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L'acidification des océans, grave menace sur les écosystèmes marins
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L'acidification des océans, grave menace sur les écosystèmes marins

Due notamment au réchauffement climatique, l'acidification des océans va-t-elle bouleverser l'équilibre des écosystèmes marins ?

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Conséquence directe de la hausse du thermomètre mondial et de l'augmentation des gaz à effet de serre (GES), l'acidification des océans perturbe déjà l'équilibre de la biodiversité marine.

Inquiétudes sur les huîtres

Régulièrement confrontés à des toxines qui rendent les huîtres impropres à la consommation, les ostréiculteurs français pourraient aussi avoir bientôt maille à partir avec l'acidification des océans, aussi méconnue du grand public et délaissée par l'IFREMER (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer) soit-elle. Des chercheurs américains ont en effet attribué à ce phénomène extrêmement préoccupant une hécatombe de naissains qui avait été observée en 2007 sur la côte Pacifique des États-Unis. Déjà dévastateur pour de nombreuses espèces, il se traduit en ce qui concerne les huîtres par une croissance ralentie et par une coquille plus fragile, suivant ce qui avait déjà été constaté à la suite d'expérimentations en laboratoire menées il y a quelques années sur des moules adultes.

Le pH des océans pourrait baisser de 0,4 % à l'horizon 2100, ce qui aux dires de Jean-Pierre Gattuso, directeur de recherche au Laboratoire d'océanographie de Villefranche-sur-Mer (Alpes-Maritimes), « correspondrait à une augmentation de l'acidité de 150 % »... Chercheur à l'Université de l'Oregon (États-Unis), Burke Hales souligne quant à lui que « la hausse projetée du CO2 dans les vingt ou trente années à venir peut faire qu'il ne soit plus rentable (d'en produire sur la côte Pacifique) ». La côte Atlantique risque malheureusement de ne pas être en reste...

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Les planctons absorbent trop de CO2

Ce constat lui aussi peu réjouissant émane de l'équipe de recherche de l'expédition Tara Océan, entamée en 2009 et qui a pris fin le mois dernier. Destiné à étudier le réchauffement climatique et plus particulièrement le piégeage des molécules de gaz carbonique (CO2) par les micro-organismes marins, cette épopée à travers les océans du globe a notamment permis de constater que lesdits micro-organismes, maillons essentiels de la chaîne alimentaire, absorbent une grande quantité du dioxyde de carbone généré à l'échelle mondiale, d'où un grave danger pour les écosystèmes concernés dans leur ensemble.

La goélette Tara doit reprendre du service l'an prochain et naviguer dans la zone arctique. Une autre expédition, vers les récifs coralliens du Pacifique celle-ci, est prévue pour 2014. Plusieurs programmes scientifiques seront lancés d'ici là afin d'en savoir davantage quant à l'impact des polluants et des déchets plastiques sur le milieu marin. Il n'est pas exclu qu'il ait été grandement sous-estimé jusqu'ici.

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Des pertes économiques colossales

D'après une expertise du Stockholm Environment Institute (SEI) dont les résultats ont été publiés le mois dernier, les pertes financières dues à la pollution des océans pourraient atteindre... 330 milliards d'euros par an d'ici 2050 et 1 500 milliards à l'horizon 2 100 ! Une estimation ahurissante réalisée à partir d'un scénario de hautes émissions de gaz à effet de serre (GES), sachant que dans le cas d'un scénario de rejets inférieurs, la facture serait tout de même de 80 milliards d'euros par an à compter du milieu du siècle et de 450 milliards d'ici 2 100.

Ces chiffres vertigineux englobent à la fois l'acidification des océans, leur réchauffement et l'élévation de leurs niveaux, la diminution de la concentration d'oxygène, les pertes de revenus dans les secteurs du tourisme et de la pêche (lequel continue de surexploiter de nombreuses espèces et n'a ce faisant pas son pareil pour se tirer une balle dans le pied), les émissions de dioxyde de carbone dans les océans, mais aussi l'intensification des phénomènes climatiques et météorologiques extrêmes. Ils justifient pleinement le développement de la recherche (en particulier en direction des facteurs de la dégradation de la conjoncture océanique) et le renforcement de la gouvernance des océans préconisés par le SEI, dont il serait dommageable pour tout le monde qu'il ne soit pas entendu en haut lieu.

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