 Ifop

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L'Ifop est un institut de sondages d'opinion et d'études marketing.

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L'Ifop a recueilli les interviews de près de 2000 électeurs, le dimanche 6 mai, entre 17h et 20h. Au moment de leurs réponses, les électeurs n'étaient donc pas au courant de l'identité du vainqueur de la campagne présidentielle. On remarque que François Hollande a obtenu une majorité de votes chez les moins de 35 ans, alors que Nicolas Sarkozy fait ses meilleurs scores auprès de l'électorat plus âgé.

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Les reports de voix du premier au second tour

Si les électeurs de Jean-Luc Mélenchon et d'Eva Joly se sont massivement reporté sur le candidat socialiste au second tour, ce n'est pas le cas des électeurs du MoDem, qui se partage à quasi-égalité entre François Hollande (40%) et Nicolas Sarkozy (41%), le reste ne se prononçant pas. Les électeurs de Marine Le Pen se sont eux majoritairement tournés vers le candidat de l'UMP (54%), contre 21% pour François Hollande. Les trois quarts des sondés précisent que ce soit était fait depuis longtemps, seuls 15% s'étant décidé pendant la campagne et 10% ayant "hésité jusqu'au dernier moment".

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Question : En ce qui concerne le choix de votre candidat au second tour de l’élection présidentielle, diriez-vous que ... ?

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La signification du vote

Aucun des deux candidats n'a réussi à attirer un massif vote de conviction. Dans les deux cas, près de la moitié de l'électorat a voté pour un candidat en priorité pour que son adversaire ne soit pas élu. Cela s'explique peut-être par la campagne présidentielle, jugée mauvaise pour les deux candidats par un tiers de l'électorat. Une grande partie des électeurs (45%) trouve néanmoins que François Hollande a fait une bonne campagne.

Question : Allez-vous voter / Avez-vous voté pour François Hollande ... ?

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Question : Allez-vous voter / Avez-vous voté pour Nicolas Sarkozy ... ?

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Question : Selon vous, indépendamment de votre vote à l’élection présidentielle, lequel de ces candidats a mené la meilleure campagne ?

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Atlantico : Vous avez interrogé les électeurs le 6 mai concernant leur souhait d'ouverture dans le gouvernement de François Hollande. Quels sont les enseignements de ce sondage ?

Damien Philippot : On voit que globalement, les Français sont assez favorables à une ouverture du gouvernement au-delà du Parti socialiste. Mais les réponses sont assez variables selon les partis qu’on envisage : les Français sont largement favorables à l’entrée au gouvernement d’Europe écologie – Les Verts et le MoDem (58%), surtout les électeurs de François Hollande, mais c’est plus clivé concernant le Front de gauche. 51% des Français y sont favorables, avec une vraie différence entre les électeurs de François Hollande (79%) et ceux de Nicolas Sarkozy (23%). Concernant le PCF, on est clairement à un niveau d’adhésion minoritaire : 38% au global, avec à peine 60% chez les électeurs de François Hollande et 16% chez ceux de Nicolas Sarkozy.

C’est un clivage essentiellement politique : EELV et le Modem sont perçus comme plus modérés par un électorat de droite, surtout après la campagne assez radicale de Jean-Luc Mélenchon. S’il y a une adhésion assez forte pour le Front de gauche parmi les électeurs de François Hollande (79%), il y a un vrai rejet de la droite envers la gauche radicale et une forme de bienveillance vis-à-vis du Modem et d’Europe Ecologie.

Le gouvernement souhaité à l’issue de la victoire de François Hollande

Question : Si François Hollande est élu Président de la République, souhaitez-vous que le prochain gouvernement comporte... ?

- Récapitulatif « Oui » -

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Question : Si François Hollande est élu Président de la République, souhaitez-vous que le prochain gouvernement comporte... ?

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Pour les prochaines élections, vous avez demandé aux électeurs UMP et FN s'ils étaient favorables à des alliances entre les deux partis. Qu'ont-ils répondu ?

Damien Philippot : On a des résultats très intéressants, puisque on a un niveau d’adhésion majoritaire à une alliance avec le FN parmi les sympathisants de l’UMP (54%). Ce n’est pas la première fois qu’on pose cette question, on l’avait fait en 1998, à l’occasion des régionales où certains présidents de régions avaient accepté des accords, et en octobre 2010. A chaque fois, on était à des niveaux minoritaires, autour d’un tiers. Là, on passe la barre symbolique des 50%.

Parmi les sympathisants du FN, les résultats sont encore plus nets, puisque 77% souhaitent des accords. C’était déjà majoritaire dans le passé, et on est maintenant à un haut niveau.

Il y a une évolution assez nette de l’électorat UMP, qui est prête à des accords pour faire barrage à la gauche. C’est une forme de pragmatisme. Dans l’électorat FN, c’est plus une volonté d’avoir des représentants. Il y a aussi une forme de porosité entre les deux électorats. Dans le corps électoral, la volatilité était la plus forte au premier tour entre Marine Le Pen et Nicolas Sarkozy. Et il y a naturellement la campagne de Nicolas Sarkozy, qui a emprunté certaines thématiques du FN, ce qui a pu légitimer d’avantage le discours du FN auprès de l’UMP.

La perspective des échéances électorales futures

Question : Souhaitez-vous qu’aux élections locales (municipales, cantonales, régionales), l’UMP et le Front National passent des accords électoraux ?

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(1) Sondage Ifop pour L’Express réalisé par téléphone les 20 et 21 mars 1998 auprès d’un échantillon de 721 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. L’intitulé exact de la question était : « Approuvez-vous ou désapprouvez-vous le fait que certains présidents de région aient accepté les voix du Front National pour être élus à la présidence de leur région ? ». Les résultats indiqués sont ceux obtenus auprès des sympathisants UDF-RPR.

(2) Etude Ifop pour Le Nouvel Observateur réalisée par téléphone du 19 au 22 octobre 2010 auprès d'un échantillon de 478 sympathisants UMP et 96 sympathisants FN, extrait d’un échantillon de 1976 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Enfin, comment les élections législatives se présentent-elles ?

Damien Philippot : Nos résultats montrent que le total gauche est très élevé : on est à 45%, ce qui est très haut, on était en 2007 aux alentours de 36%. On a une évolution assez forte. A l’inverse, le score de la droite parlementaire s’érode considérablement : elle passe de 46 à 32%. Le PS et l’UMP font un score presque équivalent, mais le plus intéressant est le rapport entre le bloc de gauche et le bloc de droite, qui est très défavorable à la droite, à cause d’un score élevé du FN (18%). Ce dernier avait fait 4,3% en 2007.

Traditionnellement, entre les présidentielles et les législatives, le score du Front national s’érode de 4 à 5 points. Là, on observe qu’il reste au niveau que celui de Marine Le Pen au soir du premier tour, mais ça peut évoluer d’ici juin.

Question : Si dimanche prochain devait se dérouler le premier tour des élections législatives, ici dans votre circonscription, pour lequel des candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?

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Question : Si dimanche prochain devait se dérouler le premier tour des élections législatives, ici dans votre circonscription, pour lequel des candidats suivants y aurait-il le plus de chances que vous votiez ?

- Comparatif 2007 / 2012 -

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Méthodologie

Ce document présente les résultats d’une étude réalisée par l’Ifop. Elle respecte fidèlement les principes scientifiques et déontologiques de l’enquête par sondage. Les enseignements qu’elle indique reflètent un état de l’opinion à l’instant de sa réalisation et non pas une prédiction.

Aucune publication totale ou partielle ne peut être faite sans l’accord exprès de l’Ifop.

Étude Ifop-Fiducial pour : Europe 1 - Paris Match - Public Sénat

Échantillon de 1 968 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus
inscrite sur les listes électorales.

La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession
de la personne interrogée) après stratification par région et catégorie d’agglomération.

Les interviews ont eu lieu par questionnaire autoadministré en ligne (CAWI - Computer Assisted Web Interviewing).

Date de terrain : Le 6 mai 2012 de 17h à 20h

Précision relative aux marges d'erreur


La théorie statistique permet de mesurer l’incertitude à attacher à chaque résultat d’une enquête. Cette incertitude s’exprime par un intervalle de confiance situé de part et d’autre de la valeur observée et dans lequel la vraie valeur a une probabilité déterminée de se trouver. Cette incertitude, communément appelée « marge d’erreur », varie en fonction de la taille de l’échantillon et du pourcentage observé comme le montre le tableau ci-dessous :

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Exemple de lecture du tableau : dans le cas d’un échantillon de 2 000 personnes, si le pourcentage mesuré est de 10%, la marge d’erreur est égale à 1,3. Le vrai pourcentage est donc compris entre 8,7% et 11,3%.

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