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L'agence de presse RIA Novosti a publié une tribune de Timofeï Sergueïtsev sur la guerre en Ukraine et les objectifs de l'opération spéciale.
L'agence de presse RIA Novosti a publié une tribune de Timofeï Sergueïtsev sur la guerre en Ukraine et les objectifs de l'opération spéciale.
©Alexei DRUZHININ / SPUTNIK / AFP

Guerre de l'information, propagande et idéologie

Un récent article de l'agence de presse russe RIA Novosti dévoile la stratégie de la Russie pour "dénazifier" l'Ukraine

Alors que la guerre de l'information se poursuit sur la situation en Ukraine, une publication de l'agence de presse RIA Novosti ("Que faut-il faire de l’Ukraine ?") évoque la stratégie russe dans le conflit et révèle l'idéologie et la propagande au coeur du pouvoir russe.

L'agence de presse RIA Novosti a publié une tribune de Timofeï Sergueïtsev. Ce texte intitulé "Que faut-il faire de l’Ukraine ?" est un appel à l’éradication de ceux qui, en Ukraine, ont porté les armes, des "nazis passifs" qui les ont soutenus, de "l’élite bandériste" (nationaliste), "impossible à rééduquer",  et considère que l’identité ukrainienne est "artificielle".

Selon cette publication, "la dénazification implique inévitablement une déukrainisation". 

Ce texte évoque donc la stratégie et les dérives extrêmes de la propagande en Russie vis-à-vis de l'Ukraine.

Certains pans de la société russe voient dans l’"opération spéciale" en Ukraine un événement positif ou une opportunité de renaissance nationale.

Ce texte extrémiste dit beaucoup de l’air du temps en Russie et du contexte lié à la propagande et à l'idéologie. 

Cet article de propagande affirme que l'armée ukrainienne aurait commis les crimes de guerre attribués aux Russes par l'Ukraine et revient sur les enjeux liés à la "dénazification" de l'Ukraine :

"Le fait que l'électeur ukrainien ait choisi entre la "paix de Porochenko" et la "paix de Zelensky" ne doit pas vous tromper : les Ukrainiens étaient plutôt satisfaits du chemin le plus court vers la paix via une guerre éclair, qui a été fortement évoquée par les deux derniers présidents ukrainiens lorsqu'ils ont été élus. C'était la méthode utilisée pour "pacifier" les antifascistes locaux à Odessa, Kharkiv, Dnipro [l'original RU utilise l'ancien nom de la ville "Dnipropetrovsk"] , Marioupol et d'autres villes russes - la méthode de la terreur totale. Et les Ukrainiens ordinaires étaient d'accord. La dénazification est un ensemble d'actions visant la masse nazifiée de la population, qui techniquement ne peut pas être directement punie en tant que criminel de guerre. Ces nazis qui ont pris les armes doivent être détruits sur le champ de bataille, autant d'entre eux que possible. Aucune distinction significative ne doit être faite entre les Forces armées ukrainiennes et les soi-disant "bataillons nationalistes", ainsi que la Défense territoriale, qui ont rejoint les deux autres types d'unités militaires. Ils sont tous également complices de l'horrible violence contre les civils, également complices du génocide du peuple russe, et ils ne respectent pas les lois et coutumes de la guerre. Les criminels de guerre et les nazis actifs doivent être punis de manière à fournir un exemple et une démonstration".

S’agissant de la conduite des opérations militaires, la radicalisation de l’espace public en Russie s’accompagne donc d’un discours jusqu’au-boutiste devenu consensuel, selon des informations du Monde.

La conduite de cette "opération militaire spéciale" porte les germes d’une "menace existentielle" pour la Russie. Le chef des négociateurs russes, Vladimir Medinski, a notamment fait sienne l’expression.

Sur les plateaux de télévision, les commentateurs en Russie évoquent que tout compromis avec l’Ukraine serait une défaite qui pourrait être exploitable par l’Occident pour aboutir à la destruction de la Russie. 

La communication de l’Etat russe a réussi à ancrer dans une large partie de l’opinion la réalité des atrocités que commettraient les "nazis" ukrainiens et la violence de l’attaque subie par la Russie de la part de l’Occident. 

"Il devient clair que nous aurons à rester en Ukraine trente ou quarante ans", avait indiqué, fin mars, à la télévision, le député et ancien général Vladimir Chamanov, sans soulever d’émotion particulière.

Certains pans de la société russe voient dans le conflit un événement positif et une opportunité de renaissance nationale.

De nombreux textes comme l'article de l'agence de presse RIA Novosti circulent sur les réseaux sociaux et attirent une forte audience.

Ces éléments font écho au discours de Vladimir Poutine du 16 mars, sur une "autopurification" de la société russe.

Cet article tente de fournir un soutien médiatique à un programme à grande échelle de destruction de l'Ukraine indépendante.

Pour retrouver l'article de l'agence de presse RIA Novosen permettant de décoder l'idéologie et la propagande russe : cliquez ICI

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