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Des personnes patientent pour se faire dépister et vacciner contre la Covid-19 dans la ville de Lyon
Des personnes patientent pour se faire dépister et vacciner contre la Covid-19 dans la ville de Lyon
©JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP

Impact psychologique de la pandémie

Variant Omicron : vers une nouvelle vague… d’incertitude aiguë. Mais comment nos cerveaux y réagissent-ils ?

Vivre dans des contextes très incertains n’est pas seulement inconfortable psychologiquement, c’est aussi un défi pour notre santé physique.

Xavier Briffault

Xavier Briffault

Chargé de recherche au CNRS (INSHSSection 35).
Habilité à diriger des recherches (HDR).

Membre du conseil de laboratoire du CERMES3.
Membre du Haut Conseil de la Santé Publique (HCSP), Commission Spécialisée Prévention, Education et Promotion de la Santé.
Expert auprès de la HAS, de l’Agence de la Biomédecine, de la MILDT, de l’ANR, d’Universcience.

Chargé de cours à l’Université Paris V Paris Descartes, à l’Université Paris VIII Vincennes-Saint Denis. 

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Atlantico : Depuis presque maintenant deux ans, notre vie est perturbée et bouleversée par la pandémie et alors que les vaccins étaient censés nous sortir de lornière, le variant Omicron pointe le bout de son nez. Si ces événements influencent nos capacités cognitives, impactent-ils aussi notre corps ?

Xavier Briffault :  Cette pandémie impacte tout ce qui fait notre vie : le relationnel, l’économie et le physique. Le stress aigu ou chronique, tant que l’on peut y réagir et mettre en place des actions est gérable pour l’humain. Le stress qui met dans l’impuissance n’est pas gérable, c’est dépressiogène, anxiogène et détruit le sommeil. Qui dit perte de sommeil, dit perte d’attention, de performance au travail, d’irritabilité. C’est un cercle vicieux qui est extrêmement préoccupant.

Le système de préparation à l’action est sous le contrôle du système orthosympathique, il va libérer du sucre par le foie et accélérer le rythme cardiaque. C'est lui qui est sollicité en état de stress et dans les états émotionnels. D’un autre côté, le système analogique de restauration, de repos, est sous le contrôle du système parasympathique qui va réduire le système cardiaque, il va favoriser la cicatrisation des tissus, l’assimilation des nutriments. On a très peu de moyens pour l’influencer et en cas de stress il joue le rôle d’inhibiteur.

Somatisons-nous ?

Habituellement lorsque l’on parle de somatisation, on fait référence à un processus de transfert presque direct du psychisme vers le corps. Il s’agirait de stigmates hystériques ou de troubles intestinaux fonctionnels. Ici, c’est plus grave que cela car nous sommes dans une situation de menace et notre attention est focalisée sur cette dernière, ce que l’on appelle un effet tunnel. Notre perception est déprogrammée pour ne détecter que les stimulis dangereux. Cela fait une fermeture extrêmement importante du champ existentiel, on ne voit plus que ce qui est potentiellement dangereux pour nous et non plus ce qui fait l’essentiel de notre vie, ce qui nous fait plaisir, du bien…

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L’impact psychologique du Covid est-il dû aux mesures de restrictions sanitaires ou à la pandémie elle-même ?

Le mécanisme de l’attention par les mécanismes de détection du danger fait cette fermeture. Il y a donc une réduction du champ intentionnel qui fait que tout s’appauvrit et nos activités sont réduites à de l’évitement du danger. Il y a une mobilisation des systèmes, ce que les anglo-saxons appellent les trois F : fight, fly, freeze, soit on se bat, soit on s’enfuit, soit on se tétanise. De nombreux animaux, qui ne sont pas des prédateurs s’enfuient et ils se bloquent dans une position avec le système moteur arrêté dans la perspective de ne pas être vus. Cela existe chez l’humain.

Quand on est face à un danger permanent contre lequel on ne peut rien, la mobilisation des systèmes de combat est inefficient, il y a un système d’inhibition qui se met en place avec l’adrénaline à long terme et cela peut causer des troubles intestinaux, de l’hypertension, des troubles musculo-squelettiques. Les nutriments sont moins bien assimilés et cela peut causer des dommages au corps. On a alors de plus en plus de problèmes métaboliques, d’excès de poids, de troubles cardio-vasculaires.

Comment soulager le stress contenu dans notre corps face à un avenir incertain ?

Il faut agir en amont. Nous sommes en train de sombrer dans quelque chose de dangereux où on conseille aux gens d’aller dehors pour marcher dix minutes ou de respirer doucement comme si cela allait leur leur permettre de gérer la gravité de ce qu’il se passe, mais c’est un leurre. Il faut réduire son anxiété excessive et relativiser sur le taux de létalité de l’épidémie.

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