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Le président français Emmanuel Macron et le président rwandais Paul Kagame dans le parc du palais présidentiel à Kigali le 27 mai 2021, après leur conférence de presse.
Le président français Emmanuel Macron et le président rwandais Paul Kagame dans le parc du palais présidentiel à Kigali le 27 mai 2021, après leur conférence de presse.
©Ludovic MARIN / AFP

Processus de réconciliation

Génocide : Emmanuel Macron reconnaît la « responsabilité politique » de la France au Rwanda

La visite d’Emmanuel Macron au Rwanda ce jeudi 27 mai permet de finaliser le processus de réconciliation après plus de 25 ans de tensions diplomatiques liées au rôle joué par la France dans le génocide des Tutsis de 1994. Emmanuel Macron a notamment annoncé le retour prochainement d'un ambassadeur français au Rwanda.

Le chef de l'Etat a réfuté la complicité de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda, mais a reconnu une « responsabilité », lors d'un discours hautement symbolique tenu jeudi au mémorial du génocide, à Kigali.

Lors de sa visite, ce jeudi 27 mai, le  président Emmanuel Macron a annoncé la nomination prochaine d'un ambassadeur français au Rwanda, où le poste est vacant depuis 2015 en raison des tensions entre les deux pays sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi.

Vingt-sept ans après les faits, le président français a tenu un discours symbolique et présenté des mesures pour assurer une réconciliation.

Le président français Emmanuel Macron est donc venu « reconnaître (les) responsabilités » de la France dans le génocide de 1994 au Rwanda, dans un discours prononcé jeudi au mémorial du génocide à Kigali, dédié aux 250.000 victimes.

La France « n’a pas été complice » mais elle a fait « trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité », selon Emmanuel Macron, qui a ajouté que « seuls ceux qui ont traversé la nuit peuvent peut-être pardonner, nous faire le don de nous pardonner ».

Ce discours très attendu a été tenu à l’occasion d’une visite officielle au Rwanda présentée comme l’« étape finale de normalisation des relations » entre les deux pays après plus de 25 ans de tensions, suite au conflit qui a fait au moins 800 000 morts, essentiellement Tutsi.

« En me tenant, avec humilité et respect, à vos côtés, ce jour, je viens reconnaître nos responsabilités », a déclaré Emmanuel Macron après une visite du musée du mémorial.

« Reconnaître ce passé, c’est aussi et surtout poursuivre l’œuvre de justice. En nous engageant à ce qu’aucune personne soupçonnée de crimes de génocide ne puisse échapper au travail des juges (…) Les tueurs qui hantaient les marais, les collines, les églises n’avaient pas le visage de la France. Le sang qui a coulé n’a pas déshonoré ses armes ni les mains de ses soldats qui ont eux aussi vu de leurs yeux l’innommable, pansé des blessures, et étouffé leurs larmes (…) au lendemain, alors que des responsables français avaient eu la lucidité et le courage de le qualifier de génocide, la France n’a pas su en tirer les conséquences appropriées », selon les déclarations du chef de l’Etat.

D’après Emmanuel Macron, la France « a un devoir : celui de regarder l’histoire en face et de reconnaître la part de souffrance qu’elle a infligée au peuple rwandais en faisant trop longtemps prévaloir le silence sur l’examen de la vérité. En voulant faire obstacle à un conflit régional ou une guerre civile, elle restait de fait aux côtés d’un régime génocidaire. En ignorant les alertes des plus lucides observateurs, la France endossait une responsabilité accablante dans un engrenage qui a abouti au pire, alors même qu’elle cherchait précisément à l’éviter ».

Le discours du président français a été salué par son homologue Paul Kagame : « Ses paroles avaient plus de valeur que des excuses. Elles étaient la vérité ».

Paul Kagame a évoqué le « courage immense » de son « ami » Emmanuel Macron.

La question du rôle de la France avant, pendant et après le génocide des Tutsis du Rwanda a été un sujet extrêmement sensible pendant des années. Une rupture des relations diplomatiques entre Paris et Kigali avait même été actée entre 2006 et 2009.

France Info

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