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Les victoires du RN ont été obtenues à 60% dans des duels qui les opposaient à des candidats d’Ensemble.
Les victoires du RN ont été obtenues à 60% dans des duels qui les opposaient à des candidats d’Ensemble.
©Nicolas TUCAT / AFP

Enseignements du vote

Elections législatives : la mort du front républicain à gauche a contribué à la percée historique du Rassemblement National

Les victoires du RN ont été obtenues à 60% dans des duels qui les opposaient à des candidats d’Ensemble. Le front républicain n’a pas opéré dans le cadre des législatives 2022.

Le Rassemblement National a obtenu dimanche 89 députés, un record pour le parti de Marine Le Pen. Ces résultats ont notamment été obtenus avec la fin du front républicain, que ce soit chez les électeurs de gauche ou de droite. Le parti de Marine Le Pen obtient un nombre record de parlementaires à l’Assemblée nationale. Le mode de scrutin des législatives ne favorisait pas le RN pourtant.

Marine Le Pen, elle-même réélue dans le Pas-de-Calais, a promis d'incarner une « opposition ferme » mais « responsable, c'est-à-dire respectueuse des institutions ». Ses nouveaux députés, a-t-elle promis à ses électeurs, défendront « (vos) idées sur l'immigration, la sécurité, le chômage, la justice fiscale et sociale, les territoires oubliés, les citoyens maltraités ou la démocratie bafouée ».

Signe de son implantation durable, le Rassemblement National a remporté de nombreuses victoires dans ses fiefs du Nord et du Sud, avec notamment quatre députés sur quatre dans les Pyrénées-Orientales, trois députés sur trois dans l’Aude ou encore sept députés sur huit dans le Var.

Le Rassemblement National s’installe dans un arc qui va de l’ancienne Picardie jusqu’à l’Aube, en remportant notamment trois circonscriptions dans l’Oise, deux en Haute-Marne ou trois en Moselle. Le parti aura aussi des élus à l’Assemblée nationale en provenance de Gironde, du Lot-et-Garonne ou du Tarn-et-Garonne.

Une telle progression a été rendue possible par la fin du front républicain. L'appel à faire barrage à l'extrême droite a donné lieu à des messages contradictoires, notamment au sein de la majorité.

Sur les 108 duels qui opposaient la coalition présidentielle Ensemble ! au Rassemblement National, le parti de Marine Le Pen en gagne 62. Une large majorité des candidats Nupes éliminés avaient pourtant appelé à voter soit pour Ensemble ! (14) soit contre le RN (72), selon un décompte du Monde, mais les électeurs en ont décidé autrement.

« Hier, le front républicain est mort au niveau local : la dilution de l’enjeu (1 député à élire sur 577) a conduit les électeurs de gauche comme d’extrême droite à ne plus se faire barrage les uns aux autres au second tour tant leur détestation du macronisme est forte », selon l’analyse de Mathieu Gallard, directeur d’études chez Ipsos.

Selon des informations du Monde, 60% des succès du RN ont été acquis dans des duels qui les opposaient à des candidats d’Ensemble !.

D’après les estimations et les calculs d’Ipsos, lorsque les électeurs de la Nupes devaient choisir entre Ensemble ! et le RN, ils ont voté à 37 % pour les candidats de la coalition présidentielle et à 18 % pour la formation politique de Marine Le Pen.

L’IFOP a établi que, dans les duels de second tour entre Ensemble ! et le RN, les candidats de la coalition présidentielle n’ont pu compter sur les votes que de 31 % des électeurs de la Nupes. Si l’institut évalue à 11 % seulement ceux qui auraient voté pour le RN, 58 % se seraient abstenus ou auraient voté blanc ou nul. « 58 %, c’est énorme », selon Jérôme Fourquet, dans les colonnes du Monde du 22 juin. Il précise que, d’après l’enquête similaire menée lors de la présidentielle, 45 % de l’électorat de Jean-Luc Mélenchon s’était reporté sur Emmanuel Macron.

Selon Jérôme Fourquet, ce glissement reflète, « chez ces électeurs, un sentiment anti-Macron très virulent ».

L’électorat de droite, il se serait reporté à 41 % sur les candidats d’Ensemble ! au second tour et à 26 % sur ceux du RN.

La rédaction du Monde a étudié les résultats sur les 109 circonscriptions qui mettaient face-à-face des candidats macronistes (Ensemble) et du RN. Sur ces 109 circonscriptions, Ensemble ! l’a emporté dans 56 d’entre elles et l’extrême droite dans 53, donc près de la moitié.

En 2017, dans les 102 duels qui avaient opposé le RN à La République en marche (LRM) ou au MoDem, soit un nombre quasiment équivalent, le parti de Marine Le Pen n’en avait remporté que sept.

La friabilité du « front républicain » s’illustre dans les 50 circonscriptions où les représentants du RN étaient arrivés en tête au premier tour et ont conservé leur avance au second. Le fait que les candidats d’extrême droite soient clairement en position de gagner n’a pas suscité de « réflexe » massif pour les en empêcher. Au contraire, dans un quart de ces circonscriptions, le gain de voix entre les deux tours a même été plus important pour le RN que pour la coalition présidentielle, selon la rédaction du Monde.

Le Monde

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