Vague de froid : savez-vous à quels moments la France a le plus grelotté au cours de son histoire ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Style de vie
Vague de froid : savez-vous à quels moments la France a le plus grelotté au cours de son histoire ?
©Reuters

Grrrrrrrrr

Vague de froid : savez-vous à quels moments la France a le plus grelotté au cours de son histoire ?

Nous avons actuellement l'impression de connaitre un hiver rude, cependant le froid diminue depuis les années 1860. La France a connu de nombreux hivers terribles allant jusqu'à -26° et 700.000 morts.

Emmanuel  Leroy-Ladurie

Emmanuel Leroy-Ladurie

Emmanuel Leroy Ladurie est titulaire de la chaire d'histoire de la civilisation moderne au Collège de France et disciple de Fernand Braudel, il fut l’un des animateurs majeurs de l'école des Annales et devint, dans les années 1970, une figure emblématique de la Nouvelle Histoire.

Voir la bio »

Atlantico : La France connaît actuellement une vague de froid importante, ce n’est pas sans rappeler certaines périodes de notre histoire. Quelles sont les vagues de froid les plus extrêmes que la France a connu ?

Emmanuel Leroy-Ladurie Beaucoup d’hivers ont marqué l’histoire, si nous connaissons actuellement une période de froid, cela n’a rien à voir avec notre passé. Par exemple, l’hiver de 1709  a connu des pointes à -20° et la saison en générale se situait aux alentours de -2°,de nombreuses plantes comme le raisin et les vignes ont gelé, les oliviers ont même été menacé de disparition. La mortalité a augmenté d’environ 700.000 personnes par rapport aux normes de l’époque, pas tellement à cause du froid en tant que tel mais à cause de la famine causée par celui-ci. Les cultures de blé ayant été détruite la population a connu de grandes difficultés pour se nourrir. Par ailleurs, la combinaison du froid et de la faim est un terreau propice à la création d’épidémies mortelles.

L’hiver de 1740 a été particulièrement froid et en plus, toute l’année a été fraîche ce qui a causé la disette.

En 1956  le mois de janvier était doux, le blé avait commencé à germer et le froid extrême du mois de février a fait disparaître les céréales. L’hiver a été important et s’est prolongé pendant plusieurs mois, la température moyenne était de -3° ce qui peut signifier des nuits à -20°. La ville de Nancy a connu des nuits à -26° et Aix-en-Provence des nuits à -20°. Beaucoup de plantations et de récoltes ont donc été détruites.

En 1963 l'Angleterre connaît son hiver le plus rude depuis 1740. L’Europe toute entière ressent des températures particulièrement froide avoisinant les -10°. Les températures que nous avons actuellement ne sont pas comparable avec celles de notre passé.

La température des hivers a évolué avec le réchauffement climatique. Quel est l’impact de ces changements sur le froid que nous rencontrons ?

Le réchauffement climatique actuel concerne toutes les saisons, jusqu’en 1970 il concernait principalement l’hiver. Les étés, automnes et printemps étaient restés assez constants. Le réchauffement du XXème siècle concerne surtout les hivers. Les différentes saisons restent relativement inchangés alors que les hivers se radoucissent.

Les hivers froids sont plus nombreux autour de l’époque que nous avons nommé abusivement le petit âge glaciaire. Cela correspond à tout ce qui s’est produit avant le réchauffement actuel. Nous n’en avons pas toujours l’impression, cependant le changement climatique a débuté bien plus tôt que ce que nous pensons. Le recul des glaces a commencé dès 1860 alors que souvent nous imaginons que le réchauffement climatique date des années 1980. Du XIVème siècle au XIXème siècle le monde connaît des températures bien plus froides qu’aujourd’hui. A partir de 1860-70 nous connaissons un réchauffement très lent qui est plus brutal aujourd’hui. 

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !