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Une image à double sens
Une image à double sens
©DR

Illusion d'optique

Voyez-vous la jeune ou la vieille femme ? Ces images dont le cerveau ne peut plus faire abstraction une fois qu’il les a vues

Les scientifiques sont friands de figures ambivalentes car ces dernières montrent à quel point la frontière est floue entre perception et cognition.

Une image recèle à elle seule d’une multitude de significations. Jetez un œil au le logo de la coupe du monde de cette année.

 

 

L'illustration du trophée aux couleurs du Brésil paraît évidente et pourtant… si l’on y regarde de plus près on peut également apercevoir une personne qui recouvre son visage de ses mains, comme si elle était dépitée. Vous ne voyez toujours pas ? Ouvrez grand vos yeux, la partie jaune représente le bras et la main recouvre un visage vert. Ca y est ? Et bien maintenant que vous l'avez vu, vous ne pourrez plus vous en défaire, comme le dit si bien Holly Brockwell.

 

Ce processus a quelque chose d'assez effrayant, même quand les images sont innocentes, est-t-il écrit sur The Atlantic. C’est comme si un éclair traversait notre esprit pour nous révéler la face cachée d'un monde que l’on croyait pourtant connaître. Et pourtant, l'image n'a pas changé…

Sur l’image ci-dessus, est camouflé un dalmatien. "Il est difficile de discerner le dalmatien au milieu des taches noires et blanches car la partie de l'image qui correspond au chien manque d’un contour qui définiraient sa silhouette. Par ailleurs, la texture en tache du chien semble faire partie du paysage", expliquent Peter Tse et Howard Hughes, deux spécialistes des sciences cognitives à Darmouth. "Beaucoup d'observateurs disent reconnaitre d'abord une partie du chien, disons la tête, qui ensuite leur permet d'apercevoir l'animal dans son intégralité".

Si vous revoyez un jour cette image, vous discernerez immédiatement le dalmatien qui s’y cache. L’image n’a pas changé mais dorénavant votre cerveau sait comment s’organiser pour vous faire voir le dalmatien de façon évidente. "Quand nous revoyons la scène, nos signaux sensoriels identifient à nouveaux les zones d'information et cette fois notre connaissance préalable de l'image nous permet de compléter l'acte de perception. Ainsi, l'interprétation perceptuelle est achevée par ce qui semble être un automatisme inévitable", déclare le psychologue Tom Toppino. "Ce qui signifie que la perception n'est pas le résultat d'un simple processus de signaux sensoriels ". En bref, ce que vous savez influence ce que vous voyez.

Les psychologue et spécialistes du cerveau sont friands de ces figures à doubles sens et s’en servent régulièrement dans leurs dans leurs travaux. Voici une célèbre et effrayante image aux deux interprétations possibles.

 

Certaines personnes voient le canard en premier, d'autre le lapin. C'est notre habilité à prendre du recul qui nous permet de voir la seconde image. Une fois que vous avez trouvé le lapin vous ne pouvez plus l'ignorer, même quand vous essayez de toutes vos forces de vous concentrer sur le canard.

Essayez maintenant cette image, la plus merveilleusement ambivalente de toutes.

Certains y voient une jeune fille, d’autres une vieille femme. Une troisième catégorie de personnes voit les deux en même temps. Ci-dessous, tout le monde arrive à voir un homme dans la première case à gauche et une femme dans la dernière à droite. En revanche, pour les images du milieu, les deux interprétations sont valables.

Mais avant d'aller plus loin dans le mécanisme du processus de la perception reprenons celui de la vision. Nos yeux sont comme des capteurs. La lumière traverse notre cellule rétinienne et transmet l'information à notre cerveau qui nous montre alors en tant réel les images qui nous entourent. Quand les scientifiques analyse le cortex visuel, ils y trouvent des couches distinctes qui fonctionnent hiérarchiquement. Chaque épaisseur a son propre niveau de complexité.

Et quand les neurologues étudient les connexions entre les cellules, ils voient pas les informations passer du niveau le plus élevé du cortex cérébral aux niveaux inférieurs. "Notre cortex change déjà les informations visuelles brutes avant même que les informations arrivent à notre conscience". Ainsi, vous ne voyez pas seulement ce qui se trouve devant vous, mais ce que vous cerveau vous dit qu'il y a. Le cortex envoie une cascade de prédictions sur ce qui devrait être vu à différents niveaux de complexité. Donc ce que nos voyons ne correspond pas à l'image brute de notre environnement mais un monde qui correspond à ce que notre cerveau attend. Cela ne signifie pas que le monde réel n'existe pas mais plus que ce que nous expérimentons est une réalité hybride. La connaissance nourrit la perception et inversement.

Le spécialiste des sciences cognitives Tom Stafford, de l'université de Sheffield adore montrer aux gens ces images à double sens lors de ses conférences. Il "prévient ses auditeurs qu'il va "recâbler" leur cerveau".

 

Puis il leur lance : "c'est une grenouille". A ce moment précis, la grenouille saute aux yeux du public qui la trouve alors facile à voir et à revoir. Quelque part dans votre néocortex, le modèle de prédiction qui sait à quoi ressemble une grenouille influence la cascade d'activité neuronale, transformant les cercles en yeux et l'arc en bouche. Si vous n'arrivez toujours pas à distinguer la grenouille, l'image suivante devrait vous aider.

Dans Hamlet, Shakespeare écrivait " il n'y a de bien et de mal que selon l'opinion qu'on a." Les spécialistes des sciences cognitives ont une manière moins poétique de présenter la chose. " Les signaux neutres sont moins liés à un stimulus en soi qu'à sa convenance avec ses buts internes et ses prédictions, calculées sur les bases de données déjà intégrées dans notre système", déclare Karsten Rauss, de l'Université de Tubingen en Allemagne. Ainsi, notre imagination du monde qui nous entoure et nos expériences sensorielles s'harmonisent, brouillant la limite entre perception et cognition. 

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