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Zlatan Ibrahimovic au PSG :
malgré son salaire mirobolant,
la star suédoise peut-elle être rentable pour le PSG ?
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Foot business

Zlatan Ibrahimovic au PSG : malgré son salaire mirobolant, la star suédoise peut-elle être rentable pour le PSG ?

Le transfert de l'attaquant Zlatan Ibrahimovic au Paris Saint-Germain est officiel selon le parisien... L'attaquant suédois va toucher un salaire annuel de 14 millions avec les primes. Malgré son indemnité de transfert et son âge avancé la star du foot suédois pourrait-elle être un atout pour le club parisien ?

Bastien Drut

Bastien Drut

Bastien Drut est docteur en économie et travaille au sein de l'équipe « Stratégie » d'une grande société de gestion.

Il est l'auteur de Economie du football professionnel (Editions La Découverte) et traducteur de Les attaquants les plus chers ne sont pas ceux qui marquent le plus (De Boeck, 2012).

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Lire aussi : "Faut-il être mégalo comme Ibrahimovic pour être un grand joueur de football ?"

Atlantico : Selon toute vraisemblance, le joueur de foot suédois Zlatan Ibrahimovic devrait être transféré au Paris-Saint-Germain pour la somme de 20 millions d'euros et un salaire annuel entre 12 et 15 millions d'euros. Malgré ses 31 ans et son salaire, "Ibra" peut-il être rentable pour le PSG ?

Bastien Drut : En recrutant Ibrahimovic à 31 ans, le PSG pourrait difficilement espérer le revendre d'ici un an ou deux ans en faisant une "plus-value" sur l'indemnité de transfert. En revanche, après le raté du transfert de Beckham l'an passé, le PSG aurait enfin trouvé la superstar emblématique qui pourrait lui faire changer de dimension, Ibrahimovic étant l'un des tout meilleurs joueurs mondiaux. Le PSG construit ainsi sa marque tout autant que son équipe, et pourra se servir de la notoriété d’Ibrahimovic pour conclure des contrats de sponsoring bien plus importants que par le passé.

Malgré un salaire annuel de 13 millions d'euros, Cristiano Ronaldo a été le joueur de foot le plus rentable de l'année 2011-2012. Il a généré jusqu'à 80 millions d'euros de recettes publicitaires. Combien peut générer de recettes un joueur comme Zlatan Ibrahimovic ? Peut-il être à Paris ce que Cristiano Ronaldo est à Madrid ?

Il est très difficile de répondre à cette question. Ibrahimovic est une star mondiale : il fait partie, selon plusieurs études, des 10 footballeurs les plus médiatiques du monde et ses maillots devraient bien se vendre. Cela dit, la France est un pays beaucoup moins « fan de football » que l’Espagne, et où les supporters achètent moins de maillots. Il me paraît donc assez peu probable qu’Ibrahimovic devienne à Paris ce que Cristiano Ronaldo est à Madrid.

La ligue 1 et la taxation à 75 % peuvent-elles être un frein pour la rentabilité du joueur et du PSG ?

La création d’une tranche à 75 % pour les revenus supérieurs à un million d’euros toucherait de plein fouet les nouveaux joueurs du PSG (de l’ordre de plusieurs millions d’euros par an dans le cas d’Ibrahimovic) mais il ne faut pas perdre de vue d’autres éléments, à commencer par la « prime d’impatriation ». Le régime des « impatriés » donne aux salariés non domiciliés en France lors des 5 dernières années, recrutés à l’étranger par une entreprise française, un certain nombre d’avantages fiscaux : entres autres, une exonération d’impôt sur le revenu pour 30 % de la rémunération nette. Sans tranche à 75%, avec un taux marginal d’imposition à 41%, le taux d’imposition moyen d’Ibrahimovic tournerait autour de 28%. Toutefois, il y a fort à parier que les joueurs, anticipant les réformes fiscales, aient négocié des clauses d’augmentation de salaire en cas de création de la taxe à 75%.

D'une certaine manière, le PSG n'est-il pas en train de préparer le "Fair Play financier" adopté par l'UEFA en 2009 ?

L’esprit du fair-play financier de l’UEFA est de faire en sorte que les dépenses des clubs ne dépassent pas leurs recettes pour les clubs participant aux compétitions européennes. Il sera en compte pour la première fois lors de la saison 2013-2014 et se basera sur les comptes financiers des saisons 2011-2012 et 2012-2013. L’excès de dépenses par rapport aux recettes ne pourra être que de 45 millions au maximum sur ces deux saisons. Le « hic » est que les journaux parlent d’un déficit d’environ 100 millions d’euros rien que pour la saison 2011-2012. Il est donc légitime de se demander quelle sera la stratégie du PSG vis-à-vis du fair-play financier…

Propos recueillis par Romain de Lacoste et Charles Rassaert 

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