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Boris Johnson, le Donald Trump britannique ; Franz-Olivier Giesbert vent debout contre Mediapart ; Bruno Le Maire, chantre du capitalisme moral made in USA ; Louis de Funès, héro anti-bobo de Valeurs actuelles
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Revue de presse des hebdos

Boris Johnson, le Donald Trump britannique ; Franz-Olivier Giesbert vent debout contre Mediapart ; Bruno Le Maire, chantre du capitalisme moral made in USA ; Louis de Funès, héro anti-bobo de Valeurs actuelles

Et aussi : Oligarchie algérienne sur Seine ; Cédric Villani ne lâche rien ; Thierry Marx, le Karl Marx de la gastronomie

Julie Mangematin

Julie Mangematin

Julie Mangematin est journaliste.

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Bruno Le Maire, chantre du capitalisme moral made in USA

 

Bruno Le Maire aurait-il radicalement viré sa cuti pour passer à gauche ? On pourrait le croire à la lecture du Point. Dans une longue interview, le ministre de l’Economie passe en revue ses nouveau combat : encadrement des Gafam, finance verte (mais pas comme le billet), responsabilité sociétale les entreprises.

 

L’ancien membre des Républicains semble vouloir refonder le capitalisme à rebrousse poil des bases posées par Milton Friedman. "Le capitalisme ne peut plus se donner comme seul objectif de générer du profit. Il doit avoir un sens politique et social. Le capitalisme que nous avons connu au XXe siècle est dans une impasse. Il a conduit à la destruction des ressources naturelles, à la croissance des inégalités et à la montée des régimes autoritaires. Son changement est indispensable. Entre le capitalisme financier américain et le capitalisme d’Etat chinois, nous devons définir un capitalisme européen durable et responsable. [...] Ce nouveau capitalisme doit réduire les inégalités. Il doit aussi protéger les ressources de la planète. La finance verte est un levier indispensable, mais encore faut-il nous entendre sur ce que sont des projets verts ! Nous devons donc définir un standard européen si nous ne voulons pas nous faire imposer un standard étranger. La France est en première ligne, cela doit être une priorité des travaux de la prochaine Commission européenne." 

 

Quant à la taxe sur les Gafam dont il est le héraut, ne serait-elle pas un aveu d’échec, en ne proposant qu’une taxe de plus au lieu d’un Google européen ? Le ministre défend ce pas en avant et expose ses ambitions : "Cette taxe est un outil nécessaire. Elle [...] porte [...] sur les activités numériques en général. [...] Dans notre nouveau modèle économique, [...] la valeur repose aussi sur la collecte et la valorisation de données, sans présence sur le territoire. Or ce nouveau modèle économique n’est pas soumis à une fiscalité adaptée. Ce qui crée le plus de valeur est donc ce qui est le moins taxé ! Qui peut le comprendre ? Nous avons échoué au niveau européen à cause de quatre Etats. Nous pouvons en tirer une conclusion simple : il faut passer de la règle de l’unanimité à la majorité qualifiée pour les décisions européennes en matière de fiscalité. Nous avons désormais porté ce combat au niveau international. L’accord que nous avons trouvé la semaine dernière au niveau des ministres des Finances du G7 doit nous amener le plus rapidement possible à adopter à l’OCDE une taxe universelle sur le numérique. 2020 serait idéal." 

 

 

Boris Johnson, le Donald Trump britannique

 

Le Point dresse le portrait-robot de Boris Johnson. Le magazine retrace son parcours atypique et sa biographie à rebondissements : "Journaliste, député, maire de Londres, ministre des Affaires étrangères et Premier ministre. [...] Tel un chat, l’intéressé a connu neuf vies : l’homme de lettres, le Londonien, le clown, le brexiteur, le populiste, l’Anglais, l’Américain, le mondialiste et le séducteur."

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le nouveau Premier ministre britannique est doté d’une personnalité haute en couleurs : "le jeune scribe à la plume acérée est rapidement congédié du Times pour avoir falsifié une citation de son propre parrain [...]. Qu’importe, par piston, le jeune loup rebondit au Telegraph qui le nomme correspondant à Bruxelles auprès des institutions européennes en 1990."

 

Journaliste dans les années 1990, déjà, il honnissait l’Europe - avec un certain succès d’influence : 

 

"Grâce à son immense talent d’écriture, ses attaques contre la bureaucratie européenne lui valent l’admiration des eurosceptiques thatchériens. Il prête à la Commission européenne le projet d’interdire les saucisses, le cocktail aux crevettes et les chips qui égaient les repas de ses compatriotes. A moitié inventés, ses scoops provoquent l’ire des députés torys et l’embarras du gouvernement de John Major. Des fake news à volonté avant la lettre. Il connaît son heure de gloire en mars 1992 en dénonçant le prétendu « plan Delors pour dominer l’Europe » destiné à créer un super-Etat fédéral. Les manchettes sanguinolentes signées Johnson manquent de faire déraper la ratification du traité de Maastricht en 1992."

 

Mais il est aussi… "Diva. Dans la capitale belge, le plumitif se comporte en diva. Il disparaît sans donner d’explications, exige que ses articles et sa signature figurent en une, manipule ses confrères pour leur soutirer des informations sans jamais renvoyer l’ascenseur. [...] Il y a aussi cette affaire troublante : le correspondant du Telegraph aurait donné des informations à un ami du collège d’Eton visant à passer à tabac un journaliste qui avait enquêté sur les activités financières douteuses de ce dernier."

 

Ses collègues vivent "un véritable calvaire à ses côtés" : "Le chef est macho, perso, suspicieux, obsédé par sa propre grandeur". Dans sa biographie au vitriol, Sonia Purnell, numéro deux du bureau bruxellois du Telegraph à l’époque, le décrit comme "irrationnel, agressif, instable, perdant son sang-froid… Il ne croyait pas un mot de ce qu’il écrivait, mais il avait trouvé un créneau très lucratif qu’il a exploité sans vergogne."

 

Et Le Point de conclure avec l’image du saute aux yeux de chacun : "Un Donald Trump en devenir ?"

 

Thierry Marx, le Karl Marx de la gastronomie

L’Obs met à l’honneur en Une un homme lui aussi engagé et multi-facettes, mais à l’opposé de l’échiquier politique : "Créatif et franc-tireur, Thierry Marx, chef étoilé cathodique, veut réparer l'ascenseur social."

L’Obs a décidé de titiller la fibre macroniste du cuisinier : "Vous dirigez des restaurants étoilés et 'en même temps' des écoles d'insertion. Vous défendez l'agriculture responsable et 'en même temps', vous collaborez avec la grande distribution." Mais voilà encore un déçu de l’exercice du pouvoir macronien…

"Il n'y a pas forcément de contradiction. Le luxe n'est pas une insulte à la misère, mais à la médiocrité. Quant à la grande distribution, si je peux contribuer à en améliorer les procédés sans renier mes principes, pourquoi pas? J'ai apprécié qu'Emmanuel Marron fasse campagne en proposant des solutions, sans critiquer ses prédécesseurs. Mais je trouve que le 'nouveau monde' ressemble beaucoup trop à l'ancien. L'économie doit être sociale, l'hyperprofit ne sert à rien. Après avoir été le champion des découverts et des saisies sur salaire, j'assume ma réussite. Mais si on reste dans la verticalité, avec 100 hyper-riches aux îles Caïmans, pour 100 millions de pauvres, ça va exploser."

Cependant, ce petit-fils de communiste ne croit plus aux utopies politiques : "Aujourd'hui, je crois à la France des solutions. Arrêtons de chercher des coupables, allons à l'essentiel, faisons des propositions. Marx ­ l'autre ­ l'a dit : le capitalisme est efficace mais il est injuste. Eh bien, rendons-le plus juste. Sinon on va s'entre-tuer."

 

Louis de Funès, héro anti-bobo de Valeurs actuelles

 

Valeurs actuelles revient sur ce que l’hebdo considère comme un retour en grâce de Louis de Funès, à l’occasion de l’ouverture du musée éponyme à Saint-Raphaël le 31 juillet. "C’est un signe des temps : la 47e édition du très cinéphilique Festival La Rochelle Cinéma s’est achevée le 7 juillet dernier par la programmation de… Rabbi Jacob ! [...] Tandis que le musée Louis-de-Funès rouvre ses portes [...], la Cinémathèque française se lance de son côté dans une exposition Louis de Funès qui se tiendra du 1er avril au 31 juillet 2020."

 

Le magazine y voit le signe d’un changement des mentalités, et d’un retour de l’humour populaire à la française autrefois boudé par les bobos : "Louis de Funès à la Cinémathèque ! Bien malin celui qui aurait pu imaginer cela il y a trente ans. On est loin du 'gendarme au service du capital' et du 'sous-Jerry Lewis franchouillard' qui sont la manière la plus aimable dont la critique de gauche qualifiait le comédien de son vivant. En somme, et c’est une bonne nouvelle, la tête pensante du cinéma vient de découvrir ce que le populo sait d’instinct au moins depuis le Corniaud (1965) : Louis de Funès est le grand génie comique français du XXe siècle."

 

Valeurs actuelles revient sur le rôle social et historique de la figure de Louis de Funès, qui a offert un "baroud d’honneur" à l’ancienne France : "Ce n’est pas un hasard si cet homme de droite décomplexé, monarchiste avoué, catholique traditionnel choqué par la réforme liturgique et l’abandon du latin, si droit qu’il refusa avec indignation un scénario où on voulait lui faire camper un mari adultère, austère qui préférait les roses de son château aux épines des mondanités frelatées du show-biz, trouva à ce moment précis son emploi dans cette caricature d’homme d’ordre turbulé par les circonstances et par son entourage : en ces Trente Glorieuses où la France change à la vitesse supersonique du Concorde, avant que les mutins de Panurge de Mai 68 ne fassent de la rébellion le nouveau conformisme, l’acteur incarne jusqu’au délire névrotique une société hiérarchisée secouée par l’émergence de l’individualisme, la rigueur morale d’antan balayée par la prise de pouvoir du pluripotent principe de plaisir, la frugalité et le bon ton bourgeois mis à bas par l’avènement de la société de consommation."

 

Cédric Villani ne lâche rien 

 

L’Obs nous raconte que "Cédric Villani et Benjamin Griveaux se sont rencontrés en toute discrétion dans la soirée du 22 juillet, à Paris, pour chercher un accord dans le conflit qui les oppose" au sujet de la mairie de Paris. L'entourage de l'ancien porte-parole d'Emmanuel Macron serait en effet "très inquiet". 

 

Selon un sondage Ifop, Cédric Villani, qui n'a pas abandonné l'ambition d'être candidat malgré le choix de la direction de LREM en faveur de Benjamin Griveaux, pourrait faire beaucoup d’ombre à son rival. Avec 51% d'avis favorables, le député de l'Essonne devance à la fois Anne Hidalgo (41%) et Benjamin Griveaux (38%) en termes de popularité.

 

Mais Cédric Villani, qui n’a pas décidé de se retirer immédiatement, semble vouloir faire durer le supplice.

 

Selon l’Obs, "ses proches le poussent à ne rien lâcher. Ils sentent un 'effet Villani' dans la capitale, répétant que 'les Parisiens ont l'esprit frondeur et n'aiment pas les hommes d'appareil'"

 

Il devrait se décider à la rentrée. Suspense…

 

Christian Jacob dément distribuer des postes pour s’assurer la victoire

 

Soupçonné d’avoir négocié "en coulisses des postes au sein de la future direction de LR pour éviter des candidatures rivales, comme celle du député Guillaume Peltier", le patron des députés LR nie en bloc.

Mais L’Obs nous rappelle que "Laurent Wauquiez, lui, n'avait pas hésité à propulser la juppéiste Virginie Calmels numéro 2 du parti avant même son élection. Mais sans grand succès : celle-ci avait été remerciée quelques mois après…"

 

Oligarchie algérienne sur Seine

 

L’Obs a également enquêté sur les hauts fonctionnaires et grands patrons algériens investissent dans les plus beaux quartiers de la capitale : "A Paris, au coeur du quartier historique, l'ancien ministre de l'Industrie Abdeslam Bouchouareb a acquis un pied-à-terre de 156 mètres carrés. C'est l'un des quartiers les plus huppés de Neuilly, face au bois de Boulogne et à deux pas de la Fondation Louis Vuitton. L'un de ces ghettos chics au voisinage trié sur le volet par un prix au mètre carré avoisinant les 15000 euros". 

 

"Apparatchiks, politiciens, patrons... un grand nombre d'officiels algériens actuels ou passés et d'hommes d'affaires investissent dans la pierre, [...] dans les quartiers les plus élégants d'Ile-de-France. Combien de ces luxueux appartements sont des « biens mal acquis », achetés avec de l'argent sale, issu de la corruption en particulier? Combien, au contraire, sont simplement le fruit de nombreuses années de travail?" 

 

L’hebdo rappelle que l'Algérie est considérée comme "le pays du bakchich", à la 105e place du classement de la perception de la corruption de Transparency International. Un problème pour l’Algérie d’avantage que pour la France : là-bas, "les marchés publics ne font plus l'objet d'appels d'offres mais sont attribués de gré à gré en conseil des ministres". "C'est l'argent de ces commandes publiques surfacturées et celui des rétrocommissions reversées aux politiques qui ont été investis à l'étranger", explique le président de l'Association algérienne de Lutte contre la Corruption.

 

L’argent de ces "commissions en centaines de milliers d'euros ou même en millions", sorti illégalement, n'est pas nécessairement sale : "Il est parfois seulement non déclaré aux autorités algériennes". Car la loi interdit "la constitution d'avoirs monétaires, financiers et immobiliers à l'étranger par les résidents à partir de leurs activités en Algérie". 

 

Dans la ligne de mire de L’Obs, on trouve entre autres "le pied-à-terre parisien de l'ancien ministre algérien de l'Industrie Abdeslam Bouchouareb, qui fut directeur de la campagne présidentielle d'Abdelaziz Bouteflika en 2014". "C'est là [...] que l'ex-ministre se serait réfugié il y a quelques semaines, refusant de répondre aux convocations répétées de la justice de son pays. Nommé plusieurs fois au gouvernement depuis le milieu des années 1990 et élu député à deux reprises, Abdeslam Bouchouareb [...] est soupçonné par la justice de son pays d'avoir attribué contre pots-de-vin des marchés publics [...]. Un mandat d'arrêt international a été émis à son encontre."

 

Les "Panama Papers" ont révélé qu'il était également propriétaire d'une société offshore basée au Panama." L’Obs soupçonne un possible "lien entre l'appartement parisien et cette société".

 

Franz-Olivier Giesbert vent debout contre Mediapart

 

Dans les colonnes du Point, Franz-Olivier Giesbert ne cache pas son soutien à François de Rugy… pas plus que sa rancoeur à l’égard de Mediapart, à l’origine de "la grotesque vraie-fausse affaire de Rugy".

 

"Quand la machine à détruire est lancée, rien ne l’arrête. On appelle ça de l’'investigation'. Elle a écrabouillé sans pitié M. de Rugy alors que, selon les rapports effectués sur ces présumées exactions, il est [...] innocent. [...] RAS. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, il a pourtant été éliminé du paysage. Tels sont les effets de la 'justice' à la Mediapart, héritière de celle des Robespierre et Fouquier-Tinville : le prévenu n’a pas le droit de se défendre, il est emmené sur-le-champ à l’échafaud."

 

Et de dresser un parallèle avec la proposition de loi contre la cyberhaine de la députée macroniste Laetitia Avia, interdisant le blasphème "à l’encontre de l’islam exclusivement [...], une revendication traditionnelle des Frères musulmans."

 

"A l’heure où les 'rires' affreux des hyènes couvrent de plus en plus souvent les appels à la raison, que sommes-nous en train de faire de notre démocratie ?", s’inquiète l’éditorialiste. Rien que ça.

 

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