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Administration Trump : "combat au couteau" dans la course aux postes
©SPENCER PLATT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

#MAGA

Administration Trump : "combat au couteau" dans la course aux postes

Alors que plane l'incertitude autour des nominations aux postes clés, une source décrit un "combat au couteau" entre les différents clans autour du président-élu.

Les différents clans du Parti républicain se disputent les postes qui doivent encore être attribués avant l'inauguration du président Donald Trump le 20 janvier 2017. Une source de CNN parle d'un "combat au couteau". 

La période entre l'élection du président, en novembre, et son inauguration, en janvier, est la période de transition où la nouvelle administration place ses hommes aux postes-clés du pays. A cet effet, la loi prévoit la création et le financement d'une équipe de transition, dès l'été précédant l'élection, avec une augmentation de budget et l'attribution de locaux officiels après l'élection pour la campagne qui l'a remporté. Plus de 1000 postes à pourvoir--ministres et secrétaires d'État, ambassadeurs, généraux, directeurs d'agences et d'administrations...--sont sujets au processus compliqué de confirmation par le Sénat. Pendant la transition Obama, les candidats potentiels à un poste ministériel devaient remplir un formulaire avec 63 requêtes d'informations. Le "Plum Book", annuaire officiel des postes soumis à remplacement lors d'une transition, comprend plus de 8000 entrées. 

L'équipe de transition Trump est en retard. Depuis l'été, l'équipe de transition était dirigée par Chris Christie, gouverneur du New Jersey, que Donald Trump a remplacé par Mike Pence, son colistier, au lendemain de l'élection. Les équipes de Mike Pence ont décidé de "passer un bulldozer" sur le travail de l'équipe Christie, rapporte le site spécialisé Politico. Pour l'instant, l'incertitude plane encore sur les noms même des nominés aux principaux postes comme le Département d'État (affaires étrangères), Trésor (économie) et Défense. 

Jusqu'à présent, les présidents-élus disposaient avant leur entrée en fonction de réseaux d'influence bien rôdés qui leur permettaient d'identifier rapidement les personnalités. A contrario, Donald Trump est un outsider complet au système politique américain, qui préfère se fier à un cercle très proche de conseillers qui ont acquis sa confiance. L'absence de ligne politique claire du candidat, dont les propos pendant la campagne suggéraient une ligne populiste, mais dont le programme officiel se rapproche beaucoup plus d'un programme républicain traditionnel, ne facilite pas la tâche, et rend d'autant plus important le processus de nomination, qui risque d'en dire beaucoup sur la politique qui sera effectivement menée par l'Administration Trump. 

Pour l'instant, plusieurs camps se dégagent : 

  • Les fidèles. Rassemblés autour de Stephen Bannon, sulfureux patron du site très droitier Breitbart et aujourd'hui haut conseiller du président, et de Jeff Sessions, sénateur de l'Alabama, connu pour son opposition forte à l'immigration et au libre-échange, et qui serait aujourd'hui en lice pour la Défense ou la Justice, ils sont ceux qui ont "cru" à la candidature Trump, qui croient en la ligne populiste que sa candidature a incarnée, et qui veulent maintenant exercer le pouvoir après avoir été relégués aux marges du Parti républicain.  
  • Les républicains traditionnels. Rassemblés autour de Mike Pence, caution de l'Establishment républicain auprès de Trump, de Reince Priebus, ancien patron du Parti républicain nommé directeur de cabinet, et peut-être de Paul Ryan, président de la Chambre des représentants, ils sont ceux qui veulent imposer une ligne plus traditionnelle : baisses d'impôts, baisses des dépenses, réformes de l'État-providence, libre-échange. 
  • La Heritage Foundation. Ce think tank très conservateur et très influent au sein de la droite américaine s'est démarqué de ses confrères en apportant son aide à la campagne Trump dès la nomination de ce dernier. Stephen Moore, économiste de la Heritage Foundation et partisan de la relance par l'offre, est ainsi un proche conseiller économique de Donald Trump, et les réseaux de la Heritage Foundation seraient très sollicités pour des nominations. 
  • Les lobbyistes. Dans son équipe de transition, Donald Trump a nommé de nombreux lobbyistes affiliés à certains secteurs de l'économie qui soutiennent traditionnellement le Parti républicain : énergies fossiles, chimie, pharmaceutique, tabac. Ce sont en effet eux qui possèdent les carnets d'adresses et l'expertise du monde de Washington qui manque au camp Trump, même si cette présence forte de lobbyiste contraste avec la rhétorique anti-élites et anti-establishment du candidat Trump. Politico signale que, contrairement aux administrations précédentes, l'équipe de transition Trump n'a pas publié de code d'éthique pour empêcher les conflits d'intérêts parmi les personnalités qui seront nommées. 

Parmi les autres nominés dont les noms circulent le plus, on peut également noter : le général Michael Flynn, conseiller aux affaires de sécurité nationale pendant la primaire, qui pourrait être conseiller à la sécurité nationale à la Maison blanche, ou encore Rudy Giuliani, maire de New York, ou John Bolton, ancien ambassadeur aux Nations-Unies, comme chef de la diplomatie.

Eliot A Cohen, universitaire et ancien conseiller aux affaires étrangères de l'administration Bush, qui avait appelé les experts en relations internationales à travailler avec Trump malgré leurs désaccords pour assurer la continuité de l'État, a ensuite vite changé d'avis : "Après un échange avec l'équipe de transition Trump, je change de recommandation : éloignez-vous. Ils sont en colère, arrogants, ils crient "vous avez perdu !" Ca va être laid.", a-t-il déclaré sur Twitter. 

 

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